- Sauf que le présumé trafiquant n’explique pas l’utilisation de cinq litres d’acétone et de feuilles de papier en aluminium saisis sur place
Fabien Jean Sebastien Desveaux de Marigny (43 ans), soupçonné de fabriquer de la drogue synthétique dans un laboratoire clandestin à Belle-Vue-Harel, dit être un connaisseur de plantes et avance qu’il prépare des remèdes sous forme de tisanes. C’est ce qu’il a avancé lors d’un interrogatoire à l’Anti Drug & Smuggling Unit (ADSU) de la Northern Division durant la semaine écoulée pour expliquer la saisie de 358 grammes de drogue synthétique valant Rs 1 790 000 lors d’une opération policière.
Le quadragénaire est en détention préventive après qu’une accusation provisoire de Possession of synthetic cannabinoids for the purpose of distribution a été logée contre lui au tribunal de Pamplemousses lundi. Le quadragénaire a expliqué que les ustensiles de cuisine saisis dans le laboratoire clandestin sur le terrain sucrier de Belle-Vue-Harel, sont mis à contribution dans la préparation des tisanes. Sauf qu’il n’est pas en mesure d’expliquer l’utilisation de cinq litres d’acétone et des feuilles de papier en aluminium saisis sur place.
Ses explications n’ont pas convaincu les policiers, qui l’avaient placé sous surveillance depuis plusieurs semaines. L’ADSU a reçu des informations qu’il serait un fournisseur de drogue synthétique dans le Nord. Sa présumée clientèle serait très sélecte et aisée se côtoyant lors de fêtes privées. Sans compter que Fabien Desveaux de Marigny a été aperçu avec des individus qui ont déjà été arrêtés par l’ADSU et l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) pour leurs activités liées au trafic de drogue. La police a eu vent que de la méthamphétamine est consommée au cours de ces fêtes privées. Mais ce produit n’a pas été retrouvé dans le laboratoire clandestin de Belle-Vue-Harel. Justement, les limiers estiment que le quadragénaire a installé son laboratoire à côté de sa maison et il ne sortait que rarement de la propriété. Quant au laboratoire, il l’a fermé à clé et aucun employé n’y avait accès pour le nettoyage.
L’ADSU tente d’établir qui lui a fourni les ingrédients pour la fabrication de la drogue synthétique. Le suspect campe sur sa position en insistant que les produits saisis sont de la tisane. Un échantillon a été envoyé pour analyse au Forensic Science Laboratory (FSL). Les Casernes centrales veulent aller au fond de l’affaire car c’est un des rares laboratoires clandestins fabriquant de la drogue synthétique qui a pu être mis au jour à Maurice. Et ce, même si la drogue synthétique est très répandue sur le marché local.
L’autre laboratoire découvert par la police a eu lieu en novembre 2020 au Ward IV à Port-Louis suite à l’arrestation des suspects après le meurtre de la policière Dimple Raghoo lors d’une opération anti-drogue à Beau Vallon.

