2e trimestre : rentrée des classes – Au calendrier : Téléphones portables et Blueprint sur la réforme

Les vacances du premier trimestre étant terminées, écoliers et collégiens feront leur retour en classe demain. Synonyme de continuité dans le programme, ce deuxième trimestre du calendrier scolaire débutant ce lundi matin sera marqué par deux événements majeurs. D’abord, l’entrée en vigueur de l’interdiction officielle de l’usage du téléphone portable en milieu scolaire. Ensuite, la présentation au Conseil des ministres du Blueprint sur la réforme du secteur éducatif liée à l’admission au secondaire.

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C’est dans les semaines à venir que les téléphones portables devraient disparaître des salles de classe mauriciennes. À ce jour, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone portable pendant les heures de cours, ni même durant les pauses. Cependant, en l’absence d’un texte de loi spécifique à ce sujet, cette interdiction repose surtout sur les règlements internes des établissements et demeure difficile à appliquer de manière uniforme d’une école à l’autre.  La mesure attendue, qui fait régulièrement débat, avait été longuement abordée lors d’un atelier de travail lancé par le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, en mars dernier. Des acteurs du secteur éducatif, réunis autour du thème « Use of Mobile Phones in Schools » à Réduit, ont discuté des différentes dimensions qu’implique l’interdiction de l’usage du téléphone portable à l’école.

Les nouveaux règlements visant à encadrer strictement l’usage des appareils mobiles dans les établissements scolaires s’appuient sur l’Education (Control and use of personal mobile devices in school premises) Regulations 2026, élaborée en collaboration avec le bureau de l’Attorney General. Cependant, le texte doit encore passer par plusieurs étapes avant son entrée en vigueur, notamment l’examen et la validation du State Law Office, l’approbation du Conseil des ministres et sa publication dans la Government Gazette.

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L’entrée en vigueur de cette mesure concernerait aussi bien les établissements publics que privés et subventionnés. Dans les faits, les élèves ne pourront plus utiliser leur téléphone portable dans l’enceinte de l’école, sauf dans des cas précis. Ayant pris les devants depuis 2025, le Curepipe College interdit déjà le portable à l’école.

L’objectif affiché par les autorités est de réduire les distractions en classe, mais aussi de lutter contre certains phénomènes devenus préoccupants : cyberharcèlement, diffusion de vidéos violentes, tricherie pendant les examens, usage excessif des réseaux sociaux et perte de concentration. Depuis plusieurs années, les enseignants se plaignent de plus en plus de voir les téléphones perturber les cours. Certains élèves utilisent discrètement leur appareil pour envoyer des messages, regarder des vidéos ou naviguer sur les réseaux sociaux pendant les heures de classe. D’autres s’en servent pour filmer leurs camarades ou leurs professeurs à leur insu.
Exceptions
Les nouvelles règles devraient, toutefois, prévoir certaines exceptions. Les téléphones pourront être autorisés dans un cadre pédagogique précis, par exemple lorsqu’un enseignant souhaite utiliser une application éducative ou demander aux élèves de faire une recherche en ligne. Des dérogations pourraient aussi être accordées pour des raisons médicales ou en cas d’urgence familiale. Le dispositif envisagé s’accompagnerait de sanctions progressives. En cas de première infraction, le téléphone pourrait être confisqué et les parents avertis. Si l’élève récidive, une suspension temporaire pourrait être envisagée.

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La réforme ne fait pas l’unanimité. Certains parents estiment qu’un téléphone reste indispensable pour pouvoir joindre leur enfant en cas de problème ou d’imprévu. D’autres considèrent, au contraire, que les appareils sont devenus une source de distraction permanente et qu’ils nuisent aux résultats scolaires. Chez les enseignants, de même, le débat existe. Certains soutiennent pleinement l’interdiction, affirmant qu’elle permettra de rétablir davantage de discipline dans les classes. D’autres craignent qu’une interdiction totale soit difficile à appliquer au quotidien et qu’elle entraîne des tensions supplémentaires entre élèves, enseignants et direction.

Maurice ne serait certainement pas le premier pays à prendre une telle décision. Plusieurs pays – dont la France, le Royaume-Uni et certaines provinces canadiennes – ont déjà renforcé ou instauré des restrictions sur l’usage des téléphones dans les écoles. Reste à voir comment cette mesure sera appliquée sur le terrain et si elle permettra réellement d’améliorer la concentration des élèves. Une chose est certaine : à partir du deuxième trimestre, le téléphone portable ne devrait plus avoir sa place sur les bancs de l’école.
Dernière année pour les académies

S’agissant du Blueprint, également très attendu, il devrait livrer des recommendations sur le mode d’admission au secondaire en janvier 2027, basées sur l’option qui aurait été plébiscitée lors de la consultation nationale lancée par le ministère de l’Éducation. La présentation du document au Conseil des ministres devrait se faire au plus tôt durant le deuxième trimestre, afin de préparer les modalités en cas de changement majeur. Quoi qu’il en soit, en 2027, les académies céderont la place aux collèges nationaux
Deux scénarios avaient été soumis au public concernant le futur mode d’admission dans les établissements nationaux. La première option repose sur une sélection dès le Grade 7. L’admission dans les collèges régionaux et nationaux se ferait uniquement à partir des résultats obtenus au Primary School Achievement Certificate (PSAC). Environ 2,400 élèves pourraient ainsi intégrer directement un collège national dès leur entrée au secondaire. Ceux qui ne répondraient pas aux critères requis seraient orientés vers le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills. Cette formule impliquerait également la suppression du National Certificate of Education en Grade 9. Une nouvelle grille de notation du PSAC serait introduite, avec des résultats allant de A à F, ainsi qu’une mention spéciale attribuée au Grade 9.

La seconde option maintient le fonctionnement actuel du PSAC, sans sélection immédiate pour les collèges nationaux. Tous les élèves commenceraient leur parcours secondaire dans un collège régional à partir du Grade 7. Ce n’est qu’en Grade 10 qu’environ 2,400 élèves seraient admis dans un collège national, en fonction de leurs résultats au NCE. Les élèves qui n’atteindraient pas les critères fixés seraient, là aussi, dirigés vers le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills.

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