Au large de Mayotte : Des amas de « glace de CO2 » découverts au fond de l’océan

Un vaste champ d’hydrates de CO2, une sorte de glace contenant du CO2 emprisonné, a été découvert pour la première fois au fond de l’océan Indien, dans la zone du « Fer à cheval », à 10 km à l’est de Mayotte. Pour l’Ifremer, qui a communiqué la nouvelle ce vendredi 12 juin, il s’agit d’une réaction scientifique due à l’apparition du volcan Fani Maore.

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Ce sont des formes étranges qui trônent au fond de l’océan. A 1.200 mètres de profondeur, prisonniers de l’eau froide (4°C), 120 monticules semblables à de « gros bonhommes de neige agglutinés » se trouvent près de Mayotte, dans la zone du « Fer à cheval ».

« C’est la première fois qu’on observe des hydrates de CO2 dans le fond de l’océan », a déclaré à l’AFP Cécile Cathalot, chercheuse en géochimie des milieux marins à l’Ifremer et autrice principale d’une étude publiée, ce vendredi.

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Il est probable que l’apparition de ces sources de CO2 liquide d’origine magmatique dans la zone du Fer à cheval soit liée à la crise sismo-volcanique qui affecte l’île de Mayotte et qui s’est notamment manifestée par la formation du nouveau volcan Fani Maoré découvert en 2019. Cette activité a probablement déstabilisé la structure volcanique du Fer à cheval dont la formation est largement antérieure à l’éruption du Fani Maore », explique l’Ifremer, qui fait valoir que « jamais un tel site n’avait été observé auparavant ».

Une première découverte en 2021

Ces amas n’ont pas été repérés dernièrement, est-il révélé. Leur première découverte a été réalisée dès 2021 par une équipe internationale de chercheurs. Puis, une nouvelle campagne menée en août 2025 a permis de revisiter ce site, qui semble stable sur les quatre années précédentes.

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Sorte de laboratoire naturel, cette zone offre « la possibilité d’étudier les processus naturels, la réponse des écosystèmes et les effets à long terme de l’exposition à un excès de CO2 dans l’environnement sous-marin », écrivent les chercheurs.

La découverte peut permettre « d’étudier les voies de séquestration du CO2 par la formation d’hydrates de gaz », dans le cadre notamment des pistes de géoingénierie visant à limiter le changement climatique.

« Pour bien comprendre la stabilité à long terme de ces hydrates en milieu naturel, il est essentiel de mener des recherches plus approfondies sur les paramètres physico-chimiques qui influencent la cinétique de leur formation et de leur dissolution », soulignent-ils.

La présence de ce carbone « gelé » n’est pas sans conséquences sur les coraux. Ainsi, les chercheurs ont remarqué une mortalité accrue de coraux autour des sources d’émissions de CO2, sans doute sous l’effet de l’acidification de l’eau due à l’excès de gaz carbonique.

Source : la1ere.franceinfo.fr

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