L’ONG Eco-Sud conteste les propos du ministre du Tourisme au Parlement. Si elle reconnaît avoir participé à des réunions, elle rejette toute validation d’un projet de loi et dénonce une récupération de son implication.
La réponse du ministre du Tourisme, Richard Duval, aux questions parlementaires de Joanna Bérenger le 14 avril, a provoqué une mise au point d’Eco-Sud. L’ONG affirme avoir été conviée à plusieurs réunions et y avoir présenté ses analyses sur les dérives des activités liées aux dauphins et aux cachalots.
Un désaccord de fond
Mais elle insiste : elle n’a jamais été consultée sur un projet de loi précis, n’en a jamais reçu copie et n’a validé aucun texte. Les échanges, selon elle, se sont limités à des propositions évoquées oralement, jugées insuffisantes face à l’ampleur des pratiques dénoncées, notamment la nage illégale avec les cétacés et leur harcèlement.
Eco-Sud conteste surtout l’orientation de la réforme. Elle critique le maintien de la réglementation sous la Tourism Authority, estimant que celle-ci se trouve en situation de conflit d’intérêts, entre promotion touristique et protection de l’environnement.
L’ONG plaide pour une législation spécifique aux cétacés, placée sous l’égide des ministères de la Pêche et de l’Environnement, avec une implication des autres autorités concernées.
Une ligne rouge : la nage avec les cétacés
Eco-Sud réaffirme son opposition totale à la nage avec les cétacés, jugée incompatible avec leur protection. Elle défend un modèle d’observation à faible impact, privilégiant des embarcations non motorisées. À défaut, elle reconnaît avoir proposé des améliorations aux pratiques actuelles.
L’ONG dénonce surtout une présentation “trompeuse” de son rôle dans les débats parlementaires, laissant entendre qu’elle cautionnerait les orientations envisagées. Elle y voit une tentative de faire endosser aux ONG la responsabilité des futures réglementations.
Eco-Sud se dit prête à poursuivre le dialogue, à condition qu’il soit crédible et fondé sur des bases scientifiques solides. Derrière cette controverse, c’est la question de fond qui demeure : encadrer une activité touristique… ou repenser en profondeur la protection des cétacés à Maurice.
Eco-Sud dénonce une “consultation trompeuse”
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