ÉDUCATION — Modernisation : La transformation numérique frappe à la porte des salles de classe

  • La mise en place d’un Learning Management System national évoquée
  • Le ministère des TIC apporte son soutien pour moderniser le système

La crise du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient et la crainte d’un retour du Homeschooling ont fait réagir le ministère de l’Éducation. Les enseignants avaient fait ressortir que depuis l’expérience de la pandémie de Covid-19, aucun système efficace n’avait été mis en place pour des cours en ligne. Le ministère de l’Éducation, en collaboration avec celui des Technologies de l’Information, a démarré un travail pour aborder la transformation numérique du système.

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Une première réunion, tenue la semaine dernière, a vu la participation du ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, et celui des Technologies de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul. Le but de cette rencontre était d’aborder les différentes possibilités de l’intégration du numérique dans le système éducatif mauricien. Une quarantaine de collaborateurs du secteur y ont assisté.

Les différentes plateformes à exploiter, la formation des enseignants, des élèves et des adultes concernés, les livres scolaires en version numérique, ainsi que l’enseignement en ligne ont été abordés. Le ministère de l’Éducation a présenté une analyse des écarts actuels dans le secteur EdTech, mettant en lumière plusieurs priorités : la mise en place d’une plateforme nationale de gestion de l’apprentissage, le déploiement d’un système d’information pour la gestion de l’éducation, l’amélioration de la connectivité dans les écoles, la modernisation du Curriculum ICT, le renforcement des compétences numériques des enseignants, la production de contenus digitaux de qualité et l’encadrement de l’intelligence artificielle en milieu scolaire.

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Sunilduth Mohitram, de l’E-Education and Technical Education Directorate, a évoqué la nécessité d’établir un Learning Management System (LMS) national, capable d’assurer la continuité pédagogique, de soutenir l’enseignement hybride et de réduire les pertes d’apprentissage, en cas de fermeture des établissements. Il a également été souligné qu’un tel dispositif devrait être accompagné d’outils d’analyse, permettant de suivre l’engagement des élèves, l’utilisation par les enseignants et l’impact sur les résultats scolaires.

Soobeeraj Parmessa, également de l’E-Education and Technical Education Directorate, a aussi mis en avant l’urgence de disposer d’un Education Management Information System (EMIS). À ce jour, plusieurs données scolaires restent fragmentées, collectées à travers des enquêtes répétitives ou conservées dans des systèmes isolés. L’EMIS permettra de disposer de données fiables, actualisées et partagées entre les écoles, les zones et le siège du ministère. Cette orientation a pour but de fonder les décisions éducatives sur des données solides, notamment pour le suivi de l’assiduité, des performances, des besoins des établissements et des objectifs liés à l’Objectif du Développement Durable 4 (ODD 4), axé sur l’éducation de qualité.

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Tout cela reste suspendu à une connexion fiable. Les participants ont fait ressortir que plusieurs établissements secondaires demeurent confrontés à une connectivité insuffisante ou instable. L’objectif annoncé est d’assurer progressivement une connexion Internet et Wi-Fi de meilleure qualité dans les établissements, avec une bande passante adaptée aux exigences de l’enseignement numérique, des plateformes en ligne et de futurs usages de l’intelligence artificielle.

Sunilduth Mohitram a abordé l’urgence de faire du numérique un levier réel de transformation pédagogique. Il a mis en avant que l’intégration de l’intelligence artificielle dans les écoles ne peut rester théorique. « Elle doit devenir concrète, encadrée et utile aux élèves comme aux enseignants », s’est-il appesanti.

À cet égard, le projet pilote AI Personal Tutor 2.0, lancé dans huit établissements secondaires, principalement des State Secondary Schools, constitue une étape importante. Ce dispositif ouvre la voie à un accompagnement personnalisé des élèves, à un soutien individualisé et à une meilleure exploitation des technologies émergentes au service de l’apprentissage.

Une équipe de Mauritius Telecom a fait une présentation spécifique concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’éducation. Il a aussi été question de la sécurité des élèves en ligne. Cette dimension a été jugée essentielle, car la transformation numérique de l’éducation doit aller de pair avec la sécurité, l’éthique, la prévention du cyberharcèlement, la protection des données et l’accès à des contenus adaptés à l’âge des élèves, ont fait ressortir les participants.

Le ministre Ramtohul a fait part de la disponibilité de son ministère à travailler avec celui de l’Éducation sur ce projet. Il a demandé à ses équipes de prendre note des obstacles techniques, administratifs et opérationnels soulevés, afin de faciliter les démarches et d’accélérer la mise en œuvre des projets prioritaires.

Cette rencontre est considérée comme une étape importante dans la construction d’un écosystème éducatif plus résilient, connecté et tourné vers l’avenir. Les deux ministères ont confirmé leur volonté de travailler ensemble pour faire de l’école mauricienne un espace d’apprentissage moderne, inclusif, sécurisé et mieux préparé aux défis de l’ère numérique.

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