Après une première édition réussie en février, l’Unité des Soins Palliatifs Mère Marie Augustine de la Clinique Ferrière de Bon Secours annonce la tenue de la 2e Caravane des Soins Palliatifs, qui se déroulera le samedi 16 mai à l’église Saint-François-d’Assise, Pamplemousses. Portée par le slogan Pran kont, pran swin, cette initiative s’inscrit dans le cadre du 5 e anniversaire de l’Unité des Soins Palliatifs Mère Marie Augustine.
Initiée dans un contexte où la médecine palliative reste encore insuffisamment connue et parfois mal comprise à Maurice, la Caravane s’inscrit dans une démarche de proximité, visant à aller à la rencontre des Mauriciens. Elle a pour objectif d’informer, former et créer un espace de dialogue autour de l’accompagnement des maladies graves incurables. Avec cette Caravane, l’équipe de la Clinique Ferrière de Bon Secours souhaite réaffirmer l’importance de porter soin en plaçant la dignité et l’écoute au cœur de la médecine.
Fidèle à l’héritage de Mère Marie Augustine, qui a contribué à faire émerger une approche de la médecine centrée sur la personne à Maurice, la Clinique Ferrière de Bon Secours poursuit aujourd’hui cette vision en plaçant l’accompagnement et la dignité au cœur du soin.
Stéphanie Raghoonauth, directrice générale de la Clinique Ferriere de Bon Secours souligne que « le succès de cette initiative confirme toute sa pertinence : il existe aujourd’hui un réel besoin d’information autour de la médecine palliative. À travers la Caravane, nous voyons combien ces rencontres peuvent redonner de l’espoir – non pas dans le sens de guérir à tout prix, mais dans la possibilité d’être soulagé, compris et entouré, pour les patients comme pour leurs familles. Notre démarche s’appuie sur une expertise que nous avons développée au fil des années au sein de la Clinique et de l’Unité des Soins Palliatifs. Une expertise à la fois médicale et profondément humaine, qui nous permet d’apporter des réponses concrètes, adaptées et dignes, à des situations souvent complexes. Notre ambition est claire : faire évoluer les regards et rendre la médecine palliative accessible à tous. »
De son côté, Dr Anne-Sophie Jérôme, médecin au cœur de l’Unité des Soins Palliatifs, explique la démarche. « Cette Caravane va bien au-delà d’un simple événement : c’est un véritable engagement humain. Nous restons motivés par une conviction profonde : même lorsque la guérison n’est plus possible, la médecine ne s’arrête pas. Elle continue d’accompagner, de soulager et de prendre soin. Personne ne doit se sentir abandonné face à la maladie. À travers cette Caravane, nous partageons concrètement notre expertise, en proposant des ateliers accessibles, interactifs et ancrés dans le quotidien – qu’il s’agisse de mieux comprendre la douleur, d’apprendre des gestes simples de soin ou encore de soutenir les proches aidants. Nous avons également tenu à inclure les enfants et les jeunes, avec des approches adaptées, pour leur permettre d’exprimer et de comprendre les émotions liées à la maladie, sans tabou. Ce que nous vivons aujourd’hui est porteur de sens. Car il est important que chacun comprenne que cette médecine répond à un besoin réel. J’espère que, progressivement, les soins palliatifs deviennent une évidence dans notre société- une médecine qui prend soin, jusqu’au bout », fait-il comprendre.
1re édition révélatrice
La première Caravane des Soins Palliatifs, organisée fin février 2026 à Stanley, Rose-Hill, a rencontré un succès significatif, révélant à la fois l’intérêt du public et l’importance d’un tel espace de dialogue. En accueillant plus de 1 500 visiteurs, en sensibilisant 100 enfants et adolescents à travers des ateliers dédiés aux émotions, et en formant 15 aidants, cette première édition a démontré sa capacité à toucher des publics variés et à répondre à des besoins concrets.
Père Alain Romaine, membre de la Fondation Mère Marie Augustine, revient sur cette première escale. « À travers notre mission de pastorale de santé, cette initiative trouvait naturellement sa place, en offrant une opportunité concrète de sensibilisation et de proximité avec la communauté. Ce qui a particulièrement marqué, c’est l’intérêt suscité auprès des habitants du quartier. Beaucoup sont venus avec des interrogations, souvent par curiosité, mais aussi avec le besoin de comprendre ce que recouvrent réellement les soins palliatifs. Cette démarche met aussi en lumière une réalité essentielle : l’accompagnement ne concerne pas uniquement le patient, mais également sa famille, qui vit pleinement l’épreuve de la maladie. Les soins palliatifs apportent ainsi un soutien global, en aidant chacun à mieux comprendre et à traverser ces moments avec plus de sérénité. Enfin, ils nous rappellent une vérité universelle, souvent difficile à aborder : celle de notre propre finitude. Mais loin d’être anxiogène, cette approche propose un accompagnement empreint de dignité, où la personne est entourée, soulagée et respectée jusqu’au bout, sans abandon », souligne-t-il.
La psychologue Safia Adamjee a assuré les ateliers pour enfants et adolescents de la première caravane. « Nous avons abordé la question de la maladie avec les enfants de manière progressive et adaptée, en partant du vivant et des émotions, sans entrer directement dans la notion de fin de vie. L’objectif était de leur offrir un espace d’expression sécurisé, où ils puissent partager ce qu’ils ressentent et ce qu’ils vivent. Les échanges ont été particulièrement riches. Les enfants, souvent déjà confrontés à la maladie à travers un proche, ont su exprimer avec beaucoup de justesse leurs émotions, à travers le dessin, l’écriture et la parole. Ils ont partagé des messages simples mais profondément touchants autour de la présence, du soutien et de l’amour. Cette expérience rappelle combien les enfants sont concernés, même lorsqu’on cherche à les protéger. »
Programme riche, familial et humain
Forte de cette dynamique, la Caravane du 16 à Pamplemousses, s’annonce comme une journée riche, pensée pour accueillir tous les publics dans un esprit de partage et de transmission. Dès l’ouverture, les visiteurs seront invités à entrer dans un parcours mêlant échanges, apprentissage et moments de rencontre, avec une attention particulière portée à chaque tranche d’âge.
Des ateliers dédiés aux enfants (8–12 ans) permettront d’aborder les émotions liées à la maladie à travers des formats adaptés, tandis que les adolescents et les jeunes bénéficieront d’espaces d’expression et de réflexion qui leur sont propres. En parallèle, plusieurs ateliers thématiques proposeront des clés concrètes pour mieux comprendre les soins palliatifs, reconnaître et gérer la douleur, apporter les premiers soins de confort et accompagner les familles dans ces situations sensibles.
Tout au long de la journée, les participants pourront échanger directement avec les professionnels de santé, poser leurs questions et bénéficier de mini-consultations, avec la possibilité de prendre rendez-vous sur place. La projection du film « Vivants », suivie d’un débat, viendra enrichir cette programmation en ouvrant un temps de réflexion collectif. Conçue comme un espace bienveillant, cette 2e édition confirme la volonté de faire de la Caravane un véritable lieu de rencontre entre savoir, expérience et humanité.
Du sens à l’initiative
Au-delà des chiffres et du programme, l’impact réel de la Caravane des Soins Palliatifs se mesure à travers les expériences vécues. Les témoignages qui suivent, recueillis auprès des visiteurs de la première édition organisée en février à Rose-Hill, donnent la parole à ceux qui ont été directement touchés par cette démarche.
Le témoignage d’Amandine R., nièce d’une patiente accueillie à l’Unité, illustre avec justesse la portée de cet accompagnement. « Lorsque ma tante a été admise à l’Unité des Soins Palliatifs, nous étions perdus. On avait peur, beaucoup de questions, et surtout ce sentiment d’impuissance. Très vite, l’équipe nous a entourés, pas seulement elle en tant que patiente, mais nous aussi en tant que famille. Ce qui m’a le plus marquée, c’est cette attention constante, cette humanité dans les gestes les plus simples. Ma tante était apaisée, et nous aussi. Aujourd’hui, notre famille est reconnaissante d’avoir pu vivre cet accompagnement dans un cadre aussi respectueux », confie-t-elle.
Dans la continuité, Marie-Claire D., retraitée, partage un regard transformé par sa participation à la Caravane : « avant de découvrir les soins palliatifs, j’avais beaucoup d’idées reçues. Je pensais que cela signifiait qu’il n’y avait plus rien à faire. En venant à la Caravane, j’ai compris que c’était tout le contraire. On y apprend qu’il y a toujours une manière d’accompagner et d’être présent. Les échanges avec les professionnels m’ont beaucoup éclairée. C’est rassurant de savoir que des structures comme celle-ci existent, et qu’elles sont là pour accompagner les familles avec autant d’humanité. »
Ce besoin d’accompagnement concret est également exprimé par les sœurs Anabelle et Josiane L., proches aidantes de leur mère. « Nous passons, actuellement, par une période très éprouvante. Nous faisons de notre mieux, mais nous nous sentons souvent seuls et démunis. Ce que nous avons découvert ici, ce sont des gestes simples, des conseils concrets, mais aussi une manière différente de voir les choses. On nous a montré comment prendre soin, sans s’oublier soi-même. Cela change beaucoup de choses. La Caravane permet de briser ce sentiment d’isolement. On réalise que l’on n’est pas seuls, et que de l’aide existe. »
Enfin, la Caravane trouve aussi une résonance particulière auprès des plus jeunes, comme le souligne Jean-Marc P., habitant de Rose-Hill. Il a accompagné les jeunes participants aux ateliers de la Caravane.
« Ce qui m’a particulièrement touché, c’est la manière dont les enfants et les jeunes ont été intégrés dans cette démarche. On a souvent tendance à les protéger en évitant ces sujets, mais ici, tout est abordé avec justesse et délicatesse. Les ateliers sur les émotions leur permettent de s’exprimer, de poser des mots sur ce qu’ils ressentent, et de comprendre avec leurs propres repères. C’est une approche très respectueuse de leur sensibilité. » Un ressenti partagé par Kévin, 15 ans : « Au début, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais les ateliers étaient vraiment intéressants. On a parlé des émotions, de la maladie, mais d’une façon simple. J’ai surtout retenu qu’on peut être là pour quelqu’un, même quand on ne peut pas le guérir. Juste être présent, écouter, ça compte beaucoup. Ça m’a fait réfléchir », estime-t-il.
Un engagement de santé publique
À travers cette 2e édition, l’Unité des Soins Palliatifs réaffirme sa volonté de faire évoluer le regard porté sur la médecine palliative et de la rendre plus accessible à tous. Dans un contexte où ces soins restent encore entourés de tabous, la Caravane contribue à ouvrir le dialogue, transmettre des repères concrets et accompagner les familles dans des moments de vie particulièrement sensibles.

