Le député indépendant Franco Quirin a vivement critiqué la gestion gouvernementale de la réforme de la pension à la retraite. Au-delà du contenu de la réforme, c’est surtout la méthode employée qui a semé le doute au sein de la population, a-t-il avancé.
Revenant sur la proposition de Means Testing pour la pension universelle – finalement abandonnée par le gouvernement – il s’est interrogé sur les conditions dans lesquelles une mesure aussi sensible a pu être intégrée au budget. « Un budget national n’est pas un brouillon. Un budget national n’est pas un laboratoire d’essais. Un budget national est l’expression de la politique économique et sociale d’un pays », a-t-il déclaré.
Franco Quirin estime que les changements successifs concernant les pensions alimentent l’incertitude. Après le relèvement progressif de l’âge de la retraite à 65 ans, puis la présentation d’une nouvelle formule – aujourd’hui suspendue –, les citoyens ne savent plus à quoi s’attendre… « Personne ne sait réellement ce qui va suivre », a-t-il affirmé, ajoutant que les Mauriciens ont besoin de stabilité pour préparer leur retraite et leur avenir. D’après lui, « on ne peut gouverner un pays en créant un climat permanent d’incertitude et d’anxiété pour les familles ».
Le député a également soulevé des questions quant au processus de prise de décision au sein du gouvernement, à la suite des déclarations du ministre de l’Intégration sociale, laissant entendre que le Premier ministre aurait été mal conseillé… « Qui élabore réellement les politiques publiques de ce pays ? », s’est-il demandé, plaidant pour davantage de transparence et de responsabilité.
Sur le plan économique, Franco Quirin a soutenu que les sacrifices demandés à la population doivent être accompagnés d’efforts similaires de la part de l’État. Il a appelé à une réduction du gaspillage, des dépenses non essentielles et des privilèges accordés dans certains organismes publics. « La crédibilité d’une politique de rigueur repose avant tout sur l’équité, l’exemplarité et le partage des sacrifices », a-t-il souligné.
Le député a dit regretter que le budget n’accorde pas davantage de moyens à la prévention et à la réhabilitation dans la lutte contre la drogue, estimant que « la répression à elle seule ne gagnera jamais la guerre contre la drogue ». D’après lui, protéger la jeunesse et restaurer la confiance des citoyens doivent demeurer des priorités nationales.

