Sur la côte sud-ouest du pays, où 278 opérateurs titulaires de licence organisent des sorties en mer, mobilisant plusieurs centaines d’embarcations de plaisance. Si l’observation des dauphins et des baleines ne suscite pas de contestation, la nage avec les dauphins continue de diviser.
Face aux dérives relevées dans l’encadrement des activités liées aux dauphins, la question de la nage avec ces mammifères marins reste posée. Interpellé à l’Assemblée nationale par Joanna Bérenger, le ministre du Tourisme, Richard Duval, indique qu’une décision sera arrêtée à l’issue des consultations en cours, dans un contexte où la protection de l’écosystème marin s’impose comme priorité.
D’un côté, les organisations non gouvernementales, notamment Ecosud et la Marine Megafauna Conservation Organisation (MMCO), réclament son interdiction. De l’autre, la La Federation of Pleasure Craft Operators , la FOPCO, défend le maintien de cette activité avec un cadre réglementaire assoupli.
Selon le ministre du tourisme, plusieurs manquements ont été relevés dans l’application des règlements actuels, ce qui justifie la révision du cadre légal. Un projet de règlement est déjà prêt et prévoit des obligations strictes pour les opérateurs. Mais face aux positions opposées, les autorités cherchent encore un terrain d’entente.
Il explique lors de la dernière réunion tenue le 10 mars, les parties concernées ont convenu que toute poursuite de ces activités devra s’appuyer sur un contrôle renforcé. Une unité d’intervention conjointe, regroupant la National Coast Guard, la Tourism Authority et la Fisheries Division, devrait ainsi être mise sur pied pour assurer une surveillance plus rigoureuse en mer.
Le ministère attend désormais des propositions concrètes en termes de moyens, équipements, personnel et technologies, notamment l’utilisation de drones. C’est sur cette base qu’une décision finale sera arrêtée quant au maintien ou non de la nage avec les dauphins.
Le ministre a insisté sur la nécessité de protéger les mammifères marins et de limiter les nuisances, tout en tenant compte de la réalité économique des opérateurs et des emplois qui en dépendent, dans un contexte déjà jugé difficile.
Le ministre du tourisme affirme que les discussions se poursuivent actuellement au sein de son ministère afin de finaliser les Terms of Reference de l’« Enforcement Squad », appelée à encadrer ces activités en mer. Une fois cette étape complétée, un document sera soumis au Conseil des ministres pour décision.
Selon les explications du ministre, le dossier reste sensible. Il revient sur un point central, d’un côté, une centaine d’opérateurs de plaisance défendent la poursuite de ces activités. De l’autre, les organisations non gouvernementales et certaines autorités en réclament l’interdiction, au nom de préoccupations environnementales. Le ministre insiste sur la nécessité d’agir avec prudence et de s’appuyer sur des données fiables avant de trancher.
La question de la protection des mammifères marins a également été soulevée. La nage illégale avec les baleines est pointée du doigt, alors que des scientifiques alertent sur la diminution de la population de cachalots résidents, estimée aujourd’hui à seulement 25 individus.
Face aux critiques sur les retards accumulés, le ministre met en avant un obstacle majeur, le financement. Il souligne que les institutions concernées, notamment la National Coast Guard, la Tourism Authority et la Fisheries Division, ne disposent pas des ressources nécessaires pour assurer une mise en œuvre efficace des mesures envisagées.
Selon lui, la concrétisation de ce projet dépend désormais du budget alloué par le ministère des Finances, condition jugée essentielle pour passer des discussions à l’action.

