Réforme constitutionnelle — Joe Lesjongard : « Le GM joue avec le temps »

Commentant les décisions du conseil des ministres au sujet de la réforme électorale vendredi dernier, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, accuse le gouvernement de vouloir gagner du temps pour ménager les équilibres internes au sein de l’Alliance du Changement. Dans une déclaration au Mauricien, il a estimé que plusieurs engagements majeurs, pourtant clairement inscrits dans les accords politiques, tardent à se concrétiser.
Joe Lesjongard renvoie notamment au document signé par les quatre dirigeants de l’Alliance — Navin Ramgoolam, Paul Bérenger, Richard Duval et Ashok Subron — qui stipulait qu’un amendement constitutionnel visant à éliminer la classification communautaire des candidats devait être présenté dans un délai de six mois.
« Cela n’a pas été fait », déplore-t-il, réitérant que cet amendement, qualifié de simple, avait déjà été préparé et évoqué peu avant les dernières élections générales, après consultations avec la Commission électorale. Maintenant, le gouvernement annonce « the draft Constitution (Amendment) Bill which will amend the Constitution so as to provide that a person can stand as a candidate at any general election without community-based classification. In line with section 41(3) of the Constitution, the comments of the Electoral Supervisory Commission and the Electoral Commissioner have been sought and are awaited. »
Au sujet de la réforme constitutionnelle, le leader de l’opposition dénonce ce qu’il considère comme un manque de rigueur et de cohérence. Il fait état qu’une décision du conseil des ministres, en date du 30 janvier, faisait état de la composition envisagée d’une Constitutional Review Commission, présidée par l’ancien chef juge Bernard Sik Yuen
Or, ce n’est que maintenant que le gouvernement annonce qu’un projet de loi est en cours de rédaction par le bureau de l’Attorney General afin de donner un cadre légal à cette commission. « C’est la preuve de leur amateurisme », affirme-t-il, soulignant que le texte n’est à ce stade qu’un Draft Bill, dont la finalisation est encore attendue. « C’est le monde à l’envers. La démarche du gouvernement manque de logique. Elle aurait dû être l’inverse : présenter d’abord une législation au Parlement, puis, une fois adoptée, procéder à la nomination des membres de la commission », soutient-il.
Au chapitre de la réforme électorale, Joe Lesjongard maintient que le gouvernement avait toujours soutenu qu’elle serait traitée séparément. Des consultations publiques ont déjà eu lieu. Maintenant que le gouvernement annonce que le rapport sera étudié lors de la prochaine réunion du conseil de ministres
Selon les dernières communications du conseil des ministres, le rapport des consultations sera examiné prochainement, tandis que les avis de l’Electoral Supervisory Commission et de l’Electoral Commissioner sont toujours en attente. Deux projets de loi — l’un sur la réforme constitutionnelle, l’autre sur la commission de révision — devraient être réexaminés avant leur introduction à l’Assemblée nationale.
Pour Joe Lesjongard, la démarche du gouvernement manque de logique. Il critique notamment la décision de nommer une commission avant même l’adoption d’un cadre légal pour encadrer ses travaux.
En conclusion, le leader de l’opposition estime que le gouvernement « joue avec le temps » et agit « à l’envers », retardant ainsi des réformes jugées essentielles pour la consolidation des institutions démocratiques.

- Publicité -

 

EN CONTINU
éditions numériques