Confirmée pour le 19 juin, comme révélé en exclusivité par Week-End, la présentation du Budget 2026-2027 s’annonce comme l’un des exercices les plus délicats de ces dernières années, entre dette record, pouvoir d’achat sous pression et nécessité de relancer la croissance.
À moins de deux semaines de la présentation du Budget 2026-2027, l’attente est grande tant au sein des milieux économiques que parmi la population. L’exercice s’annonce particulièrement délicat pour le gouvernement, qui devra composer avec une situation financière tendue, marquée par un niveau d’endettement élevé, une inflation persistante et des attentes sociales grandissantes.
Le principal défi reste celui du pouvoir d’achat. Depuis plusieurs mois, les Mauriciens font face à une augmentation continue du coût de la vie. Les prix des produits alimentaires, des biens importés et de nombreux services ont progressé, tandis que la dépréciation de la roupie face aux principales devises internationales continue d’alourdir la facture des importations.
Cette situation intervient dans un contexte où la croissance économique peine à retrouver son rythme d’avant-crise alors que l’inflation demeure présente. Plusieurs économistes évoquent une situation proche de la stagflation, caractérisée par une croissance modérée combinée à une hausse durable des prix.
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Rs 675 milliards de dette… et des marges de manœuvre de plus en plus limitées
Le gouvernement doit également faire face à une dette publique estimée à environ Rs 675 milliards, soit plus de 92 % du produit intérieur brut. Ce niveau d’endettement réduit considérablement la capacité de l’État à financer de nouvelles mesures de soutien sans recourir à davantage d’emprunts.
Plus préoccupant encore, certains spécialistes soulignent que le coût du service de la dette progresse désormais plus rapidement que la croissance économique. Une part croissante des ressources publiques est ainsi absorbée par le remboursement des intérêts, limitant les investissements dans les secteurs productifs.
Parallèlement, l’endettement des ménages continue de progresser. Il aurait pratiquement doublé en six ans pour atteindre plus de Rs 200 milliards, traduisant les difficultés rencontrées par de nombreuses familles pour faire face à leurs dépenses courantes.
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Vie chère, gaspillage public et risque de mesures impopulaires
Dans ce contexte, plusieurs experts appellent à une meilleure maîtrise des dépenses publiques. Ils estiment qu’une réduction du gaspillage et des inefficacités au sein de certains organismes publics pourrait permettre d’économiser plusieurs milliards de roupies chaque année.
Les critiques portent notamment sur les dépassements budgétaires observés sur certains projets d’infrastructure ainsi que sur les performances de certaines entreprises publiques. La Central Water Authority est régulièrement citée en exemple, avec des pertes d’eau qui atteindraient près de 65 % avant même que l’eau traitée n’arrive aux consommateurs.
Face à ces contraintes, le gouvernement pourrait être amené à prendre des décisions difficiles. Un ciblage plus strict des aides sociales, une révision de certaines subventions ou encore une contribution accrue des hauts revenus figurent parmi les pistes évoquées par plusieurs observateurs.
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Et la relance économique ?
Mais au-delà des mesures de rigueur, la question centrale demeure celle de la relance économique. Les secteurs de l’économie bleue, de l’agriculture modernisée et des énergies renouvelables sont souvent présentés comme des moteurs de croissance capables de créer de nouvelles richesses tout en réduisant certaines dépendances structurelles du pays.
Le Budget 2026-2027 sera donc scruté avec attention. Entre impératifs financiers, attentes sociales et nécessité de préparer l’avenir, le gouvernement devra convaincre qu’il dispose encore des moyens nécessaires pour remettre l’économie sur une trajectoire durable tout en protégeant les Mauriciens les plus exposés aux effets de la vie chère.

