Déhanchements énergiques et sensuels, regard pétillant. Quand elle danse, elle vous transporte dans l’univers féerique du Moyen-Orient. Née de parents mauriciens établis en Angleterre, Sandya, 35 ans, a décidé de renouer avec ses racines. Envoûtée par le charme de l’île, cette danseuse de belly dancing a posé ses valises chez nous avec comme objectif de partager sa passion. Elle souhaite mettre de l’avant les mille et une facettes et vertus de cette danse considérée comme la plus ancienne au monde, tout en levant les voiles sur certaines idées reçues.

La belly dancer préfère utiliser son nom de scène en public. Sandya, un nom qui a aussi été témoin de chaque étape de sa carrière et de sa vie : ses succès, ses craintes, ses hésitations, ses hauts et ses bas. “C’est la seule chose qui m’a aidée à traverser les problèmes dans mon existence et à me retrouver avec moi-même, dans ma féminité et ma spiritualité”, confie cette passionnée. Celle qui a été séduite par cette forme de danse depuis l’âge de 15 ans n’imagine pas sa vie sans le belly dancing et est prête à la défendre ardemment.

Bien que les parents respectent le choix de leurs filles, à Maurice, “mes origines bhojpuri ont souvent donné lieu à des clashes culturels. La danse du ventre n’est pas considérée comme un métier très respectable. Les gens ont une idée fausse sur ce qu’elle est réellement, l’associant à une danse sexy exécutée pour séduire les hommes et s’exhiber. En Angleterre, le regard que l’on porte sur elle est très différent”. La danse du ventre prend différentes formes à travers le monde. Dans les années 1920, lorsque l’industrie du film à Hollywood a commencé à produire des longs-métrages exotiques, les réalisateurs ont choisi certains aspects de cet art à mettre en avant, “pas souvent les plus glorieuses”.

Se connecter à soi-même.

Le belly dancing comporte de nombreuses vertus. C’est une danse traditionnelle qui éveille la grâce, l’énergie et la joie de la personne qui la pratique. “Elle consiste à se connecter à soi-même. On danse pour soi, en se connectant à l’énergie d’une audience.” En dansant dans une classe, on est transporté dans un autre univers. “Tu oublies ton patron, ta famille, tes soucis; il ne s’agit que de toi. C’est une danse qui permet d’explorer son moi intérieur, de découvrir sa féminité et de s’ouvrir aux autres, tout en développant des liens solides.”

Quand elle s’exprime sur sa passion, Sandya semble transportée. Elle est séduite par cette danse ancienne alors qu’elle est toujours collégienne. Issue d’une fratrie de six sœurs, Sandya est née et a grandi à Londres. “J’aimais danser et je faisais un peu de théâtre, mais je ne savais pas ce qu’était le belly dancing avant ma rencontre avec une danseuse égyptienne. J’ai été tout de suite sous le charme de ses classes.” Elle fait découvrir ce monde à ses sœurs, qui en sont aussi envoûtées qu’elle.
Plus tard, elle intègre l’université de Kent à Canterbury pour des études en anglais et en sociologie. En vue de l’obtention de son Master, elle s’installe dans la ville de Rugby, où elle doit allier études et travail, ayant été recrutée comme Manager dans une compagnie. “Ce n’était pas évident de soutenir le rythme car il fallait jongler entre ma passion et les études et le travail.”

Une sorte de thérapie.

Au fil des années, à force de pratique et de cours, Sandya devient professionnelle et commence à se produire lors de spectacles. “J’étais entourée de danseuses incroyables car c’est une pratique très en vue en Angleterre. Nous avions l’habitude de faire de grands spectacles ensemble.” Elle se fait un nom dans le milieu. Cela lui ouvre les portes pour se lancer dans les spectacles en entreprise. Un début de carrière rempli et riche qu’elle a décidé d’exporter à Maurice.

“J’ai beaucoup voyagé partout dans le monde. Depuis un certain temps, je sentais que je devais bouger et explorer une autre culture, même si je ne savais pas encore où.” De passage à Maurice pour le mariage d’une cousine l’année dernière, elle se sent connecté à sa terre d’origine. “Je me sentais comme à la maison.” Elle débarque avec uniquement une valise à la main, “mais je ne suis plus repartie”. Depuis le début de l’année, à travers les classes qu’elle offre à Grand-Baie, Sandya s’est construit son petit monde.

Elle inculque à ses élèves la valeur et les vertus de cette danse. “La danse du ventre est faite pour tous, que vous sachiez danser ou pas.” En plus d’aider à perdre du poids et de tonifier les muscles du corps, cette danse donne de la souplesse, muscle le corps et offre un rythme antistress. Par ailleurs, les mouvements du corps constituent une sorte de thérapie. “Par exemple, lorsque vous souffrez de stress et d’anxiété, votre corps s’y accroche. En bougeant, votre corps les secoue et vous en êtes libéré.”

Démocratiser la danse.

Sandya veut aussi en finir avec les clichés hollywoodiens selon lesquels cette danse ne serait destinée qu’aux femmes et aux professionnels. “Nous venons et dansons comme nous sommes. C’est accessible à tous, que nous soyons débutants ou professionnels. Chacun a ses attentes et décide de la porter au niveau qu’elle veut.” On peut décider de se parer de beaux costumes et se maquiller pour se sentir plus féminine, comme on peut venir et danser simplement pour soi-même et prendre du plaisir. “C’est ainsi à travers le monde : en Inde, Turquie, Égypte, Tunisie, Angleterre, et partout ailleurs. Mais les gens ne connaissent que la version hollywoodienne. Ils sont induits en erreur.” Son objectif est de démocratiser la danse et détruire les inhibitions qui l’entourent, “sans offenser qui que ce soit”.

Les classes de Sandya sont concentrées sur Grand-Baie pour le moment. Mais elle compte proposer des sessions très prochainement dans le centre de l’île. Histoire de faire bouger un maximum de personnes au rythme de cette danse des mille et une nuits…