Le jockey français Thierry Jarnet n’est pas un inconnu des turfistes mauriciens même s’il sera à sa première visite au Champ de Mars. Ses deux victoires avec Trêve en 2013 et en 2014 dans le Prix de l’Arc de Triomphe sont encore sans toutes les mémoires.
Jarnet  est un des jockeys français les plus titrés. Titulaire de quatre Cravaches d’or, lauréat de quatre Prix de l’Arc de Triomphe, celui que ses collègues surnomment amicalement « le Vieux » ou « papy » (il a eu 48 ans en mars dernier) sera l’attraction principale de cette journée internationale.
Il a débuté comme apprenti chez Patrick Rago puis avec Yann Porzier. Il remporta sa première course en 1985, à Cagnes-sur-Mer. Engagé de 1990 à 1996 comme premier jockey par André Fabre, il atteint le haut niveau avec Subotica, qui lui offre une première course  de groupe en 1991, dans le Grand Prix de Paris, et il remportera le Prix de l’Arc de Triomphe l’année suivante. Première monte de l’écurie du Cheikh Mohammed, il remporte de nombreuses courses au plus haut niveau, et obtient quatre cravache d’or consécutives (1992, 1993, 1994, 1995), récompensant le jockey ayant obtenu le plus de victoires en une saison. En 2013 et 2014, il remporte de Prix de l’Arc de Triomphe avec la championne Trêve, qui réalise un doublé qui n’avait plus été accompli depuis 1978. Cela lui permet de devenir le sixième jockey à s’imposer quatre fois dans la plus grande épreuve de galop. « Trêve est la meilleure jument que j’aie monté jusqu’aujourd’hui, elle est nettement au dessus», avait-il déclaré.
Malheureusement, le duo Trêve-Jarnet n’a pu prendre que la quatrième place cette année dans le Prix de l’Arc de Triomphe.
Chaque matin, il se lève à 5h30 pour « travailler » les 30 pur-sang que sa compagne, Sandrine Tarrou entraîne. Parfois avec Ambre, 18 ans, leur fille étudiante, championne de France 2013 de saut d’obstacles. L’après-midi, il file aux courses. «Si je continue de monter, c’est parce que je vibre toujours autant pour ce genre de courses. Je suis content d’être toujours aussi compétitif à mon âge. La retraite, je n’y pense pas. J’ai besoin des courses. Je vis avec les chevaux vingt-quatre heures sur vingt-quatre, je prends du plaisir avec eux le matin, l’après-midi et le soir. Je suis le seul à avoir cette double vie. Les 35 heures, je les fais en deux jours » assène-t-il. « Je ne me plains pas, c’est mon choix. » En revanche, il peste contre l’évolution du métier : « Avant, il n’y avait que quatre ou cinq réunions par semaine, l’après-midi, de mars à décembre. Maintenant, ça court partout tous les jours de l’année, du matin au soir, au détriment du confort et de la santé des jockeys. » Pour se préserver, il refuse de s’aligner sur deux champs de course différents dans la même journée, évite les réunions du soir.
Mais il n’est pas très liant. Au contraire…« Papy serait misanthrope au boulot. Il assume : «Je n’ai pas d’amis dans le milieu, je n’ai jamais cherché à en avoir. J’ai des relations de travail, c’est tout».
Thierry Jarnet est le doyen à ce niveau. A 48 ans, il fait toujours partie des plumes, 52 kg (pour 1,65 m) sans effort particulier quand certains de ses confrères réclament une adaptation à l’évolution des gabarits. La sienne est à la corde depuis trente ans : un croissant et un café le matin puis plus rien jusqu’au dîner : cuisine asiatique ou bio, les oeufs des poules du jardin, un verre de vin. Jamais d’excès, peu de sorties. «J’ai mis ma vie entre parenthèses. Le jour où j’arrêterai, je profiterai de la vie», assure-t-il sans convaincre.
Dans cinq ans, il sera encore capable de les emmerder sur la piste. » Lui, sourit : «Je sais que certains aimeraient que je laisse ma place mais je ne me considère pas comme vieux ou dépassé…» Il se voit bien courir jusqu’à 50 ans. Au moins.
Au public mauricien maintenant de le voir en chair et en os lors de cette journée internationale.