La clinique située à Beau-Vallon

Un vrai passionné des bêtes. Ambissal Mohanpersad est un véto qui a du chien ! Agé de 34 ans, cet habitant de Curepipe ne jure que pour les animaux, et il en a d’ailleurs fait son métier. Exerçant depuis quelques années déjà, il a fini par se faire un nom et a crée, en 2011, sa clinique pour animaux, Woof’n’Whiskers, à Beau-Vallon, où il bichonne ses patients. Rencontre.

“J’aime les animaux depuis l’âge de 5 ans. C’est vrai, j’adore les animaux, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai décidé de faire des études vétérinaires”, nous lance-t-il le sourire jusqu’aux oreilles. Le Dr Ambissal Mohunpersad est un vrai passionné. Nous l’avons rencontré à sa clinique, à Beau-Vallon, entre deux rendez-vous. Dans son uniforme de vétérinaire, ce dernier attend la venue de ses petits patients pour se faire vacciner ou soigner. A côté ses trois assistants, dont Bryan son ami de longue date.

“Nous nous occupons de tous les animaux ici, nous avons même eu une fois, une oie. Il y a de plus en plus de gens qui aiment les animaux à Maurice et, croyez-moi, les cas de cruauté envers les animaux sont en baisse. Nous pensons qu’il y en a plus, parce que nous avons les réseaux sociaux maintenant, mais beaucoup plus de gens sont disposés à dépenser pour soigner leur animal de compagnie”, dit-il. Agé d’une trentaine d’années, le jeune vétérinaire nous raconte ses débuts et la naissance de sa clinique, devenue aujourd’hui un incontournable de la région de Beau-Vallon.

Le Dr Mohanpersad (à droite) et sa petite équipe d’animal lovers

“J’ai fait les études à Moscou, et ce, même si mes parents n’avaient pas forcément les moyens. Ils ont travaillé dur pour me permettre de réaliser mon rêve”, dit-il reconnaissant. Ainsi, après six longues années d’études, le jeune homme retourne au bercail en 2008 et décide de mettre la main à la… “patte” ! “J’ai eu la chance de travailler avec le Dr Bestel qui m’a encadré et beaucoup conseillé. Je le connaissais déjà, car c’est chez lui que j’emmenais mes chiens. C’est grâce à lui que j’ai pu, en quelque sorte, avancer dans ce milieu, car il m’a appris beaucoup de choses.”

“Il y a un manque
de vétérinaires”

De bouche à oreille, le Dr Ambissal Mohanpersad se construit un petit réseau de fidèles patients à quatre pattes, voire à deux ! C’est alors que lui vient l’idée d’ouvrir une clinique. “Avant de bouger ici, nous étions dans un petit bâtiment, beaucoup plus petit que celui que nous avons maintenant. Malgré cela, nous travaillions sans relâche mon équipe et moi pour offrir un service de santé de qualité aux patients”, dit-il.

En effet, Woof’n’Whiskers a aujourd’hui près de 5 000 followers sur Facebook et s’est fait une petite renommée qui garde toutefois l’humilité de ses débuts. “Nous avons introduit en 2011 un service de transport. Nous étions d’ailleurs les premiers à proposer un tel service, car c’était le plus gros obstacle pour nos clients qui ont souvent du mal à se déplacer avec leurs animaux.” Depuis, le van de Woof’n’Whiskers sillonne l’île pour transporter les petits patients malades. Ii ly a même des propriétaires d’animaux qui font le trajet de Grand-Baie pour venir à Beau-Vallon. “Et étonnamment, notre clientèle est principalement basée en dehors de Mahébourg”, dit-il tout sourire.

S’occupant d’une dizaine de patients par jour, voire plus, dépendant des cas et des urgences, Ambissal Mohanpersad veut ainsi agrandir sa clinique. “Je souhaiterai agrandir l’espace où nous opérons, faire une plus grande salle d’attente, mais aussi avoir encore plus de vétérinaires qui puissent travailler chez nous à temps complet et offrir un service 24/7”, avoue-t-il. Aussi, espère-t-il que d’autres jeunes choisiront, comme lui, ce noble métier. “Il y a un manque de vétérinaires à Maurice”, déplore ce dernier et il ajoute “qu’à Maurice, nous ne travaillons pas assez souvent en groupe. Les vétérinaires gagneraient à travailler ensemble.”

Quant à la situation des animaux à Maurice, Ambissal Mohunpersad soutient qu’il faut davantage éduquer nos jeunes. “Il n’y a pas assez de communication à ce sujet. Et l’on devrait enseigner l’empathie à nos enfants dès la primaire. Leur apprendre comment respecter un animal, pourquoi il faut le stériliser, etc.”, avance le vétérinaire.

“Aussi, je pense que l’Etat devrait songer à s’investir davantage dans le problème des chiens errants. Si l’on donnait Rs 50 à chaque personne qui ramènerait un chien errant pour se faire stériliser, je vous assure qu’on aurait plus ce problème à Maurice. Il faut aimer ce que l’on fait, et on ne peut pas stériliser des chiens sans qu’il y ait un contrôle. Par exemple, j’ai stérilisé et castré beaucoup de chiens à Blue Bay et je les ai tous tatoués pour que l’on ne ramène pas deux fois un même chien à se faire opérer, chose qui arrive souvent. Vous voyez, ce sont des petites choses qui peuvent aider à changer les choses”, lance-t-il. “Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais la volonté.”

En attendant que les choses avancent, le Dr Ambissal Mohanpersad et sa petite équipe continuent de passer du temps à Woof’n’Whiskers. “Si l’on est sur une césarienne, l’on peut commencer à 21 heures et terminer à 2 heures, cela nous demande beaucoup de temps, mais tout cela en vaut la peine”, confie-t-il. Et c’est avec le sourire que le jeune vétérinaire continuer de soigner nos petits amis à quatre pattes…