Six membres du Public Accounts Committee (PAC) reprochent à Adrien Duval d’avoir abusé de sa position. Dans une correspondance rendue publique samedi, six membres du Public Accounts Committee considèrent que le président du PAC a délibérément abusé de sa position pour faire peur aux Mauriciens sur la santé publique, sur le dossier du stockage des médicaments et le rapport spécial du PAC. Nous publions la lettre ci-dessous.
« Nous vous écrivons en qualité de membres du Public Accounts Committee (PAC) et signataires du rapport spécial intitulé Warehousing of Medical Supplies – Central Supplies Division (CSD), Ministry of Health and Wellness, stemming from the Audit Reports 2021–2024, publié le 23 avril 2026. Nous en dénonçons l’utilisation abusive, politicienne du démagogique par le président du PAC Adrien Duval. Mais surtout, sa démarche délibérée de saper la confiance sur la santé publique à laquelle la majorité des Mauriciens a recours. La présidente de l’Assemblée nationale, Mme Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a été mise au courant de la présente démarche qui émane de cinq membres du PAC.
Nous avons activement contribué à l’élaboration de ce rapport, auquel nous souscrivons pleinement. Celui-ci met en lumière un problème structurel ancien, sinon préoccupant, relatif au stockage des médicaments, qui appelle une réponse urgente et appropriée. Il s’appuie notamment sur les rapports du Directeur de l’Audit pour les exercices 2021–2022, 2022–2023 et 2023–2024, ainsi que sur deux visites de terrain effectuées par le PAC à Plaine-Lauzun et à New Grove en octobre 2025.
Toutefois, tout en réaffirmant notre adhésion sans réserve aux constats et recommandations du rapport, nous tenons à exprimer notre profond désaccord face à l’usage politicien, partisan et démagogique qui en a été fait par l’honorable Adrien Duval, président du PAC. Le comité a mené ses travaux avec sérieux, rigueur et dans un esprit strictement non partisan. Il s’agit d’une problématique d’intérêt national et de santé publique, qui mérite d’être traitée avec responsabilité et retenue.
Force est de constater que l’honorable Duval a, dans ses multiples interventions à la presse, outrepassé le cadre du rapport en attribuant de manière infondée la responsabilité de la situation au gouvernement en place, allant jusqu’à suggérer la démission du ministre de la Santé. Une telle posture relève, à notre sens, d’une instrumentalisation regrettable d’un dossier sensible à des fins politiques partisanes.
Ce n’est pas le plus grave. Certaines des déclarations publiques du président du PAC ont laissé entendre que les conditions de stockage des médicaments mettaient directement la vie des patients en danger. De tels propos, amplifiés et non étayés par les observations faites lors de nos visites – notamment en ce qui concerne des allégations d’infestation – visent savamment à éroder la confiance envers notre système de santé publique. Or, celui-ci demeure, malgré ses défis, un pilier essentiel dont bénéficie la grande majorité de nos concitoyens.
Nous regrettons également que les explications fournies par les cadres du ministère de la Santé n’aient pas été prises en compte dans les interventions publiques du président du PAC. Ces derniers nous avaient pourtant informés des démarches en cours visant à identifier un site alternatif pour le stockage des médicaments, notamment un bâtiment appartenant à la Banque de développement de Maurice, mais étant amianté, son assainissement nécessiterait de gros investissements. D’autres solutions à court terme semblent aujourd’hui à vue, et le rapport annuel du PAC, attendu prochainement, devrait en faire état.
Nous tenons à rappeler que la présidence du PAC est traditionnellement confiée à un membre de l’opposition, une pratique saine et démocratique qui contribue à la transparence et à la bonne gouvernance des finances publiques.
Dans ce contexte, et malgré les divergences évoquées, il ne s’agit, à ce stade, de remettre en question la présidence du PAC. Cette mise au point se veut plutôt un appel à un esprit de collaboration constructive entre tous les membres du comité, dans le respect de notre mandat, afin de continuer à œuvrer efficacement contre tout gaspillage et abus des fonds publics. Nous avons toutefois attiré l’attention de la présidente de l’Assemblée nationale Mme Shirin Aumeeruddy-Cziffra sur ce que nous considérons comme un abus de fonction de la part du président du PAC.

