Océan Indien -Gestion conjointe Maurice-Seychelles : Plateau des Mascareignes possible présence d’hydrocarbures

Des études géotechniques seront bientôt menées dans le plateau continental des Mascareignes, cogéré par Maurice et les Seychelles. Répondant à une interpellation supplémentaire du député Kushal Lobine, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a déclaré que cet espace pourrait renfermer des hydrocarbures. Toute exploration se fera dans le respect de l’environnement, a-t-il tenu à préciser.
Le Premier ministre a déclaré qu’après les élections de 2010, il a pris connaissance d’un litige entre les Seychelles et Maurice, portant sur les 396 000 km2 du plateau continental des Mascareignes.  Il était question de se tourner vers les Nations Unies en vue de résoudre ce conflit.
« J’ai décidé d’appeler le président des Seychelles d’alors, James Michel, lui demandant d’éviter ce recours aux Nations unies, étant donné que nous sommes deux pays voisins et amis. Cela aurait pris environ 10 ans à résoudre. Il était d’accord avec moi et a suggéré la mise sur pied d’une commission conjointe sur la question. Une Commission on the limits of the Continental Shelf », dit-il.
Navin Ramgoolam a précisé que cette initiative avait été très appréciée du secrétaire général de l’ONU. « C’était unique. Deux pays ont décidé de ne pas solliciter les Nations unies, mais de régler le problème entre eux », poursuit-il. En mars 2011, la Commission des Nations Unies des limites du plateau continental a conféré à Maurice et aux Seychelles une juridiction conjointe d’une superficie de 396 000 kilomètres carrés du plateau continental des Mascareignes. Un an plus tard, les deux pays ont signé un traité pour la gestion conjointe de cet espace maritime.
Ils ont également décidé d’appliquer des droits souverains conjoints pour l’exploitation des ressources naturelles du plateau. Navin Ramgoolam a relevé le fait que cette cogestion est un exemple remarquable en matière de coopération internationale constructive. Il a indiqué qu’il y a eu des discussions à ce sujet lors de la récente visite d’État du président des Seychelles, Patrick Herminie. Les deux pays ont réitéré leurs engagements pour un développement durable et une gestion saine du plateau continental. Cela, en lien avec les principes de responsabilités partagées et de bénéfices mutuels. Une déclaration solennelle à ce sujet, a d’ailleurs été faite, au cours de la visite présidentielle.
Les décisions reflètent un choix politique délibéré des deux pays pour une utilisation des ressources de cette zone de manière responsable, durable et dans le respect des lois internationales. Cette déclaration a rendu opérationnel le traité de 2012. Toute exploration des ressources naturelles se fera dans le respect de l’environnement. « Elle affirme notre engagement envers la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, la Convention de Nairobi et l’agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable, particulièrement l’ODD 14 », devait-il faire ressortir.
Cette déclaration consolide davantage le cadre légal et institutionnel que la commission conjointe pour la cogestion avait établi. Cela comprend une série de codes juridiques élaborés suivant la signature du traité, soit l’Environment Code of Practice, le Model Petroleum Agreement, l’Offshore Petroleum Safety Order, le Joint Fiscal and Taxation Code et le Marine Scientific Research Code.
Au cours de la dernière réunion de la commission conjointe, des progrès ont été notés. Il y a une exploration durable pour la pêche des concombres de mer, le potentiel des projets de crédits carbones, le Joint Management Area Information System, l’Oil Spill Contingency Plan, le contrôle de suivi et de surveillance, des études géotechniques et sismiques, Monaco Indian Ocean Explorations 2022, l’internalisation du code de la zone de gestion conjointe, progrès sur le plan stratégique 2023-27.
Le gouvernement se dit prêt à engager des discussions sur des études géotechniques plus poussées. Ce qui est essentiel, a-t-il précisé, pour une meilleure compréhension scientifique du Sea Belt et de ses ressources. Les deux pays finalisent les modalités pour ces études, avec la compagnie CGG Veridien, basée en Grande-Bretagne. Ces activités de prospection se feront dans le respect des garanties environnementales. Cela, afin de préserver l’intégrité écologique du plateau des Mascareignes.
Les deux pays ont la responsabilité d’une gestion responsable des ressources de ce plateau, en adoptant un équilibre entre les opportunités économiques et l’écologie. La récente visite d’État a consolidé cet engagement et la collaboration.
À une interpellation supplémentaire, Kushal Lobine a demandé au Premier ministre, des indications au sujet de la présence d’hydrocarbures sur le Plateau des Mascareignes et s’il y avait un rapport préliminaire à ce sujet, suite à l’accord de 2014. Navin Ramgoolam a répondu que les Seychelles ont déjà commencé des investigations et il y a des indications qu’il pourrait y avoir des hydrocarbures.

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