Plaine-Verte | Pétition à renommer le Jardin Coco – KRAK : pour un Jardin Ratsitatane,  prince malgache décapité en 1822

À l’occasion de la Ratsitatane Remembrance Day, observée le 15 avril, le Kolektif Reparasyon Avansman Kreol (KRAK) a soumis une pétition à la municipalité de Port-Louis. Il demande que le Jardin Coco, à Plaine-Verte, à proximité du lieu où le prince malgache Ratsitatane avait été détenu avant d’être décapité en 1822, soit renommé après lui. Cette démarche s’inscrit dans une quête de réparation par le biais de la commémoration.

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Le 15 avril marque l’anniversaire de l’exécution du prince malgache Ratsitatane, par l’autorité coloniale, en 1822. À cette occasion, KRAK – qui œuvre pour la promotion de la justice réparatrice des séquelles de l’esclavage – a soumis une pétition au conseil municipal de Port-Louis, réclamant que le Jardin Coco, à Plaine-Verte, soit renommé Jardin Ratsitatane.

Le collectif demande également l’autorisation d’ériger un monument commémoratif à cet endroit en hommage au prince malgache et combattant de la liberté, Ratsitatane. Dans sa lettre accompagnant la pétition, KRAK précise que cette démarche s’appuie sur les recommandations de la Commission Vérité et Justice de 2011. À savoir, rétablir la justice historique, commémorer comme forme de réparation et promouvoir la cohésion sociale nationale.

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Sur le premier point, la Commission Vérité et Justice avait dénoncé une « parodie de justice », après avoir minutieusement examiné le procès de 1822. Le rapport mentionne que le gouverneur Farquhar est intervenu personnellement afin d’obtenir l’exécution de Ratsitatane à des fins politiques. KRAK souligne que la Commission a recommandé une révision formelle des procès historiques liés à la traite des esclaves et aux rébellions, citant explicitement le cas de Ratsitatane comme nécessitant une « rectification du dossier historique et juridique », afin de reconnaître la nature politique de sa lutte.

Sur le point de la commémoration comme réparation, la Commission Vérité et Justice met en avant le « devoir de mémoire » de la République de Maurice envers les victimes du colonialisme, tout en recommandant la mise en place de « mémoriaux et de monuments », dans les espaces publics clés afin de célébrer les figures de résistance. « Le Jardin Coco, situé près du bagne où le prince Ratsitatane fut détenu avant son exécution, constitue le site idéal pour cet hommage », avance le collectif.

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En ce qui concerne la cohésion sociale nationale, la Commission Vérité et Justice identifie le renommage des espaces publics comme essentiel à la « réalisation de la justice sociale et de l’unité nationale ». KRAK estime qu’en approuvant cette pétition, le conseil municipal de Port-Louis s’acquitte de son obligation au niveau local de mettre en œuvre la vision nationale de la CVJ en matière de justice réparatrice.

KRAK met en exergue également le contexte de cette demande, avec la récente déclaration de l’Assemblée des Nations Unies qualifiant l’esclavage de « crime le plus grave contre l’humanité » et l’obligation subséquente de réparation. Renommer le Jardin Coco en Jardin Ratsitatane serait un pas dans cette direction, estime le collectif. « Ce renommage accompagné d’un monument commémoratif, constitue une restitution symbolique essentielle. Cette initiative vise à réinvestir un espace hérité du colonialisme afin de favoriser la réconciliation nationale et de renforcer nos liens historiques avec Madagascar », précise KRAK.

Le collectif dit s’engager à collaborer pleinement avec la municipalité afin que l’installation de ce monument commémoratif se fasse dans le respect de l’environnement. « En cet anniversaire de l’exécution du prince Ratsitatane, nous appelons le conseil municipal de Port-Louis à se souvenir de l’histoire de ceux qui ont bâti notre capitale et lutté pour sa libération. Nous exhortons le conseil à soutenir cette initiative et à accorder au prince malgache et combattant de la liberté la place qui lui revient au cœur de notre capitale », conclut KRAK.

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