Georges Chung Tick Kan : « L’économie bleue est notre prochain pilier économique »

« La politique divise les Mauriciens plus que la religion, le racisme, le communalisme, le clivage hommes/femmes, plus que n’importe quoi, en fait ! »

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« Maurice a importé pour Rs 22 milliards l’année dernière. C’est plus que deux fois de ce qu’on espérait de la location de Diégo Garcia. »

« Dans cinq ans, nous devrions être auto-suffisants en poisson aussi bien pour la consommation locale que pour l’exportation… si nous commençons aujourd’hui. »

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Notre invité de ce dimanche est l’économiste Georges Chung Tick Kan, souvent qualifié d’entrepreneur avant-gardiste. Dans l’interview qui suit, il parle de son dernier projet pour promouvoir l’économie bleue et répond à des questions d’actualité économique.

O Vous êtes un entrepreneur qui n’arrête jamais d’entreprendre. Apres l’imprimerie, la presse avec Cinq Plus, vous avez été le Principal conseiller économique des Jugnauth, père et fils, chantre du métro léger et du corridor aérien, et vous vous lancez maintenant dans le maritime. Le mot retraite est inconnu de votre vocabulaire ?
— Mercredi dernier, en lançant Ocean Economy AI Lab, j’ai dit que ce projet aurait dû l’être par un jeune de 30-35 ans. Il fallait qu’on lance ce projet et comme aucun jeune ne l’a fait, je suis obligé de me lancer, malgré mes cheveux gris, et répétant cette vérité fondamentale : pour sortir de la détresse économique que Maurice est en train de subir, il faut faire rentrer des devises étrangères. Sans cela, nous ne pouvons faire face aux trois chocs que nous subissons actuellement. On ne fait que consommer, et même surconsommer, sans penser à produire pour payer ce que nous importons, c’est-à-dire presque tout. Si rien n’est fait dans 10-15 ans, on commencera à souffrir de la malnutrition à Maurice. Le deuxième choc est la baisse du pouvoir d’achat et, en parallèle, la hausse de nos dettes, et le troisième choc est le manque de croissance économique. Notre société demande de plus en plus de consommation : plus de voitures, de téléphones portables, de vacances à l’étranger. Ça n’arrête pas. Il faut avoir plus de devises étrangères pour payer tout ce que nous consommons. Nous sommes dans un paradoxe extraordinaire et c’est pourquoi je me suis lancé dans le projet Ocean Economy AI Lab.
O Avant d’aborder ce sujet, profitons de l’occasion pour parler de la situation économique du pays. Après le Covid, vous aviez déclaré que l’économie mauricienne était dans une situation de marasme, pire qu’une récession. En ajoutant que l’économie mauricienne avait toujours su remonter la pente. Cela a été le cas ?
— On a remonté la pente grâce à l’injection massive de l’argent dans le circuit pour soutenir l’économie. Cela a été fait, mais il faut maintenant penser aux moyens de transformer notre société de consommation en une société de production, afin de pouvoir payer, au moins, la note des plus de 80% des produits divers que nous importons ! Je pèse bien mes mots en disant que si on ne renverse pas cette tendance, on finira comme le Sri Lanka ou le Zimbabwe ! On n’en est pas encore là, mais la tendance est claire. L’endettement a atteint un seuil qui dépasse l’imagination grâce à cette consommation à outrance. Il faut produire pour pouvoir exporter et payer ce que nous importons. C’était possible avec notre modèle économique il y a 40 ans de cela, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les piliers classiques de notre économie ne produisent pas suffisamment pour payer ce que nous consommons. Il faut trouver de nouveaux secteurs pour faire face aux défis économiques et, pour moi, il se trouve dans l’océan qui nous entoure.
O Nous allons bientôt arriver à la mer et à votre nouveau projet. Mais avant, dites-moi quelle est la situation économique du pays en 2026 avec un gouvernement qui ne cesse de répéter que le précédent – dont vous avez été le conseiller économique à un moment – a quitté le pouvoir en laissant les caisses de l’État vides ?
— J’aurais préféré entendre le gouvernement actuel dire ce qu’il fait pour promouvoir les exportations. J’aurais préféré l’entendre nous expliquer comment il compte augmenter et intensifier la production dans l’avenir, plutôt que de se concentrer sur le passé. J’aimerais qu’il se focalise sur les moyens de mobiliser les Mauriciens, de leur redonner le goût du travail plutôt que de suivre des gué-geurres entre membres de l’Alliance gouvernementale. Il faut le dire : la politique divise les Mauriciens plus que la religion, le racisme, le communalisme, le clivage hommes/femmes, plus que n’importe quoi, en fait ! C’est la principale cause de la détresse sociale que nous vivons actuellement. Nous passons plus de temps à dire que si X est MSM, il ne doit plus avoir d’emploi quand le PTr arrive au pouvoir, et inversement. Nous passons plus de temps à révoquer les membres des Conseils d’administration de l’État, parce qu’ils ne sont pas du même bord politique, qu’à les faire fonctionner. On nous divise, alors que nous ne sommes que quelques centaines de milliers, ce qui nous empêche d’atteindre l’optimisation de nos ressources. On met de côté les compétents, qui ne sont pas du même bord politique, et on emploie ceux qui sont de la bonne couleur partisane, mais qui ne sont pas toujours compétents.
O Mais tous les gouvernements qui se sont succédés depuis l’Indépendance ont pratiqué cette politique de nominations de petits copains et d’agents politiques. C’est encore le cas.
— C’est une des raisons qui explique la situation économique du pays : la division, alors que nous avons besoin d’unité pour avancer. Voyez ce qui se passe à Singapour où, malgré ses origines et ses cultures différentes, le peuple regarde dans la même direction et choisit la compétence à la loyauté politicienne. Le gouvernement mauricien n’est pas en train de, ne peut pas, deliver the goods à cause de cet ostracisme pratiqué sur le plan de la division politique. Le gouvernement actuel et ceux à venir devraient, s’ils veulent faire avancer le pays, miser sur la compétence, et non pas sur la loyauté politique en ce qu’il s’agit des nominations à des postes de responsabilité au sein de l’appareil d’État. On fait le contraire et c’est malheureux parce qu’on n’utilise pas les ressources humaines disponibles et nécessaires pour faire bien fonctionner le pays, surtout dans le contexte économique actuel.
O Une des raisons qui a officiellement poussé Paul Bérenger à démissionner du gouvernement est le manque d’un ministre des Finances au gouvernement. Est-ce qu’il avait raison ?
— Pour moi, ce n’est que de la gué-geurre politique. L’essentiel est la compétence qu’il faut pour imaginer et mettre en pratique les stratégies économiques pour soutenir les piliers et en trouver d’autres pour produire de la richesse, destinée à l’importation, pour nous ramener des devises. Il y a les secteurs traditionnels dans lesquels nous pouvons, nous devons, innover et faire du rebranding en utilisant l’IA. Elle peut, dans le secteur agricole, indiquer quoi et quand planter, quand arroser, quand mettre des nutriments. À ce niveau, on pourrait faire d’importants gains de productivité en innovant. On pourrait envisager de faire les bateaux étrangers, qui évoluent dans l’océan Indien, battre le pavillon mauricien. Dans le tourisme, au lieu de se contenter de nos plages comme attrait, après les avoir nettoyées et protégées de l’érosion, on pourrait développer les sports nautiques. Le tout en utilisant l’IA et tout ce qui tourne autour des nouvelles technologies.
O Vous dites qu’il faut utiliser les nouvelles technologies, mais le dernier rapport de l’Audit démontre que les tentatives d’aller dans cette direction ne marchent pas, que ces technologies ne sont pas utilisées, ou alors de façon minime, dans l’Éducation, la Santé, l’Administration. On continue à utiliser les cahiers en papier au lieu d’ordinateurs. Est-ce que cela signifie que le Mauricien n’est pas encore prêt pour utiliser les nouvelles technologies ?
— Le concept de la résistance au changement est très ancrée dans la mentalité des Mauriciens en général, et dans le service civil en particulier. On se contente de rester dans la zone de confort qui consiste à faire comme on a toujours fait, au lieu de chercher à innover, pour gagner du temps et de la productivité en étant plus efficaces. Il y 40 ans, les jeunes de 35 ans ont innové en entrant dans le textile, puis dans l’offshore et le tourisme, entre autres. Ils ont créé une nouvelle vague qui a permis de développer l’économie.
O Est-ce qu’il existe aujourd’hui une nouvelle vague d’entrepreneurs mauriciens ou est-ce que les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas, ne veulent pas entreprendre en prenant des risques et préfèrent rester dans la sécurité, toute relative, de leur zone de confort ?
— Il y a plusieurs raisons à cela. On n’encourage pas assez les jeunes à sortir de leur zone de confort, à prendre des risques, parce que les parents surprotègent leurs enfants. Le rapport de forces entre parents et enfants a complètement changé, en faveur de l’enfant. Le comportement général des Mauriciens a changé et il suffit de voir le développement de « l’industrie » de la drogue et de ce qui se passe sur les routes pour s’en rendre compte : si vous faites une manœuvre qui déplaît à un autre automobiliste, ça peut finir par des insultes, une course-poursuite et même une agression physique. Dans ce que je qualifié de détresse, il y a le facteur économique, mais aussi le plan moral et civique. On perd malheureusement nos repères et une certaine manière de faire et d’être.
O C’est une perte irréversible, comme les 100 mètres de plages emportées par la mer à Tamarin ?
— Heureusement, il y des données qui sont encore réversibles, mais encore une fois, il faut donner l’exemple et faire la leçon, et cela ne peut se faire que du sommet de l’État. Si on est déjà conscient de l’ampleur de ce que j’appelle la détresse actuelle, c’est déjà une partie du travail de fait. Mais il ne suffit pas d’être conscient, il faut aussi être capable d’envisager des solutions, de prendre les décisions nécessaires et de les mettre en action. Il ne suffit pas de dire, il faut faire. On dit beaucoup de choses sur l’économie bleue, mais…
O On finira par arriver à la mer et à votre projet. Avant, on continuera à aborder des sujets d’actualité : est-ce que vous pensez que le report de l’âge de la pension était une bonne décision économique ?
— L’argument fort en faveur du report de l’âge est que l’espérance de vie – qui était, il y a 40 ans, de 65 ans – est passée à 75 ans. Travailler jusqu’à 65 ans relève de cette logique que certains refusent d’accepter. Toute décision a sa propre rationalité, et il faut savoir l’expliquer pour la faire accepter.
O Dans quelques semaines sera présenté le budget national. Quelle est la mesure à ne pas prendre ?
— Augmenter davantage les dépenses sans son corollaire : augmenter la rentrée des devises étrangères pour les financer.
O Quelle devrait être la mesure indispensable à prendre ?
— Tout faire pour faire démarrer l’économie bleue comme prochain pilier de notre développement économique.
O On y vient ! Vous avez été un des promoteurs du métro express, qui devait régler le problème de la circulation et des embouteillages dans le pays. Ce n’est pas tout à fait le cas et on pourrait même parler de demi échec ?
— Pas du tout ! Le métro n’est pas la cause des embouteillages, provoquées par la mise sur route, chaque année, de 25,000 nouvelles voitures, qui utilisent des milliards de roupies d’essence. Chaque voiture neuve ou d’occasion qui sort sur les routes affaiblit la roupie. C’est la même chose pour chaque tonne de poisson que l’on importe. La solution c’est d’étendre le métro à travers l’île avec une politique définie sur l’utilisation de la voiture. Le métro est la solution économique et sociale et de sécurité aux problèmes de circulation. Le métro est le seul moyen de locomotion à Maurice qui part et arrive à l’heure, en respectant les horaires.
O Un mot sur le fameux corridor aérien qui devait redynamiser Air Mauritius, et dont vous étiez le champion, qui a été tout simplement abandonné. Pourquoi ?
— La question devrait être posée à Air Mauritius. Le taux de remplissage des sièges entre Maurice et Singapour n’a jamais été aussi rentable que pendant la période du corridor, pour atteindre les 90%. On a choisi une destination africaine pour le prolongement du corridor qui ne pouvait pas être rentable. Je n’ai jamais vu autant de mauvaise foi dans un projet d’intérêt public.
O Si comme vous le dites, la ligne Maurice Singapour était rentable à travers le corridor, y mettre fin équivalait pour Air Mauritius à se tirer une balle dans le pied ?
— C’est une spécialité d’Air Mauritius que de se tirer des balles dans le pied !
O On l’a compris : pour vous, l’économie bleue est notre panche de salut économique ! Pourquoi est-ce qu’on n’a pas jusqu’à présent utilisé – on ne peut pas dire exploité – cette importante ressource économique ?
— Les gouvernements n’ont jamais été interpellés par le volume de poissons que Maurice importe. Au cours des dernières années, on en a importé quatre fois plus qu’on en a exporté, alors que nous sommes entourés de 2.3 millions de km2 de mer ! C’est un des plus grands paradoxes de Maurice ! Au cours des dernières années, les bateaux étrangers ont pêché un million de tonnes de thon. C’est un produit de première qualité dans tous les bons restaurants européens, ne parlons pas de l’Asie où ce poisson peut atteindre des prix astronomiques. À Maurice, le thon est le poisson du pauvre, celui qu’on met en boîte de conserve. Vous savez quelle est la valeur d’un million de tonnes de poissons pêchés annuellement dans nos eaux : Rs 150 milliards. Est-ce utopique de s’organiser, de s’équiper pour aller chercher 15 à 20% de parts dans ce marché ?
O D’où vient cette ignorance des ressources que la mer peut générer ?
— Je pense qu’en général, les entrepreneurs mauriciens n’aiment pas la mer, les grosses vagues, et un produit qui dépend de l’humeur de la météo. Ceux qui nous gouvernent ne sont pas conscients des statistiques qui montrent que Maurice a importé pour Rs 22 milliards l’année dernière. C’est plus que deux fois de ce qu’on espérait de la location de Diégo Garcia ! Selon le FMI, ces Rs 10 milliards espérés représentait 1,3 de notre produit intérieur brut. Imaginez l’impact que nous pourrions avoir sur le PIB en diminuant les Rs 22 milliards d’importation de poisson !
O Si les chiffres que vous citez sont dans les rapports officiels, pourquoi est-ce que les entrepreneurs ne se sont pas jetés à l’eau ? Pourquoi est-ce que vous êtes le premier à faire le plongeon ?
— Tout ce que je peux vous dire, c’est que je suis interpellé par la situation de détresse économique. Et que, malgré mon âge, je ne fais que suivre le bon sens, au risque de me fourvoyer.
O Est-ce parce que les Mauriciens sont réfractaires au changement et que les entrepreneurs n’aiment pas la mer que vous êtes allés chercher des partenaires au Japon ?
— Non. Je ne suis pas allé chercher des partenaires au Japon, puisque je suis le seul actionnaire du projet, mais la technologie japonaise. Une technologie qui nous permettra de savoir où pêcher, où les eaux sont poissonneuses et, il ne faut pas l’oublier, comment nettoyer et entretenir l’océan. En lançant ce laboratoire, la stratégie c’est d’abord de conscientiser les pêcheurs et les capitaines de navires de moyenne et de grande taille qui font de la pêche industrielle. De leur dire que nous allons leur montrer les zones où se trouve le poisson grâce à l’intelligence artificielle. Dans cinq ans, nous devrions être auto-suffisants en poisson aussi bien pour la consommation locale que pour l’exportation… si nous commençons aujourd’hui.
O Pourquoi est-ce que vos partenaires japonais se sont intéressés à ce qui se passe dans l’océan Indien ?
— Les Japonais cherchaient à implémenter la technologie qu’ils ont mis en place et qui consiste à déterminer, à partir de données satellites et météorologiques, les zones – qui sont fluctuantes – où se trouvent les poissons. C’est un mélange des informations fournies par les satellites et les stations météorologiques avec la vitesse des vents, ceux de la température, le taux de chlorophylle… plus important qu’on ne l’imagine dans l’alimentation des poissons. Le tout donne un algorithme qui fournit un modèle indiquant où sont les poissons, qui est transmis par téléphone aux pêcheurs. Ce modèle permettra à la pêche mauricienne d’augmenter considérablement le niveau de ses prises. Il faut aussi souligner que les pêcheurs auront la possibilité d’améliorer le système en lui fournissant des données pour lui permettre de préciser ses informations. À ceux qui pourraient redouter que la machine prenne le dessus, je rappelle ce qu’on oublie souvent : ce sont les humains qui fournissent les données à la machine pour qu’elle les interprète.
O S’il est viable, votre projet pourrait déboucher sur un développement que, malgré tous ses efforts, la COI n’a pas réussi à mettre en marche : la création d’une ligne maritime inter-îles des Mascareignes.
— Cela fait partie du développement économique de la région, parce que les petits pays comme nous ne peuvent pas se développer seuls. Mais avant d’aller affronter l’océan, contentons-nous de bien connaître les eaux qui nous entourent.
O Est-ce que le ministère de l’Agro-Industrie, responsable de la gestion de l’économie bleue, fait partie du projet ?
— Pour le lancement, j’ai invité les autorités concernées et le secteur privé, et je dois rencontrer le ministre en fin de semaine. De par ses déclarations publiques, le ministre de l’Économie Bleue est conscient du potentiel économique de nos eaux. Je n’imagine pas des contraintes qui pourraient bloquer notre projet. J’espère que nous allons pouvoir réellement faire décoller ce nouveau pilier de notre économie. Nous avons déjà contacté les pêcheurs à travers leurs fédérations, parce qu’ils sont un des éléments clés du projet, avec les propriétaires de bateaux qui pratiquent la pêche industrielle dans nos eaux. Je vais investir Rs 10 millions dans ce projet pour la première année, pour son lancement.
O Qu’est-ce que ce projet vous rapportera à vous personnellement en termes financiers ?
— D’abord, quelque chose difficile à évaluer en termes financiers : la satisfaction d’avoir fait quelque chose pour mon pays, de l’avoir fait avancer. Cela peut paraître utopique, mais je fais partie des entrepreneurs qui pensent en dehors de sa zone de confort. Nous pouvons, grâce à l’IA, utiliser et développer nos ressources maritimes pour créer un nouveau pilier de l’économie en exportant les produits de la mer pour nous ramener des devises, tout en participant à la mise en place du prochain pilier de l’économie mauricienne.
O Je reviens, pour terminer, à l’aspect financier du projet en supposant qu’il y aura un fee à payer, pour avoir accès aux données de l’algorithme ?
— Si un pêcheur peut, grâce à ce modèle, améliorer ses prises en travaillant moins parce que mieux renseigné, je crois qu’il sera d’accord pour payer un abonnement annuel pour bénéficier de ces informations précieuses pour le développement de son business. Je soutiendrai le projet pour le faire démarrer, mais après, il faudra trouver un modèle économique viable pour le développer et l’améliorer.

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