l La présidente de la MSAW, Anuja Ghoorah-Ramkissoon a démissionné jeudi suivie par deux autres membres du board
l Le directeur Tinaragen Govindasami est accusé
de ne pas suivre les décisions du board
l Deux Junior Ministers pointés du doigt pour des ingérences et des pressions alléguées
Une crise majeure secoue la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), marquée par la démission de sa présidente, Anuja Ghoorah-Ramkissoon, suivie de deux membres du conseil d’administration. Au-delà des départs, c’est toute la gouvernance de l’institution qui vacille, sur fond d’ingérences politiques alléguées, notamment de la part de deux Junior Ministers.
Dans sa déclaration, la présidente sortante dénonce une gestion interne « inacceptable » et un climat devenu intenable. Elle met en cause le directeur, Tinaragen Govindasami, accusé de ne pas respecter les décisions du board et d’opérer sans rendre de comptes. Elle évoque des manquements répétés, l’absence de rapports d’activité depuis plusieurs mois et des propos jugés dévalorisants envers les administrateurs.
Mais le point le plus sensible concerne les interventions extérieures. Selon ses déclarations, des pressions auraient été exercées par deux Junior Ministers, dont l’un évoluant dans l’orbite du Prime Minister’s Office, notamment dans le processus de renouvellement du contrat du directeur. Ces interventions auraient contribué à fragiliser l’autorité du conseil d’administration et à installer un climat de défiance.
Dans le sillage de cette démission, deux autres membres du board ont quitté leurs fonctions, traduisant une perte de confiance profonde au sein de l’organe décisionnel.
Une visite effectuée sur place par la présidente aurait confirmé plusieurs dérives : registres non mis à jour depuis novembre 2025, absence de traçabilité des animaux, suivi insuffisant de cas de cruauté et soupçons d’irrégularités dans la gestion des heures supplémentaires. Certaines sources avancent que moins de 10 % des cas seraient effectivement traités, ce qui alimente davantage les inquiétudes.
Un rapport détaillant ces manquements a été transmis au ministre de l’Agro-industrie peu avant la démission. Selon les informations disponibles, ce document aurait été suivi de contacts jugés pressants, laissant entendre que le directeur bénéficierait de soutiens politiques solides.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire met en lumière une crise de gouvernance systémique, où se mêlent dysfonctionnements administratifs et influences politiques. Elle relance le débat sur l’indépendance des institutions publiques et sur la nécessité de mécanismes de contrôle plus rigoureux.
Désormais, c’est la crédibilité même de la MSAW qui est en jeu, dans un contexte où les attentes en matière de protection animale restent élevées.Arvin Boolell : « Les conclusions
seront examinées par le PS »
Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, confirme avoir pris connaissance du rapport soumis par la présidente démissionnaire et indique l’avoir transmis au Permanent Secretary pour analyse.
« Je l’ai lu attentivement. Il concerne principalement des questions administratives. L’inspection a révélé des lacunes dans le système d’archivage, l’absence de procédures opérationnelles standard, de registres et de rapports à jour, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’exactitude des chiffres », explique-t-il.
Le ministre précise que « toutes les parties seront entendues et des mesures correctives seront prises », tout en soulignant la nécessité d’agir rapidement afin d’éviter que la situation ne se détériore davantage.

