Aucune révocation n’est envisagée au sein de la Commission d’experts sur la réforme des pensions. Répondant au député Adrien Duval à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a défendu leur travail, affirmant qu’ils ont agi « avec diligence, indépendance, professionnalisme et intégrité », et estimé qu’il serait injuste de leur attribuer la responsabilité des mesures annoncées dans le Budget 2026-2027 rappelant qu’ils ont été mandatés pour formuler des recommandations indépendantes et non pour arrêter les choix politiques du gouvernement.
Le chef du gouvernement a rappelé que les membres de la Commission ont été nommés en octobre 2025 pour un mandat de 18 mois, avec des termes de référence établis en consultation avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, puis approuvés par le Cabinet.
Selon lui, la Commission avait pour mission de fournir des avis et des recommandations indépendants. « Il n’est ni approprié ni juste de lui attribuer les décisions contenues dans le discours du Budget », a-t-il déclaré, soulignant que la question de révoquer les membres de la Commission « ne se pose pas ».
La Commission est chargée d’examiner les trois piliers du système de retraite, soit la pension de base non contributive, les régimes contributifs et les régimes privés volontaires. Après huit mois de consultations et de délibérations, elle a remis un rapport intérimaire en mai 2026, présenté le 20 mai au comité de pilotage sur la réforme des pensions, présidé par le Premier ministre et composé de plusieurs membres du gouvernement.
Le Premier ministre a indiqué que les observations formulées par le comité de pilotage ont été prises en compte par la Commission et qu’un large consensus s’est dégagé sur l’orientation des réformes.
Le gouvernement a décidé d’agir sans attendre sur les recommandations concernant le premier pilier, notamment la pension de retraite de base, invoquant l’urgence de la situation et le niveau élevé de la dette publique, estimée à 87,7 % du PIB en juin 2026.
Dans ce cadre, une Unified Independent Pensions Regulatory Authority sera créée afin de réguler l’ensemble du système de pension. Un Central Pensions Administration Bureau sera également mis en place pour regrouper les différents régimes publics, numériser les services et faciliter les démarches des cotisants et des pensionnés.
Le Premier ministre a précisé que la Commission dispose encore d’environ neuf mois pour remettre son rapport final, qui portera principalement sur les deuxième et troisième piliers du système de retraite. Ce document devra notamment proposer les modalités de mise en œuvre des réformes, une révision du cadre législatif régissant les pensions, la création d’un National Pensions and Provident Fund ainsi que les mécanismes de gestion et d’investissement de ce fonds.
Il a également indiqué que l’avenir du Portable Retirement Gratuity Fund et du National Savings Fund sera examiné en tenant compte des intérêts des travailleurs. Sous réserve de l’approbation du Cabinet, les projets de loi nécessaires devraient être présentés avant la fin de l’exercice financier 2026-2027.
Le Premier ministre a assuré que les réformes envisagées ne laisseront aucun travailleur en moins bonne situation. Chaque salarié disposera d’un compte individuel dédié et aucune hausse des cotisations ne sera imposée aux employeurs ou aux employés. Les contributions au titre de la CSG, actuellement versées au Consolidated Fund, seront progressivement redirigées vers ces comptes individuels.
Réaffirmant la confiance du gouvernement envers la Commission, il a demandé à ses membres de poursuivre leur mandat jusqu’à la remise du rapport final. Selon lui, ces réformes visent à assurer la pérennité du système de pension et à garantir le versement des pensions aux générations futures.

