Changement climatique : la Standard Chartered Bank se penche sur le développement durable

  • Des lacunes sur le plan des données freinent les efforts sur le plan local

La Standard Chartered Bank a pris l’initiative d’organiser une Panel Discussion sur le thème Climate Change Impact and Vulnerability of Africa and Small-Island-Nations – how the Mauritius IFC can facilitate Transition Financing. Plusieurs intervenants ont mis l’accent sur le problème de données qui empêche le pays d’avancer sur la voie de la lutte contre les effets du changement climatique et le développement durable.

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Le Chief Executive Officer (CEO) de Standard Chartered, Anwar Abrar, a expliqué d’emblée qu’atteindre l’objectif de zéro émission nette requiert des efforts à tous les niveaux, et que Maurice, en tant que porte d’entrée vers l’Afrique, a une carte à jouer dans la levée de fonds pour un développement en ligne avec la protection de l’environnement. Neetyanand Kowlessur, Head of Climate Change Centre à la Banque de Maurice, a parlé de ce centre, visant à promouvoir la finance durable, sachant que des milliards de roupies seront nécessaires pour lutter contre le changement climatique à Maurice.
Évoquant l’objectif Net Zero pour les banques, il s’est demandé : « How to have net zero without good data? Sans ces données, on ne peut faire un bon état des lieux et une analyse adéquate de la situation actuelle en termes d’émissions, ni savoir où on veut aller. C’est une Big Issue. » Et ce, d’autant que pour le moment, les compagnies ne sont pas forcées de Disclose leur volume d’émission.

Pas assez de données

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Toutefois, Neetyanand Kowlessur a évoqué les Climate Related Guidelines émises en avril 2022 par la Banque de Maurice, et qui ont permis de sensibiliser les institutions bancaires sur la nécessité de prendre en compte les risques climatiques dans leur fonctionnement et de l’importance de développer un Risk Management Framework concernant tous les aspects de leurs opérations.

Depuis la publication de ces Guidelines, la banque centrale a fait une évaluation, et Neetyanand Kowlessur déclare que les banques « ne disposent pas de suffisamment de données » et que cela constitue un énorme défi pour les prochaines années. « Peut-être que pour avancer, les banques internationales présentes à Maurice pourraient proposer ce qu’elles ont déjà fait dans d’autres juridictions à ce niveau », dit-il.

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Amanda Serumaga, représentante du PNUD pour Maurice et les Seychelles, a parlé en toute franchise, soulignant que certaines choses créent de l’inertie, à commencer par la perception du risque ainsi que l’absence de données. « Le défi est de transformer les données en connaissance, et nous travaillons avec Statistics Mauritius dessus. But there are a lot of old fashion ways  of aggregating and sourcing data », lâche-t-elle, plaidant pour la digitalisation de tout l’écosystème de données, car « there is not enough granular knowledge ».

Amanda Serumaga est d’avis que le pays regarde dans la bonne direction et qu’il y a du potentiel, tout en précisant que « we need to address the inertia and the lack of knowledge ».

Les banques pointées du doigt

Elle met le doigt sur un autre problème dans la lutte contre les effets du changement climatique, expliquant qu’il y a deux ans, le PNUD avait signé un accord avec gouvernement mauricien pour encourager le déploiement de voitures électriques dans le pays, dans le but de Phase Out les véhicules fonctionnant aux énergies fossiles.

« The biggest hurdle that we have encountered is that we have not been able to get any bank – except a couple of small ones –  to agree to host the facility of concessional finance. » Des propos qu’elle a tenus en présence de plusieurs banquiers dans la salle. « We provided the facility, we have put a certain amount of money that will help to convert the transport sector but we can’t get people to help us finance the charging stations. »

Issam Sarkis, Chief Finance Officer d’Aspen Global (Mauritius), est intervenu pendant les discussions pour dire que l’impact de l’industrie pharmaceutique sur les émissions de gaz à effet de serre est très minime, alors que le secteur touristique, par exemple, compte pour 8% des émissions, contre 4,5% pour le secteur pharmaceutique. Il explique cependant qu’avec les effets du changement climatique, le secteur est confronté à de nouveaux défis, avec davantage de maladies qui voient le jour et qui nécessitent des traitements. « There are definitely more diseases and more conditions that are appearing as a consequence of climate change, respiratory diseases, allergies, cancers, etc, sothe pharma industry has to find cures, but in doing so, it is part of the problem », fait-il comprendre.

« Pharma sector is very regulated industry, but quality comes at a cost ». Avec de nombreux tests poussés à faire pour assurer la qualité des médicaments, la diminution des déchets et le besoin de bouger vers des pratiques durables, il faut donc trouver l’équilibre entre qualité et déchets. Il a rappelé que le Covid a généré pas moins de six milliards de tests PCR transformés en déchets.

Durant les sept dernières années, dit-il, l’industrie pharmaceutique a réduit de 15% ses émissions de Scope 2, ajoutant qu’Aspen parvient à recycler 86% de ses déchets. Le groupe a ainsi réduit de 50% ses besoins en termes de transport sur les cinq dernières années en maximisant les ressources : « On double le volume de produits qu’on envoie dans un seul conteneur. »

Marisa Drew, Group Chief Sustainability Officer de la Standard Chartered Bank, a participé à cette conférence. L’occasion pour elle d’évoquer la Transition Finance et d’expliquer que concernant le développement durable, « we must embrace it collectively and move away from old practices that are not sustainable ».

Elle a aussi insisté sur le fait que « every industry has to transition », même celles avec peu d’émissions de gaz à effet de serre. Elle a par conséquent invité les entreprises à revoir leurs opérations afin d’évoluer vers des pratiques plus saines et respectueuses de l’environnement, que ce soit au niveau de l’emballage des produits ou des produits chimiques utilisés. Marisa Drew a également parlé de la nécessité d’impliquer et d’aider les clients dans cette phase de transition. Il faut s’assurer que ces derniers soient partie prenante de cette transition, sinon les efforts resteront vains, pense-t-elle.

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