Depuis 2017, un couple de retraités mauriciens affirme vivre un cauchemar immobilier à Flic-en-Flac. Au cœur de cette affaire : un appartement acheté sur plan au sein de la Résidence Ashiana (Seaview Residence), rue des Mérous, pour lequel ils ont versé un accompte de Rs 2 millions, sans jamais obtenir la livraison du bien promis.
Le projet était porté par Me A.R, intervenant selon eux à la fois comme architecte, promoteur et notaire. Prévue pour le début de l’année 2018, la livraison n’a jamais eu lieu. Lors de leur déplacement à Maurice, afin de prendre possession de leur appartement, les acquéreurs découvrent un immeuble inachevé et demandent immédiatement le remboursement des sommes versées. Leur demande restera sans suite.
Une mise en demeure est adressée, puis les échanges cessent progressivement. Pendant sept ans, des problèmes de santé empêchent le couple de revenir à Maurice, tandis que les frais s’accumulent, notamment les coûts d’hébergement lors de leurs séjours sur l’île pour tenter de faire avancer le dossier.
En août 2025, ils reviennent à Maurice avec l’espoir de trouver une issue. Ils affirment alors avoir appris que l’appartement avait été revendu à un tiers, tandis que le remboursement intégral des sommes versées demeurait impossible, selon leur interlocuteur.
Le couple a depuis mandaté un avocat et engagé des procédures judiciaires à Maurice. Mais ils dénoncent la lenteur du processus et le sentiment d’impuissance ressenti par ceux qui vivent à l’étranger et disposent de moyens limités pour suivre de longues procédures judiciaires. Aujourd’hui épuisés par près de neuf années de démarches, les retraités demandent simplement que leur affaire soit examinée dans des délais raisonnables et que la loi soit appliquée avec la même rigueur pour tous. « Nous sommes des retraités, nous sommes fatigués, malades, et nous voulons simplement que la justice mauricienne fasse son travail », concluent-ils avec amertume.
Si les faits allégués venaient à être établis, cette affaire pose également la question de la protection des acquéreurs immobiliers à Maurice, de la supervision des professionnels concernés et, plus largement, de la confiance accordée au système qui encadre ces transactions.
Nous avons essayé de contacter la Chambre des Notaires pour obtenir des clarifications officielles sur cette affaire dans laquelle les agissements de Me A.R, qui fait lui-même partie de la Chambre des Notaires, sont formellement mis en cause. Malgré nos relances, nous n’avons pas eu de retour d’appel pour savoir si l’instance s’est officiellement saisie du dossier, si ce notaire fait déjà l’objet de plaintes similaires, ou si des mesures ont été ordonnées à son encontre.
L’insalubrité au quotidien à Seaview Residence
Les résidents actuels de Seaview Residence doivent composer avec de graves manquements structurels, notamment des odeurs nauséabondes et persistantes provenant de drains mal conçus. Un nouveau syndic de copropriété a été voté, il y a deux semaines, par les propriétaires pour tenter de régler les nombreux problèmes techniques et d’insalubrité qui empoisonnent leur quotidien.

