Imaginez, vous adulte, que vous êtes dans la peau d’un enfant. Pour quelques instants, laissez-vous guider dans un monde d’illusions, de féeries et de surnaturels. Ici, Lady Diane avale les épées, Daniel le “blue-eyed boy” fait un vol plané du haut de son trapèze, Talaver la cracheuse de feu guette sa proie, Abraham l’homme élastique est toujours prêt pour une contorsion et le nain clown Toetu fait lui rire aux éclats. Tout cela n’est pas du monde d’Alice au pays des merveilles, mais de celui enchanteur du Cirque de Samoa qui se produit à Bagatelle jusqu’au 19 juin.
L’amateurisme n’a pas sa place dans le monde du Cirque de Samoa. Samedi à la soirée de gala sous le chapiteau de Bagatelle, nous avons eu droit à une entrée en matière orchestrée par des artistes d’exceptions ; des numéros à couper le souffle qui, pour beaucoup, défient la mort. Des pirouettes sur une corde à plusieurs mètres du sol et une avaleuse d’épée qui fait confiance au public pour extirper les lames de sa bouche, ne sont que d’infimes exemples de ce qu’offre ce spectacle.
Mais plus qu’un cirque, la troupe de Samoa s’est révélée être une grande famille unie. Au milieu des 35 artistes de différentes nationalités, Bruno Loyale, le directeur du Cirque de Samoa, qui arbore ce soir-là son costume noir pailleté. « Le cirque n’est pas un business, indique-t-il. L’argent sert à gagner son pain quotidien, mais tous les artistes sont mes enfants. Et ma priorité est de les rendre heureux pour qu’ils soient les meilleurs sur scène. »
Pour sa deuxième visite à Maurice, le chapiteau du Cirque de Samoa est plein à craquer. Théo, 12 ans attend avec impatience de voir Sultan Kölsen, 2m54, l’homme le plus grand du monde. « Moi qui suis fan de Superman et de Batman, j’ai découvert un nouveau héros », dit-il. Du haut de ses 7 ans, Raj évoque, lui, le lancer de couteaux. « Papa dir mwa si to per ferm to lizie. Mo fer karate mwa, mo pa per ! » Le Cirque de Samoa ne laisse visiblement personne indifférent. Chacun y va de ses commentaires.  
Le spectacle est à la fois divertissant et tendu pour les âmes sensibles qui ne sont pas habituées aux lancers de couteau, ou des numéros de trapézistes de haute voltige. Des moments d’émotions, avec la cracheuse de feu, d’étonnement, avec le contorsionniste Abraham qui entre dans une raquette de badminton. Ce que l’on retient de prime abord c’est la qualité visuelle, certes il y a eu quelques moments loupés, mais cela est vite oublié tant les prestations sont ahurissantes. Imaginez-vous attaché à une roulette qui tourne à vive allure pendant que votre ami vous lance des couteaux tranchants…
Originalité, innovation, le Cirque de Samoa vaut vraiment le détour rien que pour une immersion dans ce monde de prestations et de personnages hors du commun.