Le secteur de la santé fait face à une lourde dette financière estimée à plus de Rs 2,2 milliards, englobant plusieurs dépenses accumulées au fil des années. Parmi celles-ci figurent notamment les vaccins contre le Covid-19 (Rs 575 millions), les Medical Disposals (Rs 440 millions), les traitements des patients à l’étranger (Rs 500 millions), ainsi que divers services liés à l’approvisionnement, à l’entretien des équipements, au nettoyage et au carburant. Les allocations pour les heures supplémentaires représentent à elles seules près de Rs 688 millions, soit une part significative de cette dette globale.
Toutefois, ces montants pourraient être largement sous-évalués. Des vérifications internes ont révélé que certaines réclamations, remontant jusqu’à 2015, n’ont toujours pas été réglées. Dans plusieurs cas, l’absence de documents justificatifs complique le traitement des dossiers, tandis que certains agents n’ont pas soumis leurs demandes, découragés par les retards de paiement.
À ce jour, les arriérés liés spécifiquement aux heures supplémentaires sont estimés à environ Rs 532 millions. Ils concernent un large éventail de professionnels du secteur de la santé, incluant le personnel médical (Rs 80,6 millions), les Attendant Hospital Services (Rs 24,5 millions) et le personnel infirmier (Rs 5,5 millions), ainsi que d’autres catégories telles que les ambulanciers, les techniciens, les agents de terrain, le personnel administratif et les services de soutien.
Malgré l’allocation de fonds additionnels en 2025 pour tenter de réduire ces dettes, les ressources disponibles se sont révélées insuffisantes pour apurer l’ensemble des réclamations. Entre-temps, de nouvelles demandes continuent d’être enregistrées, certaines concernant des prestations anciennes non encore déclarées.
En toile de fond, cette situation s’explique par les contraintes structurelles du système de santé. Le fonctionnement en continu des établissements hospitaliers et des centres de santé impose une mobilisation permanente du personnel, avec des services assurés 24 heures sur 24. La prise en charge des patients, qu’il s’agisse de soins d’urgence, de suivi en dialyse, de cardiologie, de gériatrie ou d’autres services spécialisés, exige une présence constante.
Cette pression est accentuée par une pénurie chronique de ressources humaines, liée notamment aux départs à la retraite, à l’attrition, à la migration de professionnels qualifiés et au manque de spécialistes dans certains domaines. Dans ce contexte, le recours aux heures supplémentaires devient souvent inévitable pour garantir la continuité des soins.
S’y ajoutent des interventions de santé publique urgentes, parfois menées en dehors des horaires normaux, qui contribuent à alourdir davantage la charge de travail et les coûts. Le règlement des heures supplémentaires se poursuit ainsi progressivement, en fonction des marges budgétaires disponibles, tandis que des réajustements financiers sont envisagés pour faire face à ces engagements.
Tous ces éléments de réponse ont été fournis par le ministre de la Santé, Anil Bachoo, au Parlement, suite à une interpellation du député Sandeep Prayag.

