JEAN ERIC WONG CHEONG
Il est demandé à la population de se serrer la ceinture en fermant le robinet de la consommation mais en laissant les fuites du bassin libérer des liquidités excédentaires via la création de la Mauritius Investment Corporation (MIC), de s’inscrire dans de nouvelles dettes nationales et des lignes de crédit pour financer l’industrie des contrats gouvernementaux.
Il existe plusieurs mesures pouvant être utilisées pour combattre l’inflation et la dépréciation de la roupie mauricienne, mais il est important de noter que la meilleure approche dépendra des circonstances spécifiques de l’économie mauricienne.
À court terme, la Bank of Mauritius (BOM) a déjà utilisé ses outils monétaires tels que
(1) augmenter les taux d’intérêt pour contrer l’inflation ; et
(2) intervenir sur le marché des changes pour acheter ou vendre des devises étrangères afin de réguler la valeur de la roupie.
Ce ne sera peut-être pas suffisant si nous ne freinons pas, en même temps:
(a) les dépenses publiques qui ne rapporteraient pas de revenus ;
(b) les gaspillages de fonds (sur médicaments périmés, contrats non délivrés, amendes et pénalités en dédommagement, etc.) qui ne sont pas récupérables, ni assurés.
Croyant éteindre les pressions sociales, les injections de subventions sociales, d’allocations et d’augmentations du salaire minimum et des retraites sont comme jeter de l’huile sur le feu.
Pourtant, dans le but de soulager la trésorerie des ménages quant aux home loans, sans pour autant pénaliser les banques, la BOM aurait pu mettre en place :
(1) une politique « d’Interest Only » pour les banques commerciales qui permettra aux emprunteurs de ne rembourser que les intérêts de leur prêt pendant une période donnée.
– Au même principe d' »Overdraft facilities » pour les riches
(2) Le « Flexi Loan » pour refinancer les sommes déjà remboursées, ou ajuster l’effet de levier sur la plus-value du bien, ou revoir l’échelle sur la durée.
– Sur les mêmes bases de la SBM il y a deux décennies.
À moyen terme,
il peut être utile de mettre en oeuvre des politiques économiques qui visent à accroître la productivité et la compétitivité de l’économie mauricienne.
Cela peut inclure des réformes structurelles pour améliorer l’environnement des affaires, des investissements dans l’éducation et la formation professionnelle, et des politiques qui favorisent l’innovation et l’entrepreneuriat.
(3) Pour encourager les épargnes et l’entraide familiale sans les exposer comme garants, les banques peuvent établir des « Offset Accounts » qui permettent aux clients d’utiliser l’épargne d’un proche pour réduire leur dette.
(4) Pour aider certaines entreprises à acquérir leurs biens, il est possible d’instituer un système de « Crédit Bail » qui permettra aux entreprises d’acquérir à terme, pour presque l’équivalent de leur loyer.
À long terme,
il est primordial de maintenir une économie ouverte et de renforcer les liens commerciaux avec les autres pays. Cela peut inclure la promotion des investissements étrangers directs, la participation aux accords commerciaux internationaux ainsi qu’à des organisations régionales et internationales.
Il est également important de maintenir une discipline budgétaire et une gestion macroéconomique solide pour assurer la stabilité économique à long terme.
Il est grand temps de démocratiser l’accès aux finances :
(5) de permettre aux banques de faire le pont intermédiaire avec les « venture capitalists » pour avoir plus de capitaux pour les startup ;
(6) de démocratiser l’écosystème financier et la culture de marché financier avec une université de la fintech.
Bref, pouvons-nous encore oser avoir de la vision d’ensemble dans une économie ambitieuse ?

