L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) veut connaître la provenance des liasses de billets saisies chez les Bolaki à Plaine-Verte dont la majorité est en coupures de Rs 1 000, Rs 500 et Rs 200. La police a noté des bracelets d’une banque commerciale dessus, faisant penser que le pactole provient de cette institution.

Après le comptage de ces billets au quartier général de l’ADSU aux Casernes centrales, les enquêteurs vont noter les numéros de série avant de contacter cette banque pour savoir quand et qui a retiré tout cet argent. Le but est de déterminer si ce sont bien les protagonistes arrêtés dans cette affaire qui ont effectué ces retraits ou d’autres individus suspects pour blanchir de l’argent d’origine douteuse. Après cette saisie de Rs 58 M, il faudra s’attendre à ce que les institutions financières comme la Mauritius Revenue Authority (MRA) passe à l’offensive en épluchant les comptes de cette famille pour déterminer s’il y a eu évasion fiscale. Sur un autre volet, les Casernes centrales comptent solliciter l’aide de la Financial Services Commission (FSC) en apprenant que les Bolaki possèdent une compagnie dans l’offshore. L’équipe de l’ASP Hector Tuyau souhaite déterminer les activités de cette société, ses transactions et ses revenus.

Par ailleurs, le couple Sameer Nobeebaccus et Anisah Bolaki a participé à une première séance d’interrogatoire hier, assistés de leurs avocats, Mes Shakeel Mohamed, Nadeem Hyderkhan et Hicham Oozeer. Les trentenaires ont nié être impliqués dans un quelconque réseau de drogue. « Larzan prop sa. Nou servi sa pourtan transaksion nou bann magazin », a insisté Sameer Nobeebaccus. Il a donné quelques détails aux enquêteurs de l’ADSU, indiquant que sa famille possède sept magasins dans la capitale et que leurs clients, une bonne partie étant des marchands ambulants, s’approvisionnent chez eux. Sameer Nobeebaccus a ajouté que le commerce familial « génère des grosses sommes d’argent mensuellement et au lieu de les placer en banque, ses proches préfèrent les garder chez eux pour les dépenses quotidiennes ».

Les hommes du DCP Choolun Bhojoo et du surintendant Azima lui ont demandé de fournir tous les documents pouvant prouver ses déclarations et lui ont rappelé que toute transaction au-delà de Rs 500 000 constituait un délit. Sameer Nobeebaccus a également fait savoir aux enquêteurs que lui et son épouse se rendaient en Chine pour acheter des marchandises pour leur commerce et des marbres pour leur maison. Dans l’après-midi d’hier, les suspects arrêtés dans cette affaire ont été traduits au tribunal de Port-Louis et une accusation provisoire de blanchiment d’argent a été retenue contre eux. La police a objecté à la remise en liberté de Dilshad Bolaki, 48 ans, et Banu Bolaki, 36 ans, chez qui environ Rs 25 M ont été saisis dans deux coffres-forts au 7e étage de sa maison; alors que Sameer Nobeebaccus et Anisah Bolaki sont, eux, en détention préventive depuis lundi.