AFFAIRES SOBRINHO ET SILVER BANK : Ramgoolam évoque des décisions controversées

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a tout d’abord affirmé que son gouvernement est pleinement engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer l’efficacité de notre système dans la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. « Nous ne nous sommes ménagé aucun effort pour veiller à ce que Maurice ne se retrouve plus sur la liste grise du GAFI. Un retour sur cette liste aurait des conséquences très néfastes pour notre secteur des services financiers et pour l’économie dans son ensemble. Nous avons agi avec détermination en mettant en œuvre un ensemble complet de mesures afin d’assurer notre pleine préparation au prochain exercice d’évaluation mutuelle », a-t-il dit.

- Publicité -

La Chambre, ajoute-t-il, « se souviendra également avec dégoût des révélations choquantes des “Moustas Leaks” sur le fonctionnement interne d’un régime autocratique et immoral ». Le Premier ministre ajoutant qu’ils « sont même allés jusqu’à diffamer » la Vierge Marie. « Je souhaite rafraîchir la mémoire de ceux qui semblent souffrir d’amnésie sélective, en particulier ceux qui tentent désespérément de revenir sur la scène politique. Je parle de l’affaire Álvaro Sobrinho, qui a bénéficié d’un traitement de faveur à Maurice, avec un accès au salon VIP à 31 reprises. »

Navin Ramgoolam poursuit : « En 2015, M. Sobrinho a obtenu une licence Global Business Catégorie 1 ainsi qu’une autorisation d’opérer un système d’investissement collectif, le tout délivré par la FSC, alors présidée par feu Dev Manraj. En 2016, il a également obtenu une licence d’investissement sans restriction et une licence de banque d’investissement de cette même FSC. » Comment un exercice de Due Diligence a-t-il été effectuée sur Alvaro Sobrinho ?, demande-t-il. « Par simple contact visuel. Je cite l’ancien vice-Premier ministre Ivan Collendavelloo, qui a déclaré : Après avoir regardé dans les yeux de M. Sobrinho, je peux dire que ce dernier est crédible. »

- Publicité -

Alvaro Sobrinho, dit-il, a obtenu une licence bancaire d’investissement après le transfert de cette compétence de la Banque de Maurice vers la FSC. « Il est important de comprendre dans quelles circonstances ces amendements ont été effectués. Je vais vous le dire : parce que le gouverneur de la Banque de Maurice de l’époque, Basant Roi, a catégoriquement refusé d’accorder une licence bancaire d’investissement à M. Sobrinho, malgré les pressions exercées sur lui. Par la suite, la Banking Act a été modifiée à la hâte afin d’exclure les activités de banque d’investissement de la définition d’une banque, de sorte que seule la FSC puisse réguler ces activités. »

L’affaire Sobrinho implique des transactions douteuses, des investissements à hauteur de Rs 52 millions et l’achat de voitures de luxe pour plusieurs millions, rappelle-t-il. « Le même M. Sobrinho a été autorisé à acquérir 131 villas et appartements d’une valeur de plus de Rs 1 milliard à Balaclava. Si vous examinez la liste, vous verrez qui sont les bénéficiaires. Ils devront s’expliquer. Cela viendra, je peux vous l’assurer », a prévenu le chef du gouvernement.

- Advertisement -

Il est ensuite revenu sur le scandale de la Silver Bank. « Permettez-moi de mentionner les circonstances troublantes dans lesquelles une licence bancaire a été accordée à la Silver Bank. Qui a recommandé à M. Gupta de reprendre la Banyan Tree Bank ? Il existait des raisons sérieuses de croire que le capital de la Silver Bank était potentiellement compromis, c’est-à-dire que ses dirigeants auraient pu être impliqués dans des pratiques contraires aux intérêts des déposants. » Ainsi, selon lui, la Silver Bank n’avait absolument aucun historique, de même que ses bénéficiaires effectifs n’avaient « aucune expérience bancaire », dit-il. « Cette banque, actuellement sous enquête de la FSC, a trompé des milliers de Mauriciens. C’est incroyable ! » poursuit le Premier ministre.

« Une circulaire avait été émise par le précédent régime demandant aux entités publiques d’investir leurs excédents de trésorerie dans des bons du Trésor, jugés plus sûrs. Pourtant, ce même ministère des Finances a ensuite délibérément, pour donner une image trompeuse de solidité financière, émis une circulaire incitant ces mêmes entités – les conseils municipaux, le Sugar Insurance Fund et la National Insurance Company, entre autres – à investir un total de Rs 3,5 milliards dans la Silver Bank. » Aussi, dit le Premier ministre, cette décision d’investir une telle somme « dans une banque aussi fragile » relève « d’une incompétence flagrante, frôlant l’infraction criminelle ». Il poursuit : « Ils ont le devoir de protéger les fonds publics. (…) Se bann kriminel ki pran lamone lepep pour investir dans une banque vouée à disparaître. »

Navin Ramgoolam continue : « Des garanties fictives et une gestion imprudente des remboursements de prêts ont contribué à la toxicité du portefeuille de prêts de la Silver Bank. Cette banque a été placée sous administration en février 2024. Des frais mensuels de Rs 3,5 millions étaient versés à Grant Thornton Advisory Services, dont le directeur était un proche de l’ancien Premier ministre. À l’extérieur, il menait une campagne contre les musulmans, alors que son proche collaborateur était Sattar Hajee Abdoula. »

Au cours de ce processus, plusieurs investisseurs potentiels ont manifesté leur intérêt pour acquérir la Silver Bank, mais ils ont disparu un à un, dit-il. « Un seul investisseur a soumis une offre, souhaitant reprendre la banque sans ses dettes. Le conseil d’administration de la Banque de Maurice a décidé, le 30 mars, de mettre fin à l’administration de la Silver Bank. KPMG Mauritius a désormais été nommé administrateur judiciaire de la Silver Bank », confirme-t-il.

EN CONTINU
éditions numériques