Quatre jours après l’éclatement de l’incendie de l’entrepôt de l’hypermarché Shoprite, les sauveteurs sont toujours à la recherche de Sandesh Domah (24 ans), le seul employé manquant à l’appel après le sinistre. La police a entendu un collègue du disparu, qui affirme avoir aperçu le jeune homme dans le bâtiment avant que la fumée ne commence à prendre de l’ampleur.
Dans sa version des faits, le témoin a avancé que trois autres collègues et lui ont tenté de circonscrire le feu avec des extincteurs alors que le sinistre s’est déclaré dans la section où sont stockés les produits emballés dans du plastique. « Comme la situation s’aggravait, nous sommes sortis », a-t-il expliqué aux hommes de l’ACP Anil Kumar Dip et du surintendant Daniel Monvoisin. Selon lui, Sandesh Domah se trouvait dans le rayon alimentaire alors que lui se trouvait du côté des produits frigorifiés. Entre-temps, l’alarme incendie s’est déclenchée et les employés sont sortis du bâtiment. Ce n’est qu’une fois à l’extérieur que ce témoin a noté l’absence de Sandesh. Les caméras de surveillance de l’entrepôt montrent que ce dernier n’est pas sorti. Ce matin, les recherches étaient toujours en cours. Mais les tonnes de débris étalés au sol rendent la tâche des pompiers « difficile ».     
Par ailleurs, le comité de crise sur l’incendie de Trianon s’est réuni une nouvelle fois hier après-midi sous la présidence de Mahen Jhugroo, soit sa dernière réunion en tant que ministre des Collectivités locales, pour un état des lieux de la situation. D’emblée, il a salué l’héroïsme des pompiers ayant travaillé « non-stop » depuis dimanche pour circonscrire le sinistre, tout en concédant que « ce n’était pas facile de travailler dans de telles conditions difficiles avec la chaleur intense, les grosses flammes et une visibilité nulle à l’intérieur ». De son côté, Asok Kehlary, l’Acting Chief Fire Officer, a confirmé qu’une cinquantaine de pompiers des casernes de Port-Louis, Coromandel, Curepipe et Quatre Bornes sont sur le terrain, bien que l’incendie ait été officiellement maîtrisé. « Nous constatons qu’en enlevant les débris de l’entrepôt, il y a des poches de fumée qui peuvent réalimenter un feu. C’est pourquoi nous continuons à arroser l’intérieur de l’entrepôt », explique-t-il. Ce dernier a ajouté que l’opération de la Mauritius Fire and Rescue Team pour retrouver Sandesh Domah prend plus de temps que prévu car « il y a entre 250 à 300 tonnes de produits qui étaient stockés dans l’entrepôt ». Les passages sont en outre bloqués par des étagères détruites et des débris au sol. Pour épauler les sauveteurs, les hommes de la Special Mobile Force ont été appelés en renfort hier matin. Ces derniers participent également aux recherches et aident à déblayer les débris. « Hier, nous avons pu retirer une certaine quantité de débris de l’entrepôt », souligne Asok Kehlary. Auparavant, les ingénieurs du ministère des Infrastructures publiques avaient donné leur feu vert pour poursuivre l’opération de recherche, et ce après avoir examiné le bâtiment, confirmant qu’il ne constitue plus un danger pour les sauveteurs.
Par ailleurs, l’Acting Chief Fire Officer Kehlary a admis qu’à un certain moment, son équipe avait envisagé de créer une brèche dans le mur pour combattre l’incendie. « C’était notre dernier recours au cas où nous n’arriverions pas à lutter contre les flammes. » Il a profité de l’occasion pour confirmer que les pompiers étaient bel et bien en présence d’un plan du Trianon Shopping Park sur le terrain dimanche. « Pour tout projet de centre commercial, le promoteur nous fait parvenir un premier plan, comprenant le système d’évacuation, entre autres. Nous donnons un accord de principe pour la construction tout en faisant certaines recommandations. Ce n’est qu’après que le responsable avalise nos critères que nous lui octroyons un “fire certificate”. Un plan du centre commercial reste en notre possession », explique-t-il. Asok Kehlary a également souligné que même si les équipements utilisés par les pompiers sont importés de Chine, ils sont dans les normes internationales. « Tout achat passe par le Procurement Board ! »
Un comité technique a été mis sur pied – comprenant deux hauts cadres du ministère des Collectivités locales, la police, les pompiers et des représentants du ministère de l’Environnement et de la Santé – et prendra une décision sur la réouverture du Trianon Shopping Park. Cette équipe est attendue sur les lieux ce jeudi et se réunira cet après-midi pour décider si une partie du centre commercial peut être accessible au public. « Nous devons prendre en considération qu’il y a un “food court” sur place. Les officiers du ministère de la Santé doivent établir si les aliments sont sains à la consommation, tout comme les produits dans l’hypermarché », explique Mahen Jhugroo. Selon nos renseignements, l’hypermarché n’a pas été affecté par le feu, excepté une partie de la section poissonnerie, où l’eau utilisée par les pompiers s’est accumulée.   
Par ailleurs, Danish Ismael, propriétaire du Trianon Shopping Park, a fait le déplacement à Maurice mardi pour constater l’ampleur des dégâts. L’homme d’affaires malgache ne veut évoquer les pertes pour le moment, estimant que sa priorité était de retrouver Sandesh Domah. « Depuis trois jours, les parents de Sandesh sont là à attendre leur enfant sortir. De quelle manière ? On ne le sait pas. En tant que père, c’est très dur à voir. Mon esprit n’est pas dans l’estimation des pertes mais de retrouver cet enfant, quelle que soit la condition, et le reste viendra en son temps », précise Danish Ismael. Il dit avoir parlé aux parents du jeune homme, « qui sont dans un état difficile », et dit ignorer s’il y a eu un problème de court-circuit dans l’entrepôt, précisant que sa société « ne gère pas Shoprite car c’est un établissement privé ». Il poursuit : « Nous sommes Trianon Shopping Park et il y a plusieurs commerces qui travaillent sur place. Je ne peux pas vous dire quelle est leur politique ou de quelle façon ils gèrent leur établissement. Je pense qu’il faut laisser les enquêteurs établir les faits. » L’homme d’affaires malgache compte faire le nécessaire pour que tout revienne à la normale au Trianon Shopping Park. « Néanmoins, on se soumet à 100% aux agréments des autorités », dit-il.