YERRIGADOOGATE  : « Pas d’autre choix que de faire partir Ravi Yerrigadoo » selon Mamade Khodabaccus

Partielles au N°18 : le PMSD lance un appel pour «enn campagne prop »

« Après l’épisode minis bizness l’or, après l’épisode Sobrinho, voici le Yerrigadoogate. Le feuilleton se poursuit avec des scandales semaine après semaine et continue de faire du tort à l’image du pays sur le plan international. La presse étrangère parle de ces maldonnes à Maurice et les investisseurs observent la situation chaotique. Maurice est sur une mauvaise pente. » C’est l’avis du PMSD au vu des derniers événements dans le pays. « Par-dessus cela, nous avons un Premier ministre prisonnier de so bann dimounn », estime le secrétaire général des bleus, qui soutient que « le PM pa ti ena okenn choix a par fer Ravi Yerrigadoo alé. » Cela, dit-il, pour éviter des élections générales, quecertains auraient brandies comme menace devant le leader du MSM, évoquant ainsi leur démission si toutefois il ne demandait pas à l’ex-Attorney General de se retirer, avance Mamade Khodabbaccus.

Le dernier épisode en date impliquant l’ex-Attorney General et la décision finale du Premier ministre de demander à ce dernier de démissionner démontre que le pays est « sans leadership ». C’est ce qu’a fait ressortir le secrétaire général du PMSD, qui animait, aux côtés du président et de la responsable de communication des bleus, une conférence de presse hier, en l’absence de Xavier Duval. Abordant le Yerrigadoogate, il se demande ce qui s’est passé « overnight » pour que Ravi Yerrigadoo, qui clamait avoir la confiance du Premier ministre mardi dernier, ait dû soudainement à soumettre sa démission le mercredi. « Y a-t-il eu révolte ? Ou menaces ? Que s’est-il passé ? » demande-t-il, évoquant des menaces dont aurait eu à faire face le chef du gouvernement au sein de son parti, après l’éclatement du Yerrigadoogate - certains des députés MSM menacant de démissionner si jamais Ravi Yeerigadoo restait à son poste. 
Pour Mamade Khodabbaccus, « Pravind Jugnauth a cédé à la pression ». « Si la bande des quatre qui avait tenu une réunion explicite avait soumis sa démission, cela aurait inévitablement provoqué des élections générales. Chose que Pravind Jugnauth ne peut se permettre au vu de la situation du jour. En demandant à Ravi Yerrigadoo de partir, il évite ainsi une partielle dans d’autres circonscriptions, voire des élections générales anticipées, avec au final la création de la place pour l’un des quatre de la bande des quatre. Autres interrogations avancées par Mamade Khodabbaccus : « Pourquoi une décision sur Ravi Yerrigadoo et non une décision sur Gulbul, Maunthrooa ou encore Soodhun ? »
Dans ce scandale répercuté dans la presse étrangère, le secrétaire général du PMSD, qui a fait ressortir que Ravi Yerrigaddoo a consenti que c’était sa signature apposée sur une lettre pour dédouaner Abdool Rahim, énonce une série de questions jusqu’ici demeurées sans réponse. Il se demande ainsi si l’ex-Attorney General, dont la fréquentation évidente de gamblers n’est plus à nier, a lui-même participé à un betting scam ? Ou encore a-t-il aidé un gambler à faire un betting scam ? Des questions sur lesquelles la police, l’ICAC et la FIU doivent se pencher, estime Mamade Khodabbaccus, pour qui il s’agit d’une nouvelle occasion pour le commissaire de police de se ressaisir et de montrer son indépendance. 
« Partielles sans saveur sans candidat MSM »
« Nou finn trouv lanket manti-manti dans cas Soodhun, mais là, nou espérer ki Mario Nobin pou fer so travay et ki li pa na pou pran lord ar personn », dit-il. En tout cas, note-t-il, Maurice se trouve dans une situation délicate. Et ce qui est sûr, ajoute-t-il, c’est qu’avec tous les scandales et les casseroles, « gouvernma fini ataké. Li lor ventilator la. So leker pré pou arété ! » Et d’estimer que les partielles au N°18 seront synonymes de « clap final » pour le gouvernement Lepep.
Si la campagne en marge des partielles à Belle Rose/Quatre Bornes sera plus ou moins longue, le PMSD se réjouit que la date des élections est enfin connue. Le parti lance un appel à tous les partis et tous les candidats pour « enn campagne prop ». Mamade Khodabaccus plaide pour qu’il n’y ait aucune violence ou des dérapages. Le PMSD s’étonne par ailleurs du silence jusqu’ici du gouvernement quant à l’alignement du candidat Lepep pour ces partielles. « Sa ticket N°18 la, c’est enn ticket MSM à travers Roshi Bhadain », rappelle Mamade Khodabbaccus, pour qui « ces partielles représentent finalement des primaires entre les partis de l’opposition. » « Nou pou trouvé kisannla dans l’opposition pli fort », dit-il, confiant de la victoire du candidat PMSD Dhanesh Maraye. Cela du fait que l’équipe du PMSD qui, en 12 ans au gouvernement, « finn amenn rézilta lor rézilta. »
Ainsi, selon lui, ces partielles positionneront le PMSD en tant que « plus grand parti du pays » et démontreront que « dans les prochaines élections générales, le PMSD sera the major player avec Xavier Duval comme futur Premier ministre. » Estimant que ces partielles seront sans doute l’une des plus importantes que le pays connaîtra, le secrétaire général des bleus dit espérer que Pravind Jugnauth, à son retour au pays, aura un sursaut pour aligner un candidat MSM. « Sans candidat MSM, partielles-là pa pou éna saveur. Pou manque enn ti disel », dit-il. Dhanesh Maraye s’est lui dit, après neuf semaines de campagne déjà, confiant de la victoire. Si après les porte-à-porte la stratégie de campagne des bleus changera dans les prochains jours, il n’en demeure pas moins que le travail sera le même, un travail de proximité, à l’image du PMSD, dit-il. 
Altercaltion de Soodhun:   “choquant”
Le président du PMSD est par ailleurs revenu sur la situation dans le secteur sucrier, évoquant la compensation de Rs 1250 par tonnes de sucre perçue par les petits planteurs. Une somme d’environ Rs 500M a été puisé du Sugar Industry Fund pour compenser ces petits planteurs, rappelle Robert Pallamy. Or, cet argent, dit-il, relève d’un fonds réservé à des compensations en temps de catastrophes. Avançant que c’est tout de bien que les petits planteurs ont été compensés, il déplore qu’on utilise ce fonds pour adresser un problème conjoncturel suivant la baisse du prix du sucre sur le marché mondial. « Qu’en sera-t-il l’année prochaine et dans les autres années à venir ? » demande-t-il, soutenant que le gouvernement « pena okenn plan pour le secteur sucrier. » Selon lui, les autorités ne sont pas en train de de gérer la situation de façon structurelle. D’où son appel pour que la Mauritius Cane Industry Authority soit restructurée. 
L’altercation du VPM Showkutally Soodhun lors d’un atelier de travail avec les syndics et associations de la NHDC a également été abordée lors de cette conférence de presse par la responsable de communication du PMSD. Condamnant sans réserve cet incident, Aurore Perraud s’est dit « choquée » de l’attitude du ministre des Terres et du Logement envers un citoyen et de surcroît une femme, en ayant recours à la violence verbale. Une attitude qui ne fait pas honneur au pays, dit-elle. Selon elle, cela démontre que « pouvoir finn monte dans latet de ce gouvernement autoritaire, déconnecté du peuple et qui abuse de so pouvoir. » Saluant le courage de cette femme pour avoir « remis le ministre à sa place », la responsable de communication estime que « c’est un signe de l’exaspération du peuple ki népli accepté la bêtise et l’abus de pouvoir du gouvernement. » 
Le silence des femmes au pouvoir choque davantage le PMSD. « C’est une très grosse déception car jusqu’à ce jour, ni la Speaker ni la présidente de la République ou la ministre de la Femme n’ont fait de sortie contre cette violence de Soodhun envers une femme », dépote aurore Perraud. Pour le PMSD « bizin aret sa violence-la. » C’est dans cette optique qu’il réclame également la démission de Showkutally Soodhun en tant que ministre, du fait qu’il ne fait pas honneur à la République. 
 

 
Duval et Corbyn parlent Chagos
Le leader de l’opposition a profité de son séjour en Angleterre pour rencontrer le leader du Labour Party, Jeremy Corbyn. Lors de cette rencontre, selon Aurore Perraud, les deux politiciens ont eu l’occasion d’aborder le dossier Chagos et Diego Garcia, la situation au Moyen-Orient, incluant les relations entre le Qatar et l’Arabie saoudite, mais aussi le système d’éducation supérieure selon le modèle prôné par l’Angleterre.