Young Voices est un projet éducatif qui vise à éveiller le goût de la lecture et de l’écriture chez nos enfants. Exporté du Ghana par le couple Mohungoo, ce concept à vocation créative place nos tout-petits dès l’âge de six ans en situation d’auteurs et d’illustrateurs, car leur travail est publié et vendu. Pour la première fois à Maurice aura lieu en juin le lancement d’un recueil de poésie à la Northfield International Nursery and Primary School.

Les enfants sont libres de façonner et de raconter leur monde tels qu’ils les perçoivent à travers des poèmes et d’autres modes d’expressions qu’ils illustrent par le biais d’un dessin. Ajmal Mohungoo et son épouse Nazmeera Khalfe Mohungoo (originaire d’Afrique du Sud) proposent aux écoles des projets spéciaux hautement interactifs destinés à motiver, inspirer et surtout renforcer la confiance des apprenants. “Ce sont des projets qui encouragent la créativité des enfants et les incitent à écrire, illustrer et photographier librement. C’est une façon de penser et de s’exprimer”, confie Nazmeera Khalfe Mohungoo. “Il s’agit de découvrir et d’inventer de nouvelles choses qui nous incitent à faire preuve d’imagination.

Parents de trois enfants, âgés de 8 ans, 5 ans et 22 mois, les Mohungoo ont longtemps vécu sur le continent africain. Avec son expérience professionnelle dans le secteur de la vente, Ajmal Mohungoo a travaillé pendant plus de 20 ans dans plusieurs pays d’Afrique. C’est en Afrique du Sud qu’il rencontre son épouse Nazmeera, une journaliste qui travaille dans un magazine culturel. Le couple s’installera plus tard au Ghana. Leur fils aîné, âgé alors de 5 ans, intègre le cycle primaire où l’accent est mis sur l’enfant comme participant actif dans son parcours d’apprentissage et au cours de sa vie. Un programme qui favorise la curiosité intellectuelle, les connaissances, la sensibilité pour contribuer à construire un meilleur avenir dans un esprit d’entente mutuel et de respect interculturel. “L’accent est mis sur les causeries, les présentations publiques, le questionnement de soi”, précise Ajmal Mohungoo. Avec un enfant hésitant à intégrer ce système éducatif, le couple s’est retrouvé à un carrefour. Comment lui faire prendre goût à la lecture et à l’écriture ?

Le cadeau de la créativité.

Les époux Mohungoo ont mis leurs expériences en commun pour fonder Young Voices. Avec le parcours de Nazmeera dans le monde de l’édition, du design et de l’écriture et le bagage d’Ajmal dans la vente, “où pour exceller, on doit forcément se transformer en conteur d’histoire”, ils fondent Young Voices. “Le but était de canaliser l’attention de notre enfant sur ses capacités et lui donner assez confiance en lui pour écrire et dessiner.” Le résultat est probant auprès de leurs fils et d’autres élèves de Grade 1 à 5 (6 à 11 ans) dans une école du Ghana. Young Voices offre les outils aux enfants pour qu’ils deviennent des auteurs et illustrateurs en herbe.

“Les enfants ont une façon particulière d’être créatifs, amusants et inspirants pour les adultes par leur innocence. Young Voices résume de manière créative les perceptions du monde qui les entoure et leurs émotions les plus profondes. Donnez à un enfant le cadeau de la créativité et vous lui donnez une clé qui peut ouvrir de nouvelles portes à l’expression créative, à de nouvelles perspectives, à la confiance en soi, à la réussite artistique et au fun !”, confie Nazmeera. C’est ce que prône Young Voices, qui consiste à aider les enfants à développer l’amour de la créativité. “Nous croyons que l’amour de la créativité est un tremplin pour devenir un apprenant enthousiaste, un lecteur, un écrivain et un conférencier confiant. La créativité est aussi importante en éducation que l’alphabétisation et nous devrions la traiter avec le même statut.”

Place à l’imagination.

De retour à Maurice en janvier de cette année, le couple a voulu exporter son concept. “Quand nous avons vu les changements chez notre fils, nous avons réalisé que Young Voices devait toucher d’autres apprenants.” Après avoir contacté, visité et s’être entretenu avec quelques écoles, plusieurs sollicitations se sont révélées positives. Le processus est simple. Après une brève présentation auprès des chefs d’établissements sur l’objectif de ce projet, “le personnel enseignant est ensuite initié au concept lors d’une session de formation où nous expliquons le processus, la durée et les exigences attendues des enseignants”. Vient ensuite la présentation aux enfants qui est, selon Nazmeera, la partie la plus excitante. “C’est là que le projet commence vraiment à prendre forme.” Les apprenants prennent connaissance de ce qu’ils doivent faire. “Nous éliminons toute hésitation ou réticence qu’ils peuvent avoir et les guidons de manière à ce que leur créativité soit mise à flot immédiatement.”

Par la suite, dans une période donnée, les apprenants soumettent un document écrit, sans limite de contenu, accompagné d’une illustration. “Aucun thème ne leur est imposé. Ils écrivent et dessinent selon leur imagination. Les enseignants sont les éditeurs et corrigent les fautes grammaticales, sans toucher au contenu.”

Le travail est ensuite rassemblé et “nous produisons un livre écrit et illustré par l’élève”. “Le résultat final est une collection d’histoires (ou toute autre forme d’expression écrite) produite par l’enfant et qui lui est remise en présence de ses parents lors d’un événement que nous organisons”, souligne Ajmal Mohungoo.

Le premier lancement d’un recueil de poésie (en anglais et français) est prévu en juin à la Northfield International Nursery and Primary School (anciennement Martin’Ecole Primary). Le couple Mohungoo souhaite que Young Voices s’intègre à d’autres institutions autres que privées.