PMQT – SBM : Rs 14,3 milliards de Toxic Loans rayés en 10 ans

 

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NMC Healthcare, Pabari et Renish Petrochem FZE se taillent la part du lion, avec Rs 9 milliards sur le montant total de Rs 14,3 milliards

Prêt de Rs 1,4 milliard à Dhyanavartam Ltd (Maradiva Villas Resort & Spa, dont Rs 470 millions à la veille des dernières élections générales

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De 2014 à 2024 sous le précédent gouvernement, la State Bank of Mauritius (SBM) a essuyé des pertes de Rs 1,3 milliard par an, soit un total de Rs 14,3 milliards – qui ont été subséquemment Written Off. C’est ce qu’a révélé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, répondant à une interpellation parlementaire de Roshan Jhummun. Il a donné la garantie que les profiteurs de cette situation ne resteront pas impunis.
Le Premier ministre a indiqué que la SBM Holdings fait partie du SBM Group, qui comprend aussi la banque. Il s’agit d’une société publique à responsabilité limitée par actions, cotée à la Bourse de Maurice. Le gouvernement détient une participation de 4,92 % dans SBM Holdings Ltd, évaluée à Rs 987 millions.
De 2014 à 2024, la société a cumulé des pertes d’environ Rs 14,3 milliards, contre seulement Rs 1,12 milliard pour la précédente période 2004 à 2013. En moyenne, pour la période 2014 à 2024, la banque a enregistré Rs 1,3 milliard de perte par an, contre une moyenne annuelle de Rs 100 millions, pour la période 2004 à 2013.
« Cela représente une augmentation de plus de dix fois, reflétant clairement un mépris total des principes bancaires de base, ainsi qu’une défaillance complète dans l’efficacité du suivi des actifs, de la gestion des risques et des contrôles internes durant cette période. Il ne s’agit pas d’une défaillance systémique, mais d’une action délibérée visant à dilapider les actifs de la banque », s’insurge le Premier ministre.
Navin Ramgoolam s’est ainsi demandé pourquoi la banque a été soumise à un sort aussi « désastreux ». Il a ajouté qu’il y a peu, il a aussi donné des détails sur le pillage survenu à la Silver Bank.  De même, la situation à la Development Bank of Mauritius où des « centaines de millions ont été accordés à des proches de l’ancien régime sans garanties », a aussi été évoquée.
Il a précisé que ces Rs 14,34 milliards Written Off  par la SBM s’inscrivent dans la même logique observée dans d’autres institutions bancaires sous l’ancien régime, qu’il a qualifié de kleptocratique. De même, a ajouté Navin Ramgoolam, « durant leurs dix années au pouvoir, ils n’ont reculé devant rien pour piller les actifs de diverses banques, tandis que leurs protégés à la banque centrale fermaient les yeux devant ce cas évident de Daylight Robbery. »
Ce qui a grandement affecté la banque et sa base de capital érodée. « Cela s’ajoute à la longue liste de scandales sous l’ancien régime, impliquant d’importants prêts accordés à de grandes entreprises sans examen rigoureux, ni diligence raisonnable. Fait surprenant, ces prêts ont été accordés sans garanties suffisantes, et dans certains cas sans aucune garantie », rajoute-t-il.
Il a mentionné le cas du prêt de Rs 1,4 milliard, accordé à Dhyanavartam Ltd, exploitant du Maradiva Villas Resort & Spa, à une époque où la société du tandem Ramdenee/Jugnauth, rencontrait déjà des difficultés financières. Cela inclut une facilité d’environ Rs 470 millions, à Dhyanavartam Ltd, en 2024, à la veille des élections générales, malgré le fait que le comité de crédit de l’époque n’avait pas approuvé le prêt. « Il est allégué que cette décision a été imposée par le directeur général de la banque de l’époque, Premchand Mungur. Cette affaire fait actuellement l’objet d’une enquête par la FCC », fait-il valoir.
Par ailleurs, Navin Ramgoolam a ajouté que sur la période 2014 à 2024, il y avait une forte prévalence de prêts douteux. Trois entités à elles seules ont suffi à « éroder le capital de la banque au point de nécessiter une nouvelle injection de capital ». Les prêts totaux accordés à ces trois entreprises étrangères, à savoir NMC Healthcare, le groupe Pabari et Renish Petrochem FZE, sans garanties suffisantes ou sans garanties tangibles, se sont élevés à Rs 9 milliards sur le total de Rs 14,3 milliards. « Cela représente les deux tiers des Toxic Loans pour cette période », indique-t-il.
Le Premier ministre a mis en avant que ces prêts ont généré des effets néfastes sur les profits de SBM Holdings. En 2019, SBM Holdings avait enregistré un bénéfice dérisoire de seulement Rs 15 millions, contre Rs 2,7 milliards, en 2013. Il s’agit d’un niveau historiquement bas, a-t-il dit, avançant « voilà ce que le gouvernement MSM a fait à la SBM avec le soutien de ses complices de la Banque de Maurice. »
La situation à la SBM s’est améliorée et la banque a fait preuve de résilience malgré les actions scandaleuses passées, a ajouté Navin Ramgoolam. Il a donné la garantie que ce qui s’est produit à la SBM ne demeurera pas impuni. « Des enquêtes internes sont déjà en cours. Une équipe spéciale dédiée a été mise en place le 23 mars 2026 et des enquêteurs spécialisés sont en cours de recrutement. Il est reconnu que, sur le plan du recouvrement, la tâche peut s’avérer difficile en l’absence de garanties tangibles. »
L’accent est mis non seulement sur les parties externes, mais aussi sur l’identification des personnes au sein de la banque, ayant contribué ou facilité ces transactions. « Même celles qui ne sont plus employées par la banque ne seront pas épargnées », devait-il marteler.
De même, a-t-il déclaré, la nomination de consultants externes pour assister les efforts de recouvrement et d’enquête a été approuvée par le conseil en décembre 2025. Le Premier ministre a cité plusieurs mesures prises par la banque pour recouvrer les montants dus, soit la réalisation des garanties et sûretés; l’engagement de procédures judiciaires contre les emprunteurs défaillants, tant sur les plans local qu’international ; et la mise en œuvre de mécanismes de recouvrement et de restructuration, le cas échéant.
Le Premier ministre a donné la garantie que toutes les voies sont explorées pour recouvrer les sommes dues.
De 2014 à 2019, les décisions de crédit étaient prises par un Board Credit Committee. Les présidents de ce comité étaient : Muni Krishna Reddy (janvier à décembre 2014); Nayen Kumar Ballah (janvier 2015 à décembre 2017); (c) Mahmadally Burkutoola, janvier 2017 à mars 2019); Rajakrishna Chellapermal (mars à décembre 2019).
À compter de 2020, la responsabilité des décisions de crédit a été confiée au Management Credit Forum. Les présidents de cette instance pour la période 2020 à 2024 étaient : Jorge Stock (janvier 2020 à juin 2021); Anoop Nilamber (juillet 2021 à janvier 2023); Sanjaye Rawoteea (février à octobre 2023); et Premchand Mungur (novembre 2023 à décembre 2024).
Le Premier ministre a précisé que ces instances étaient supervisées par le responsable du crédit de la Banque, chargé d’évaluer et de formuler des recommandations sur les demandes de prêt. Ce poste a été occupé par Pauline Seyave (janvier 2014 à juillet 2016); Véronique Lim Hoye Yee (septembre 2016 à août 2021); Darmen Hurkoo (septembre 2021 à décembre 2022); Rajnish Lutchmah (janvier à décembre 2023); et Véronique Lim Hoye Yee – M. Rajnish Lutchmah (janvier à décembre 2024).
Par ailleurs, le conseil d’administration a la responsabilité de préserver les actifs de la banque et de protéger les dépôts de ses clients. Cela implique d’assurer des opérations bancaires saines, un leadership efficace, ainsi qu’un contrôle global de ses activités, incluant une gestion rigoureuse des risques et un suivi financier adéquat. Le conseil est donc responsable de minimiser les pertes de crédit et les radiations, ainsi que de mettre en œuvre les mesures de recouvrement appropriées. « Force est de constater que les administrateurs ont gravement failli à leurs obligations fiduciaires », a déploré le Premier ministre.
D’autre part, a-t-il fait ressortir : « lorsque nous relions les éléments, il apparaît clairement que ces expositions toxiques ne sont pas des incidents isolés, mais le résultat d’un schéma de mauvaises décisions de crédit, d’un manque de contrôle et d’une supervision insuffisante sur plusieurs années sous l’ancien gouvernement. »
Le chef du gouvernement revient sur le fait que le gouvernement ne tolérera aucune forme de mauvaise gestion qui porterait atteinte à la confiance du public ou compromettrait l’intégrité du système financier. « Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, ces crimes ne resteront pas impunis », devait conclure Navin Ramgoolam.

 

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