Nous disposons désormais du radar le plus performant d’Afrique. Un Doppler Radar Weather Observation Station bramant au haut du Trou aux Cerfs. La station météorologique vacoassienne ne devrait donc ne plus se vautrer dans ses prévisions ni dans la trajectoire des cyclones. Sans compter les prédictions de pluie et de beau temps. N’est-ce pas là un radar ô combien visionnaire et moderne… à l’image de notre honorable Petit ?

Ce petit “bijou technologique” juché sur notre humide volcan rendrait envieux nos voisins. Quid du prix, me demanderez-vous ? Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, cet appareil de pointe coûte la modique somme de 537 millions de roupies ! Facture en partie réglée par le gouvernement nippon, et le restant par les locaux. Nous devrions donc en savoir gré à notre petit empereur…

L’État a investi Rs 100 millions. Un bien joli deal aux dépens du visiteur ? D’aucuns se demandent pourquoi les Nippons sont si prompts à claquer du yen, au point de nous filer 437 millions de roupies au change ? L’histoire ne nous apprend pas si nos amis du pays du Soleil levant ne lorgneraient pas les millions de kilomètres carrés de nos eaux poissonneuses.

Et si ledit radar était un leurre ? Sinon un moyen de garder un œil débridé sur le trafic maritime et aérien ? Les enfants de l’oncle Sam ont déjà colonisé Diego, loué par leur allié de toujours et ancien colon de Maurice (nos amis de la Couronne). Les Français ont La Réunion, voire Tromelin. Agaléga semble beaucoup plaire à notre grand frère indien. Faudrait peut-être la lui céder. En guise de reconnaissance pour l’installation du métro ?

Avoir sa base (militaire) dans l’océan Indien paraît un must absolu pour tout géant nucléaire qui se respecte. Serait-ce là une nouvelle page de notre colonisation qui s’écrit, outre la colonisation culturelle opérée par le biais bollywoodien. Faudrait consulter un spécialiste, genre un géopolitologue, qui nous révélerait que “l’étoile et la clef de l’océan Indien” serait en fait un pays de mal décolonisés.

On croirait ledit bijou offert dans une tentative de nous amadouer pour mieux spolier nos ressources hauturières, sinon notre territoire outremer. Et l’auteure de ces lignes ne vous parle pas des pauvres baleines maillées dans de kilométriques filets. Ceux tendus par des chalutiers raclant les fonds marins. Vive le sushi ! Passons vite à un autre sujet.

Elle claque la portière pile-poil avant la pluie. Une ondée isolée avec risque d’averses passagères. Un temps patchak-patchak. Cette saucée avait mouillé son doux visage et effacé le dégoulinement de ses larmes. Le chauffeur la zieute dans le rétro avec des yeux de chien battu et lui recommande de boucler sa ceinture. Elle obtempère aussi sec… avant le déluge de paroles à haut débit.

Ce vieux briscard insinuait que la météo serait de mèche avec le pouvoir du jour. “Ou’nn remarke ki lapli tonbe pli souvan zis zour konze piblik ek dan Samdi-Dimans ? Dapre lord, bann siklonn-la osi mars ar gouvernma sa !” Ragaillardi par le sourire esquissé, le taximan enchaîne, mais l’esprit de sa passagère est déjà ailleurs… Elle ne reconnaissait plus le trajet sur les routes construites par l’honorable Petit. Un radar flashe une voiture à la bourre. Les caméras fleurissent le pays sage.

Elle pense encore. Faudrait interdire les politiciens aux fêtes et cérémonies religieuses. Et ainsi contrer le communalisme. Une solution qui ne peut être que politique. Somme toute, une proposition à traduire en actes au Parlement. Si ces messieurs et dames voulaient bien en finir avec ce démon habitant nos préjugés les plus épidermiques.

L’auteure de ces lignes ne croit pas se tromper en disant qu’une certaine jeunesse est avide de vivre ensemble en akorite. Il faudrait que le cœur mauricien puisse battre hors des stades en liesse et des moments de grandes détresses nationales.