Cette mesure rétrograde va à l’encontre des principes fondamentaux des droits humains et jette le discrédit sur Maurice qui se positionne du côté des pays barbares et ignares par cette approche. Parce que l’expulsion d’une étudiante camerounaise vivant avec le VIH n’a aucun sens et ne répond à aucune logique. Sinon celle qui met de l’avant l’intolérance du pays vis-à-vis des personnes malades selon un principe de discrimination.
Ce scandale a été porté sur la place publique par PILS tandis que la décision finale des autorités est attendue concernant le cas de cette étudiante qui a été testée positive au VIH après son arrivée au pays en janvier. Alors qu’elle est enregistrée dans une institution privée pour des études en Hospitality Management, son visa d’étudiant lui a été refusé à cause de son état de santé. Le 5 février 2015, soit quelques jours seulement après avoir atterri à Maurice, elle a été testée positive au VIH. Peu après, le 19 mars, elle reçoit une lettre du Bureau du Passeport et de l’Immigration l’informant que l’application pour son visa d’étudiant lui a été refusée et qu’elle serait déportée dans deux semaines. Dans un communiqué PILS précise : “Cette décision des autorités mauriciennes est discriminatoire, injuste et inacceptable. Il n’y a ni aucune raison valable, ni aucune justification de santé publique pour refuser le permis de rester à cette étudiante ou à n’importe quel étranger vivant avec le VIH. PILS plaide pour un changement de la loi sur l’immigration depuis 2009. L’« Immigration Act » stipule qu’aucun permis de résidence ne sera octroyé à toute personne vivant avec le VIH.”
Et pour répondre à ceux qui considéreraient toujours des personnes vivant avec le VIH comme dangereuses, l’association souligne : “Il a été médicalement prouvé qu’une personne testée positive au VIH, traitée et suivie, ne peut transmettre le virus à quelqu’un d’autre. Toutefois, le manque d’information et ce qui pourrait passer pour un manque d’intérêt de nos décideurs politiques sur cette question, renvoient à la communauté internationale l’image d’un nouveau gouvernement qui fait fi des conventions internationales dont Maurice est signataire, à l’instar de la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Déclaration politique sur le VIH/sida adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2006 et 2011.”
Soutenue par PILS, l’étudiante a fait appel contre son expulsion et reste dans l’attente de la décision finale. Cette affaire est suivie par des instances internationales qui accorderont certainement un carton rouge à Maurice si le pays persiste dans cette erreur.