Rodrigues – POST-COVID-19 : Le tourisme affiche la résilience

60 000 arrivées enregistrées, soit un taux de récupération de 75% par rapport à 2019

Le tourisme est un pilier essentiel de l’économie rodriguaise, mais la pandémie du Covid-19 aura mis le secteur à genoux. Les choses semblent cependant s’arranger depuis la réouverture des frontières, et la levée des restrictions sanitaires.

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Dès ses premiers pas, dans les années 1970, le secteur du tourisme à Rodrigues avait choisi de miser sur la proximité pour son développement. Une démarche qui s’est confirmée une décennie plus tard avec le concept de tourisme vert, mais aussi de gîtes et de tables d’hôte, avec un fort accent sur le tourisme chez l’habitant.

Au début des années 2000, soit à la veille de l’accession de Rodrigues au statut de région autonome au sein de la République, le rapport Tourism Development Plan for Rodrigues, avait été publié, lequel recommandait, entre autres, que Rodrigues développe un tourisme complémentaire à celui de Maurice et que l’île s’oriente vers un « tourisme nature », mettant ainsi en valeur son patrimoine naturel et culturel.

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En 2009, un autre rapport, appelé Sustainable and Integrated Plan for Rodrigues (SIDPR), introduisait le concept de développement durable, selon les Millenium Development Goals des Nations Unies. Un rapport qui n’aura cependant pas été implémenté de manière efficiente.

L’industrie touristique est certes devenue l’un des principaux piliers du développement de Rodrigues, mais elle est également extrêmement fragile et sensible. La crise économique de 2008-2010 l’avait d’ailleurs en son temps beaucoup affectée, mais sa résilience lui aura permis de rebondir. Depuis, le secteur a connu un développement exponentiel, passant d’environ 40 000 visiteurs en 2010 à plus de 78 000 en 2019. Jusqu’à ce qu’arrive le Covid-19, qui aura forcé l’industrie touristique à subir deux ans de disette, les frontières étant en effet fermées.

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En 2022, la présence du virus se fait moins pesante, et, grâce à la réouverture des frontières, sous l’impulsion d’un nouveau gouvernement régional, l’industrie touristique rodriguaise a rebondi, et ce, de manière relativement spectaculaire, compte tenu de la conjoncture. Le nombre d’arrivées pour l’année dernière est estimé à plus de 60 000, soit plus de 75% du nombre de visiteurs en 2019, juste avant le Covid. Une performance qualifiée par les acteurs du secteur de « plus qu’honorable ».

La pandémie, si elle a mis le tourisme à genoux, aura fait prendre conscience aux Rodriguais de leurs forces et leurs faiblesses, mais aussi de l’importance de conforter la pratique d’un tourisme de proximité et de renforcer l’implémentation du concept de développement durable, en intégrant bien entendu les bonnes pratiques.

Concernant l’aspect environnemental, l’énergie est d’ailleurs un sujet prioritaire. D’autant que le secteur touristique est l’un des plus gourmands en la matière, et que la fourniture électrique est toujours produite à base d’énergie fossile. Il est donc impératif, dit-on, d’enclencher un Plan Marshal afin que, d’ici les prochains cinq ans, l’industrie touristique rodriguaise ait entièrement migré vers le renouvelable. Ce qui est totalement réalisable, dit-on, l’île bénéficiant en effet d’un « taux d’ensoleillement exceptionnel ».

Avec la fin de la pandémie, l’accent doit également être mis sur un rehaussement du professionnalisme dans le secteur, dit-on encore, « surtout dans la qualité des services offerts ». Ce qui passe impérativement par une formation ciblée et spécifique des opérateurs. « Aujourd’hui, l’industrie touristique a grandement besoin de professionnels, tels que des managers, dans les domaines de l’administration générale, de la comptabilité, du marketing et des ressources humaines, pour assurer une bonne qualité de services aux clients », explique un opérateur du secteur.

D’autant que les visiteurs, eux aussi, sont devenus aujourd’hui plus exigeants, à commencer sur la question de la sécurité sanitaire. « Il faut donc assurer un haut niveau dans ce domaine. Mais il faut aller encore plus loin dans les produits offerts, à commencer par augmenter le confort des clients. C’est tout un programme de revoir et de restructurer cette industrie de proximité, qui intègrera le concept de développement durable. Et tout cela a un coût, et donc implique d’investir. »

La réussite de l’industrie passe cependant toutefois aussi par la collaboration de tous ses partenaires. « Les opérateurs, la société civile et les autorités politiques doivent absolument travailler ensemble pour que ce secteur soit la fierté de Rodrigues. »

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