En 2025, la Banque de Maurice a injecté dans le circuit 224 millions de dollars américains, comparativement aux 372,3 millions de dollars en 2024. C’est la réponse donnée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à une interpellation de Joanna Bérenger, siégeant dans les rangs de l’opposition. Celle-ci voulait connaître le montant des devises mis sur le marché domestique, ainsi que leurs sources.
Du 1 er janvier au 23 avril dernier, la Banque de Maurice a vendu 40 millions de dollars américains sur le marché domestique. « Ce montant démontre l’atténuation progressive des pressions sur le marché », précise le Premier ministre, en soulignant que l’année dernière, le volume de vente affichait une baisse par rapport à l’année précédente. « Toutes les ventes de dollars américains, provenaient des réserves officielles de la Banque Centrale », affirme-t-il.
Le Premier ministre et ministre des Finances a aussi fait ressortir que la situation connaît une amélioration, notamment au regard de l’excédent global de la balance des paiements. L’effet combiné du relèvement du taux directeur, du renforcement de la réglementation, des interventions ciblées et des mesures structurelles a permis d’améliorer les conditions de liquidité et d’accroître l’offre de devises.
De même, la Banque de Maurice suit en permanence l’évolution du marché et tient des réunions mensuelles avec les trésoriers des banques au sein du Mauritius Financial Markets Committee. Cette instance se tient prête à prendre les mesures appropriées, le cas échéant, afin d’assurer un approvisionnement adéquat et ordonné en devises étrangères.
Le Premier ministre est également revenu sur les raisons ayant mené à cette pression sur le marché des devises étrangères. Il a indiqué qu’à l’entrée en fonction du gouvernement, il y avait un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande avec pour conséquence des pénuries persistantes de devises sur le marché local.
La nouvelle direction de la Banque de Maurice a dû mettre en œuvre une série de mesures visant à corriger la situation chaotique qui prévalait sur le marché domestique des changes avant novembre 2024. Parmi, il retient:
le relèvement du taux directeur (Repo Rate) de 50 points, pour atteindre 4,5% en février 2025;
les instructions aux banques commerciales, afin de veiller que toutes les opérations de change, y compris les Swaps et autres produits dérivés, soient effectuées par l’intermédiaire d’institutions financières dûment agréées par la BOM;
le renforcement de la réglementation relative aux transactions interentreprises en devises ainsi qu’aux swaps et autres produits dérivés;
les banques ont été invitées à s’assurer que les opérations à terme soient tarifées de manière équitable et conforme aux fondamentaux du marché ; et
l’arbitrage réglementaire entre la Financial Services Commission et la Banque de Maurice concernant l’achat et la vente de devises par les sociétés de gestion de trésorerie a été supprimé.
De son côté, le gouvernement a renforcé ces efforts par des mesures structurelles visant à accroître les entrées de devises. Celles-ci comprennent l’obligation de convertir en roupies au moins 85 % des recettes provenant de la vente de villas dans le cadre du Property Development Scheme et l’obligation pour les entreprises réalisant au moins 50 % de leur chiffre d’affaires en devises, de payer l’intégralité de leurs impôts en devises.
De même, l’introduction d’une taxe touristique de 3 euros par nuitée et par touriste, en vigueur depuis le 1er octobre 2025, a contribué à atténuer la pénurie de devises. Toutes ces mesures ont permis d’améliorer les conditions sur le marché domestique.
« En 2025, tant les achats que les ventes de devises par les banques et les opérateurs de change, ont atteint des niveaux historiquement élevés, traduisant une intensification de l’activité et un assouplissement notable des contraintes de liquidité sur le marché des changes », rassure-t-il.
Dans ce contexte, a précisé le Premier ministre, une dynamique positive similaire a été relevée depuis le début de cette année. Les transactions en devises effectuées par les banques et les opérateurs de change ont augmenté d’environ 11 % du 1er janvier au 22 avril, reflétant un renforcement continu de l’activité et de la confiance sur le marché des changes.
Joanna Bérenger a demandé davantage de détails au sujet de la provenance des devises des réserves de la Banque de Maurice. Le Premier ministre, affirmant ne pas disposer les détails, est revenu sur les mesures susmentionnées.

