STEVE BRUNET, CHANTEUR DE LOR KONT LAMOUR : Un cri du cœur

D’une émotion à une autre, Steve Brunet décline plusieurs nuances entre sourires et larmes, mais avec toujours la volonté d’avancer. Entretien avec un maçon qui s’est un jour rêvé en haut de l’affiche.
Il est celui qui chante Lor kont lamour, un sérieux prétendant au succès. Scope vous parle d’un homme qui choisit de vivre heureux malgré les aléas de la vie.

Que représente la musique pour vous, Steve Brunet ?
La musique et la maçonnerie sont les deux disciplines que j’aime le plus dans la vie. Ce sont des activités que j’ai exercées depuis mon enfance à Cluny, non loin de Rose-Belle. J’ai grandi auprès de ma grand-mère et de mes oncles musiciens. Au lieu de traîner les rues, j’ai appris la guitare, à leurs côtés. J’ai aussi fréquenté des chorales. À quatre ans, je jouais du tambourin : mon premier instrument de musique !

Vous chantez Lor kont lamour. Avez-vous trouvé l’amour ?
J’ai perdu mon épouse au début de cette année, en février 2017. Je suis veuf et père d’un garçon de onze ans. Cela ne m’empêche pas de chanter car, au fond de moi, je range chaque chose à sa place. La musique tient une place importante dans ma vie. Je n’ai pas le droit de m’arrêter sur cet aspect de ma vie. Pas le droit de tout laisser tomber. C’est aussi ça, l’amour.

Les paroles de votre album sont écrites par votre ami d’enfance. Est-ce exact ?
Les textes que j’ai écrits dans le passé abordaient mes problèmes et d’autres sujets. Avec Heureux, j’ai voulu chanter pour les autres. Aujourd’hui, c’est pour les autres que je chante. Les paroles sont écrites par mon ami Damien Ng Tat Chung, qui compose aussi les musiques. Le but est de se sentir heureux de rendre les autres heureux. Une façon de dire que la vie continue…

Êtes-vous un homme heureux ?
À un moment, j’avais décidé d’abandonner la musique. Je n’avais plus goût à rien. Je suis tombé par hasard sur un ami qui est revenu au pays après des années. Nous étions voisins à Les Casernes (Curepipe). Nous nous sommes revus après 25 ans à un concert à Curepipe. Je lui ai dit que je suis devenu chanteur. Et que j’ai remporté un télécrochet en 2008 (Pepsi Séga Angama) avec une chanson intitulée Mama papa, écrite par Marino Godin, mon oncle. Un séga qui débutait ainsi : “Mama papa, tou le de dir mwa, kifer mo res akot granmer ? Granmer-granper, tou le de finn vie. Mwa, pli ale mo pe grandi. Mo poz mwa la kestion : eski pa ti ena enn lot solision ki separasion” ?

L’obtention de ce prix a-t-elle contribué à votre carrière ?
Après ce prix, ce fut la galère, comme c’est le cas pour beaucoup de jeunes chanteurs. Pas d’occasions pour chanter ni d’accéder à des scènes. L’on peut savoir chanter et jouer d’un instrument, mais cela coûte de devoir se déplacer, et ce n’est pas évident quand les moyens font défaut. Tout cela demande un investissement. J’ai l’impression qu’on cherche des talents pour faire des émissions et, après, plus rien. Aucun suivi ni encadrement. On se retrouve alors à jouer avec le premier musicien venu et on accepte les occasions de se produire, qu’importe la scène. Cette situation m’a motivé pour avancer et essayer d’aller plus loin, de passer à une autre étape. Cette motivation doit venir de nous-mêmes.

Comment dégager des émotions au micro ?
L’interprétation d’une chanson peut transporter des gens, les amener très loin. C’est une chose innée. Il faut savoir interpréter le texte afin d’en restituer les émotions. Apprécier les paroles est important sinon la chanson est sans âme; rien qu’une démonstration de technicité. Il faut aussi savoir inviter le public dans l’univers que l’on propose. Il faut donc savoir placer l’intonation voulue au bon moment. C’est aussi cela, être chanteur. Pas seulement pousser un cri du cœur.

Pourquoi mêler des instruments comme le sitar et le tabla sur Lor kont lamour ?
Tout l’album est métissé. On a voulu faire des chansons à l’image de Maurice. Je pense notamment à un passage slam dans Zot dir, un morceau où l’on balaie tous les codes établis, tant dans le style que dans le texte. Cet album comprend des genres différents pour être accessible à un large public. C’est un disque très pop dans l’ensemble. Vous reconnaîtrez des sons qui rappellent Ed Sheeran, mais pas seulement.

Concluons par le concert prévu le samedi 30 septembre.
Le concert se tiendra au Backstage de Hennessy Park Hotel à Ébène. Il est prévu à 20h, et l’entrée sera gratuite. Je veux vraiment offrir mes chansons et les rendre accessibles aux gens, à ceux qui veulent les découvrir. Tout le monde est bienvenu. D’autres rendez-vous sont prévus en octobre. Qui m’aime me suive !


Heureux dans les bacs
L’album Heureux de Steve Brunet sera dans les bacs à compter du 16 septembre. Il sera disponible à Rs 350. Il contient onze titres et explore des genres variés; pop et musiques du monde : reggae, séga, funk, rock…