Le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyan Jaishankar ont inauguré, hier, la Renal Transplant Unit de l’hôpital Jawaharlal Nehru, à Rose-Belle. Cette unité, a affirmé le Premier ministre, s’insère dans une politique globale qui consiste à moderniser le système de santé. Au-delà des chiffres, a-t-il ajouté, elle permettra d’améliorer le quotidien des patients, qui n’auront plus à dépendre de la dialyse. Il a indiqué qu’il compte relancer le projet de don d’organes.
L’inauguration de cette unité de transplantation rénale, a ajouté Navin Ramgoolam, est une affirmation de l’engagement national envers la vie et la dignité : « C’est le symbole de la résilience et de l’espoir. » Il a fait ressortir que le diabète et l’hypertension constituent de lourdes charges. « Il y a plus de 200 000 personnes souffrant du diabète à Maurice et 1 600 en traitement de dialyse. Ce ne sont pas que des statistiques. Ce sont des mères, des pères, des fils, des filles, des grands-parents, qui doivent suivre des traitements à long terme », a-t-il fait ressortir.
D’autre part, Navin Ramgoolam a mis en exergue que par le passé, la dialyse n’était pas gratuite dans les hôpitaux. Il a fait état du cas d’une jeune fille de 16 ans, qui dans les années 90, est décédée faute de dialyse. « À cette époque, j’étais leader de l’opposition et j’avais demandé au ministre de la Santé, Régis Finette, si cette fille pouvait être envoyée à l’étranger pour des soins. Ce dernier voulait aider, mais le Premier ministre d’alors a refusé, disant que cela créerait un précédent. La jeune fille est décédée par la suite », dit-il.
Navin Ramgoolam affirme qu’il s’est fait un devoir d’introduire la dialyse gratuitement dans les hôpitaux, quand il est devenu Premier ministre : « Aujourd’hui, nos patients ont des traitements modernes ainsi que le transport. Ce n’est pas qu’une question de politique, c’est une question de dignité », ajoute-t-il.
Avec l’unité de transplantation rénale, le but est d’offrir des soins encore plus avancés à tous les Mauriciens. « Cette unité fait partie d’une démarche plus large pour des soins de santé moderne. L’accès aux soins vitaux doit être un droit à la disponibilité de tous les citoyens mauriciens et non seulement ceux qui peuvent payer », s’est-il appesanti.
Il a laissé entendre que cette nouvelle unité fait également partie d’une stratégie, visant à parvenir à des solutions à long terme et permettre aux patients de reprendre une vie active. « Au-delà de l’argent, un tel service permettra à un jeune parent de vivre sans avoir à dépendre de la dialyse trois fois par semaine et reprendre une activité professionnelle et à subvenir aux besoins de sa famille. Un patient âgé retrouvera son indépendance et sa joie de vivre. Ce sera un soulagement. Ce projet porte l’espoir et une approche humaine », estime-t-il.
Le Premier ministre a également remercié l’Inde pour la formation du personnel de santé – qui reviendra servir le pays. Il a mis l’accent sur des manquements en matière de soins médicaux aigus et a une nouvelle fois dit pouvoir compter sur la Grande Péninsule.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam a affirmé son intention de relancer le projet de don d’organe. « Il faut développer une culture de donneur. Un organe peut sauver une vie. C’est un sens de générosité. Il faut faire de la sensibilisation et je suis confiant de pouvoir renforcer la confiance du public », a-t-il déclaré.
Le centre de transplantation rénale ne sera pas accessible qu’aux Maurciens. Il s’agira d’un centre régional. Il a ainsi salué les efforts du personnel médical et s’est dit confiant que nous avançons vers un nouvel horizon, où la maladie ne définira pas la destinée et où les soins seront accessibles à tous.
En ces temps incertains, a-t-il réitéré, Maurice est sûre de pouvoir compter sur l’Inde pour l’approvisionnement en médicaments.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères indien, Subrahmanyan Jaishankar, s’est dit heureux d’être à Maurice pour cet événement. Il a énuméré une liste de collaborations entre les deux pays dans le domaine médical. Avec cette unité de transplantation, les patients mauriciens pourront bénéficier de soins à la maison. « C’est un espoir pour les patients. Ils recevront leurs traitements près de chez eux, cela coûtera moins cher et surtout, cela représente une deuxième chance dans la vie. Il faut s’assurer que chaque individu ait droit à des soins de qualité », fait-il valoir.
Il a lui aussi évoqué d’autres projets à venir, dont le nouveau SSRNH, l’hôpital Ayush et l’école vétérinaire. « Le Premier ministre, Narendra Modi, a dit que Maurice n’est pas seulement un partenaire, mais un membre de la famille. Nous partageons ce que nous avons avec la famille », renchérit ministre des Affaires étrangères indien.
Hormis la santé, l’Inde apporte sa contribution dans d’autres secteurs, a-t-il déclaré, en citant les logements sociaux, la formation de la police, le projet e-judiciary et la surveillance de notre zone maritime, entre autres. De même, il a annoncé le lancement prochain d’un satellite, développé conjointement, qui sera utilisé dans plusieurs domaines, allant de l’agriculture à la prévision météorologique.
De son côté, le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a remercié l’Inde pour sa générosité. Il a fait ressortir que les années suivant l’indépendance, alors que les Mauriciens n’avaient pas les moyens d’envoyer leurs enfants étudier la médecine en Europe, l’Inde a ouvert les portes de ses universités. Il a également abordé l’excellence indienne dans le domaine de la médecine.
Il a conclu en soulignant que cette unité de transplantation rénale ouvre un nouveau chapitre pour les patients mauriciens.

