Air Mauritius — Questions sur le fonctionnement de la compagnie

Les employés de la compagnie sont fatigués de voir la compagnie nationale faire la Une des médias presque toujours pour de mauvaises raisons. Ils voudraient que la direction et le pouvoir politique fassent plus dans le concret, et en toute urgence, afin d’envoyer les signaux forts pour indiquer que la culture de Gouvernance et de Leadership a changé de manière durable et convaincante. Malheureusement, tel n’est pas le cas encore, malgré les bonnes intentions de son CEO à vouloir communiquer son Business Plan et les nouvelles valeurs organisationnelles à travers sa page sur les réseaux sociaux.

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Par exemple, le 3 juin 2026, il y a eu, enfin, un aboutissement positif avec la signature de nouveau Memorandum of Understanding (MOU) avec les syndicats au sol. Un soulagement pour les employés après tant d’années d’attente et de frustration, et dans un contexte très difficile pour le monde de l’aviation et de l’économie mondiale. Si André Viljoen a considéré urgent de régler cette tension industrielle à travers la signature des MOU, c’est surtout pour donner confiance et restaurer la sérénité et le sens d’appartenance auprès des employés et autres stakeholders. Mais pour les avertis, à l’intérieur comme à l’extérieur, ils craignent que le simple fait de signer des accords avec les syndicats ne suffise pas pour instaurer un climat durable de confiance et de sérénité. Pourquoi cette mefiance à l’intérieur de l’organisation, malgré les déclarations de bonnes intentions et la signature des MOU ? Tout simplement parce que le sentiment que les problèmes systémiques d’Air Mauritius ne sont pas traités de manière cohérente et convaincante, perdure. Voici une petite liste d’interrogations pertinentes
1) Qui est vraiment le commandant à bord de MK? Dans l’aviation comme à bord d’un avion, il faut qu’il y ait toujours un seul Commandant à bord. Mais est-ce que tel est le cas dans la réalité avec la perception qu’il y a au moins trois centres de pouvoir à ce jour chez MK ? Il y a officiellement Andre Viljoen comme le CEO légitime, mais il y aussi Megh Pillay à travers AHL … et pire, Dass Thomas. Annoncé par le PM lui-même au tout début comme le futur CEO de MK, ce dernier dut se contenter d’être simple membre des boards de MK et AHL finalement. Mais ce déclassement n’était que pour la galerie car Dass Thomas semble avoir été repêché comme best loser dans la structure hiérarchique et de pouvoir chez MK. Contre tous les principes de la bonne gouvernance, tout en étant membre du board de MK (et président de son Committee of Good Corporate Governance), il semble avoir élu domicile à plein temps au 19ème étage du PEQ Court. Comment un membre du board et du Comité de bonne gouvernance peut venir assumer les fonctions qui incombent à l’Executive Management, avec de fortes rémunérations mensuelles ? N’est-ce pas une insulte aux employés et à la population toute entière que de perpétuer de tels incohérences et abus pour récompenser des proches du pouvoir ou du PM?

2) La pertinence d’AHL pose toujours un gros problème dans la chaîne de commandement de MK et des autres subsidiaires. Quel est le value-added réel que le Holdings apporte à MK en sus du potentiel de conflits au sommet et les coûts de trois commandants à bord ? Qui paye en fin de compte et de quelle trésorerie ? Dans l’intérêt public, peut-on savoir combien touche André Viljoen comme CEO de MK, Megh Pillay comme CEO d’AHL, et Dass Thomas en dehors de sa fonction comme board member ?

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3) Qui, entre Dass Thomas, Jean Bernard Sadien et Kavish Seedam, contrôlent et gèrent le département de HR et ses décisions ? Combien ces personnes coûtent-elles à la compagnie ?

4) Manque de transparence et règne d’impunité au sein de MK :
– Cela fait plus de 2 ans qu’Anba Manikham a été suspendu chez MK. Alors qu’il se la coule douce toujours avec suspension with full play depuis 2 ans, contrairement aux procédures établies, son permis d’accès n’a pas été confisqué. Est-ce que cette procédure a été appliquée dans le cas de Mme Kiran Balgobin, sa compagne suspendue dans une affaire d’achat et de vente de voiture de la compagnie ?

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4) On parle de « vre sanzman » de gouvernance et d’accountability, mais où est le rapport Kroll, presqu’un an après la mise en place du forensic enquiry par le board de MK sous l’ère Beegoo! Pourquoi ce silence ou ce retard à rendre le rapport public ou par le biais du Parlement ?

Certes, c’est très positif qu’on restitue aux employés leur dus et droits avec la signature des MOU, mais n’est-ce pas être naïf et simpliste que de croire que la confiance et la sérénité durable s’installeront chez MK juste en procédant à des opérations « labous dou ». Sans s’attaquer aux problèmes de fond cités plus haut (parmi d’autres).

Un observateur informé

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