« Domestic Violence is not a private matter but a crime » Propos de la ministre Arianne Navarre Marie ce mardi 14 avril lors de la Private Notice Question (PNQ). Elle affirme que dans environ un mois, le gouvernement prévoit d’abroger la loi existante sur la violence domestique et d’introduire un nouveau Domestic Abuse Bill.
Des amendements au Code pénal seront introduits concernant les cas de féminicide, désormais considérés comme une crise des droits humains à Maurice, et non comme des actes isolés.
« De janvier 2025 à ce jour, 10 cas de femmes tuées et 6 478 cas d’agressions liés à la violence domestique ont été enregistrés. Parmi ces 10 féminicides, 7 victimes avaient déjà signalé des menaces, du harcèlement ou des violences aux autorités, des cas actuellement sous enquête », précise-t-elle suite au question du leader de l’opposition, Joe Lesjongard.
Selon la ministre, le gouvernement prévoit d’abroger la loi existante sur la violence domestique et d’introduire un nouveau Domestic Abuse Bill visant à un élargissement significatif de la définition de la violence domestique. Désormais, celle-ci inclura les partenaires intimes ne vivant pas sous le même toit, ainsi que différentes formes d’abus : physique, sexuel, psychologique et financier. Une avancée qui reconnaît, par exemple, le contrôle économique comme une forme de violence à part entière.
Autre changement majeur : le signalement obligatoire. Les professionnels — enseignants, médecins, travailleurs sociaux auront désormais l’obligation légale de dénoncer tout cas suspect. Le texte introduit également des mesures d’urgence, notamment la possibilité pour la police d’émettre un Protection Notice en dehors des heures ouvrables, afin de sécuriser immédiatement les victimes, sans attendre une décision judiciaire.
Par ailleurs, les autorités souhaitent simplifier l’accès à la justice, permettre aux victimes de déposer plainte dans n’importe quel poste de police, et autoriser les officiers à les accompagner à leur domicile pour récupérer leurs effets personnels en toute sécurité entre autres.
Elle introduit également des programmes de réhabilitation obligatoires pour les agresseurs, avec l’objectif de réduire la récidive. « Il ne s’agit plus seulement de punir, mais de prévenir et de responsabiliser », a souligné la ministre.

