Le budget 2026/27 devra à la fois restaurer le pouvoir d’achat des ménages, relancer la croissance et garantir la soutenabilité des finances publiques. C’est ce que soutient Suttyhudeo Tengur, président de l’Association for the Protection of Environment and Consumers (APEC), dans un mémoire soumis au ministère des Finances dans le cadre de la préparation du prochain budget.
Dans un contexte économique contraint, l’enjeu principal sera de concilier discipline budgétaire et dynamisme économique, dit-il. Le mémoire de l’APEC propose de faire de la consolidation budgétaire « le pilier central de la stratégie économique », avec des objectifs clairs : ramener progressivement la dette publique à 70% du PIB, contenir le déficit sous la barre des 4% et atteindre un excédent primaire. Toutefois, cette rigueur ne saurait reposer uniquement sur la réduction des dépenses.
Une mobilisation accrue des recettes est jugée essentielle, notamment à travers une meilleure conformité fiscale, la réduction des fuites et la modernisation de l’administration. De nouvelles sources de revenus, issues de l’économie numérique ou de la fiscalité environnementale, pourraient également être explorées, sans alourdir le fardeau des ménages les plus vulnérables.
Parallèlement, l’accent doit être mis sur la nécessité de réorienter les dépenses publiques vers des investissements à fort impact, notamment dans les infrastructures, les énergies renouvelables et la transformation numérique. L’objectif est clair : privilégier les secteurs productifs afin de stimuler une croissance durable.
Cependant, le document pointe un déficit majeur : le manque d’exécution des politiques publiques. Plusieurs initiatives clés du budget précédent, comme l’économie bleue ou l’intelligence artificielle, restent « à un stade embryonnaire ». De même, les politiques d’emploi peinent à produire des résultats concrets, en raison d’un décalage persistant entre formation et besoins du marché.
Cette faiblesse dans la mise en œuvre a des conséquences directes : elle limite les recettes attendues et accentue le recours à l’endettement. Pour y remédier, il est proposé de renforcer les mécanismes de suivi, avec des échéances claires, des évaluations régulières et une unité centrale chargée de piloter l’exécution des projets.
Le document insiste également sur l’urgence de « repenser le modèle économique mauricien ». L’objectif est de passer d’une économie tirée par la consommation et soutenue par la dette à un modèle axé sur la production, la productivité et les exportations. Dans cette optique, plusieurs leviers sont identifiés : amélioration du climat des affaires, digitalisation des services publics, simplification des procédures administratives et renforcement du secteur privé, en particulier des PME.
Le secteur extérieur et la question énergétique sont également au cœur des priorités. La diversification des exportations vers l’Afrique et les marchés émergents, ainsi que le développement des énergies renouvelables, sont présentés comme des axes stratégiques pour renforcer la résilience économique du pays. La réussite du prochain budget dépendra de la capacité des autorités à transformer les politiques en résultats tangibles, dit l’APEC.

