COUR SUPRÊME — Plainte civile contre Anahita — Peter Wayne Roberts : « Je n’ai reçu aucune aide des préposés de l’hôtel »

La plainte de Peter Wayne Roberts contre l’Anahita Residence & Villas Ltd a été appelée hier pour la première fois devant la juge Sulakshna Beekary-Sunassee, siégeant en Cour suprême. En fin de semaine dernière, la juge Carol Green-Jokhoo s’était désistée de cette affaire, ayant ainsi agréé à la demande des hommes de loi du Sud-Africain.
Peter Wayne Roberts a été appelé à la barre des témoins, où il a répondu aux questions de son avocat, Me Rishi Pursem, Senior Counsel. Âgé de 51 ans, il vit actuellement à Liverpool, en Angleterre. Il s’est présenté comme cadre du secteur bancaire et investisseur. Il a longuement relaté les circonstances dans lesquelles il a avait connu sa compagne, Lee Ann Palmarozza, en Afrique du Sud, ainsi que sa relation avec celle-ci dans ce pays. Vers la même époque, il venait souvent à Maurice, où son père dirigeait une entreprise.
Il a décrit les circonstances dans lesquelles il avait fait l’acquisition d’une villa d’une filiale du groupe hôtelier Anahita en 2010, sur le littoral est du pays, et comment il avait obtenu un permis de résidence à Maurice par la suite. Il a lu un document d’Anahita qui garantit la sécurité des occupants et résidents de ses chambres, suites et autres villas, sur une base 24/7. Il a aussi lu un autre document d’Anahita sur ses mesures de protection autour de la piscine de l’hôtel. Une photo aérienne a été remise au témoin, où il a marqué les différents lieux de l’hôtel à l’attention de la Cour. Des courriels de la défunte au plaignant ont été aussi lus.
Le couple était venu à Maurice le 26 décembre 2014. Le Sud-Africain a brièvement décrit les journées que sa compagne et lui ont passées dans l’hôtel, et est ensuite revenu sur le jour fatidique du 29 décembre 2014. Selon lui, ce jour-là, Lee Ann Palmarozza et lui avaient visité l’Ile-aux-Cerfs. Vers 22h30, en rentrant à leur villa, Lee Ann Palmarozza avait décidé de s’allonger un moment sur une des chaises de plage, près de la piscine de l’hôtel, zone qui était plongée dans la pénombre, selon Peter Wayne Roberts.
Il l’aurait laissée et aurait regagné sa chambre. Au bout d’un moment, ne la voyant pas revenir, il était reparti la chercher. Il ne l’avait pas revue sur la chaise longue, et s’était mis à sa recherche. Ne la retrouvant toujours pas, il avait alors eu un horrible pressentiment.
Il était alors parti à la réception de l’hôtel, et demandé de l’aide aux deux préposées. Il maintient toutefois qu’aucun membre du personnel de l’hôtel n’avait offert de l’accompagner dans ses recherches. Il avait continué frénétiquement ses recherches, et avait fini par retrouver Lee Ann Palmarozza inerte dans la piscine.
Un moment d’émotion pour le Sud-Africain en Cour qui, d’une voix étranglée, a décrit ce moment comme « the worst experience in my life ». Il avait crié d’effroi et plongé dans la piscine. Il avait dans un premier temps essayé de sortir Lee Ann Palmarozza de l’eau, mais peine perdue. Ce n’est qu’avec l’aide d’un autre client de l’hôtel qu’il a fini par la sortir de la piscine. Il avait essayé tant bien que mal de la ranimer, mais peine perdue. Lee Ann Palmarozza avait déjà rendu l’âme.
Peter Wayne Roberts maintient qu’il n’a reçu aucune aide des sauveteurs de l’hôtel, pourtant formés dans les techniques de réanimation, ou des autres préposés de l’hôtel. « I had no clue what to do », a-t-il lancé. Seuls les autres clients de l’hôtel lui auraient fourni une aide. « I received ho help whatsoever from the staff », a-t-il maintenu.
D’autres éléments sont ressortis de cette audience, selon le témoignage du Sud-Africain : il n’aurait eu aucun argument avec Lee Ann Palmarozza le jour du drame, et celle-ci souffrait de Personality Disorder  et d’anxiété. Cette affaire reprend aujourd’hui.
Dans le sillage de la mort de Lee Ann Palmarozza, Peter Wayne Roberts avait été accusé de meurtre. Il avait toutefois été acquitté par la Cour d’assises en 2016. Dans une plainte logée contre l’Anahita Residence & Villas Ltd l’année dernière, il réclame la somme de Rs 136 millions au groupe hôtelier. Selon Peter Wayne Roberts, la sécurité de l’hôtel présentait de graves lacunes, tandis que le personnel de l’hôtel n’avait apporté aucune assistance à une personne en détresse. Peter Wayne Roberts a aussi logé une plainte contre l’État mauricien, réclamant environ Rs 1,3 milliard pour le préjudice qu’il aurait subi suivant son arrestation, en janvier 2015, et sa détention d’une durée de 15 mois.

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