Agaléga – Aller au collège en bateau : Grace Clarisse, 18 ans, raconte son trajet 

À Maurice, on se rend à l’école à pied, en véhicule ou en transport public. À Agaléga, chaque matin, Grace Clarisse traverse la mer en bateau pour se rendre au collège, situé sur l’île du Nord, avant de rentrer chez elle, dans l’île du Sud, l’après-midi par le même moyen de transport. Grace n’est pas la seule élève à se rendre au collège par bateau. Elle est accompagnée d’une amie plus jeune, qui fréquente également le secondaire.

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Grace Clarisse vit sur une île aux paysages à couper le souffle : un véritable paradis luxuriant et tropical. Malgré sa grande timidité, elle a bien voulu partager quelques instants de son quotidien pour se rendre à l’école. Son collège, endommagé par le cyclone Chido en décembre 2024, a été rénové. Pour l’instant, les cours se tiennent dans la bibliothèque de l’île du Nord. Grace Clarisse nous fait son récit…

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« J’habite le village de Sainte-Rita, sur l’île du Sud, à Agaléga. J’ai 18 ans et je suis en Grade 10. Depuis que je fréquente le collège Medco d’Agaléga, situé sur l’île Vingt-Cinq, je prends le bateau — qui porte le même prénom que moi, Grace — pour me rendre sur l’île du Nord, où se trouve le collège. Le bâteau dispose de gilet de sauvetage. Je suis habituée à ce trajet. Il fait partie de mon quotidien. Tous les matins, je me réveille tôt, en fonction des horaires de la marée, car la traversée en dépend. Je me lève donc au plus tôt à 4 h 30, parfois à 5 h, 6 h ou même 6 h 30. Lorsqu’il pleut et que la mer n’est pas praticable, je ne peux pas aller au collège. Et si je suis déjà à l’école et que, pour une raison ou une autre, le temps se gâte, je dois quitter les cours et rentrer chez moi. En revanche, s’il pleut mais que la mer reste praticable, je me rends quand même à l’école pour ne pas manquer mes classes. Le matin, je me rends à la plage de La Pointe en van. C’est de là que j’embarque avec d’autres passagers. La traversée dure environ 30 minutes. Une fois arrivée sur l’île du Nord, mon parcours n’est pas terminé : je monte à bord d’un van qui me conduit au village Vingt-Cinq. Mais quand j’y arrive, il est encore tôt et l’école est fermée. J’attends patiemment l’ouverture ou, parfois, je me rends chez une de mes tantes.Je ne sais pas encore si j’irai compléter mes études à Maurice. En revanche, je sais que je devrai quitter mon île si je veux poursuivre mon rêve : intégrer un jour une organisation américaine comme le FBI. J’aime Agaléga. J’aime sa tranquillité. Je ne m’y ennuie jamais. Par exemple, pendant les dernières vacances scolaires, j’ai passé du temps avec mes amis, que je retrouvais chaque après-midi. Nous avons joué au foot et surtout discuté. »

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