« Les données nationales montrent qu’environ 7,4% de la population adulte, donc environ 55 000 personnes, consomment de la drogue à Maurice. Mais au-delà de ces chiffres se cache une réalité plus profonde. »
C’est en ces termes que la UN Resident Coordinator, Lisa Singh, a évoqué le Master Plan on Drugs 2026-30. Elle a poursuivi : « Pour de nombreuses familles, ce n’est pas une question de politique. C’est une réalité quotidienne qui affecte la santé, la dignité et l’espoir pour l’avenir. Nous assistons également à la montée des drogues de synthèse, notamment chez les jeunes. Cela fait que la prévention est encore plus urgente. Dans le même temps, les risques pour la santé des consommateurs de drogues injectables, y compris l’hépatite C, et les défis persistants en matière de réadaptation et de réintégration, nous rappellent que la reprise doit être durable et non temporaire. »
Le Master Plan sur les drogues n’a pas été élaboré de manière isolée. « C’est un Evidence-Based Document, reposant sur des preuves, soutenu par des évaluations et par des voix qui devaient être entendues. Dès le début, l’ONU a travaillé avec le gouvernement mauricien dans le but avoué d’élargir la participation. Nous avons contribué à réunir les ministères, les forces de l’ordre, les professionnels de santé, la société civile, les universitaires, ONG, prestataires de services et personnes ayant une expérience vécue. Au final, ce plan directeur reflète des consultations approfondies – avec près de 100 parties prenantes – ainsi que des visites sur place pour le traitement, la réhabilitation, le traitement à base de la méthadone. Les personnes concernées se trouvant dans des établissements pénitentiaires. Et l’engagement direct auprès des personnes qui consomment de la drogue ainsi que leur entourage immédiat compte. Parce que les politiques conçues sans les gens échouent souvent. »

