En Avant Moris – Patrick Belcourt : « Beaucoup de volonté  à BB/RH, mais pas de vision à long terme »

Une centaine de postes vacants à la municipalité Il a confirmé avoir discuté avec l’ancien leader du MMM, Paul Bérenger, après sa démission

Patrick Belcourt, leader d’En Avant Moris, a dressé le bilan de sa première année comme conseiller à la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill. Il a reconnu qu’il y a une équipe qui travaille dur, mais qui manque malheureusement de vision.  Le parti a aussi analysé la situation dans le pays et les répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Patrick Belcourt a également affirmé s’être entretenu avec Paul Bérenger, après sa démission.

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« Même si nous sommes un nouveau parti, extraparlementaire, nous avons des idées et de la volonté pour apporter notre pierre à l’édifice. » C’est avec cet état d’esprit que Patrick Belcourt, élu en tête de liste du ward 2, aux dernières élections municipales, rejoint le conseil de Beau-Bassin/Rose-Hill. « Dans un premier temps, j’ai écouté, j’ai observé. Après un an, il est important de parler. Il y a une omerta autour des municipalités. Personne ne sait ce qui s’y passe », dit-il.
« Il y a une équipe qui est en train de travailler dur, mais il y a un manque de vision », fait-il comprendre. Il soulève d’abord un problème au niveau des ressources humaines. « Un vendredi soir, vers 19h30, un chauffeur de la municipalité est venu déposer une lettre chez moi. Je lui ai demandé pourquoi il venait à cette heure-ci et il m’a expliqué qu’il y avait un manque de personnel. »

Patrick Belcourt a affirmé que son premier réflexe a été de faire un constat des heures supplémentaires des employés. « J’ai ainsi constaté que la municipalité dépensait beaucoup d’argent en overtime, parce qu’il y a un manque de personnel. Il manque au moins 100 personnes, à différents postes, sur un staff de 500-600 personnes. Ceux qui sont là sont en train de travailler dur, ils sont épuisés », ajoute-t-il.

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Fustigeant le gouvernement pour avoir renvoyé des membres du personnel sans avoir recours à des recrutements, il avance qu’« une municipalité est un moteur de développement pour le pays. Si on ne peut régler des problèmes à ce niveau, comment va-t-on faire pour les régler sur le plan national ? »

Blocage et frustrations

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Abordant l’aspect sportif, culturel et les infrastructures de la ville, Patrick Belcourt déplore l’approche Fire Fighting. D’après lui, il faut s’attaquer aux problèmes à la racine. Il a cité en exemple, le marché de Rose-Hill, qui est une honte. « C’est infesté de rats et de cafards. Il y a un plan pour la reconstruction du marché. Il y a un budget de Rs 5 millions à Rs 7 millions, mais tout est bloqué. Pourquoi ? On ne peut non plus négliger le centre-ville, parce que ce n’est pas un Bank Vote. C’est la vitrine de la ville. Il y a une grande frustration chez les citoyens », dénonce-t-il.

« Mo disan bwi ler mo tande, ki inn rezerve pou bann artis ek bann sportif » , s’insurge Patrick Belcourt en prenant connaissance des dotations budgétaires de Rs 100 000 à Rs 150 000 pour la promotion de la culture et de Rs 200 000 pour le sport. « Je me suis mis debout et j’ai dit qu’il faut augmenter le budget à Rs 4 millions chacun. Ils m’ont demandé où on aura de l’argent et j’ai dit d’organiser des concerts. Tout le monde a voté pour. »
Le leader d’En Avant Moris maintient que ces deux secteurs sont des moteurs de développement dans la ville et qu’ils contribuent à l’économie. « Il ne faut pas seulement penser en termes de dépenses, mais aussi en termes de revenu. Il faut organiser des événements culturels et sportifs dans la ville, comme cela se faisait par le passé. Pourquoi faut-il aller au SVICC pour faire des concerts ? Ouvrez le stade de Rose-Hill ! Organisez des foires dans la cour du Plaza ! » estime-t-il.

Parlant de la situation sur le plan national, Patrick Belcourt a déclaré avoir parlé à Paul Bérenger, suite à sa démission comme Deputy Prime Minister et leader du MMM. « C’était une conversation amicale. Je l’ai appelé pour l’encourager pour la suite. Ce n’est pas agréable de voir un leader historique finir comme cela. Il n’y a rien de plus pour le moment », concède-t-il.

Il a ajouté qu’En Avant Moris n’est pas un parti fanatique et qu’il est ouvert pour des discussions avec tout le monde, comme cela a été le cas, avant les dernières élections générales. Il a fustigé d’autres membres du gouvernement, qui préfèrent rester tranquilles, contrairement à Paul Bérenger. « Où est M. Subron avec son Right to recall ? Aster-la apre 1 an so somey pe kase, li vinn dir pena reinion ? Bouze, koze… Sa ki apel sof ban ! »
Au chapitre de la hausse des prix des produits pétroliers, Patrick Belcourt a déploré le manque de proactivité et souligné l’impact sur les familles et les entreprises. Il s’est dit en faveur d’une baisse temporaire de la taxe. « Pe tir manze Morisien, me minis so kas pa pe bese. »

D’autres membres du parti se sont aussi exprimés sur la situation dans le pays. Nita Juddoo, la présidente de En Avant Moris, a estimé que les guéguerres politiques ont pris le dessus et que les citoyens ont été délaissés. Elle a fait ressortir que nos ressources humaines sont les richesses du pays, mais que les citoyens sont en train de crouler sous les coups de massue les uns après les autres.

Chimène Hope, secrétaire générale du parti, a déploré la situation de la drogue, qu’elle a qualifiée « d’urgence nationale ». Elle a estimé que la mise sur pied de la NADC est une bonne chose, mais qu’il faut lui donner les moyens d’accomplir son travail. Elle a également relevé l’état de violence dans le pays, et en particulier envers les femmes : « On ne peut accepter de retirer un Protection Order sans mener une enquête pour savoir si la victime est sujette à des menaces. »

Pour sa part, Arnaud Vacher a plaidé pour la mise sur pied d’une cellule de crise du tourisme, capable de réagir rapidement aux chocs externes. « Les chiffres dévoilés sont ceux de novembre-décembre-janvier. Nous allons bientôt entrer en hiver, que va-t-il se passer ? » s’est-il demandé. Il a également mis l’accent sur une nouvelle stratégie, avec des marchés ciblés en vue de rebooster la destination, devenue coûteuse.

 

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