« Concurrence déloyale » évoquée : Des chauffeurs de taxi à l’assaut d’Uber

La « volte-face » du ministre Mahomed vivement dénoncée

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Décision de la Cour suprême attendue le 13 quant à la demande d’injonction contre la firme Logidis Ltée, qui opère la plateforme Alalila

Un regroupement de plusieurs associations de chauffeurs de taxi a tenu une conférence de presse, à Port-Louis, hier pour dénoncer l’implantation d’Uber à Maurice, ainsi ce qu’il estime être un « retournement de veste » du ministre des Transports, Osman Mahomed.

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Sous la présidence de Naick Vengidasamy, plusieurs associations de taxis, dont la Northern Taxi Association, la Port Taxi Association, l’Airport Taxi Association et la Hotel Taxi Association, ont tenu une conférence de presse hier, à l’hôtel St-Georges, pour dénoncer l’implantation d’Uber à Maurice le 25 mars dernier (qui opère en partenariat avec la plateforme Alalila, gérée par la firme Logidis Ltd).

Les chauffeurs de taxi expliquent qu’ils ont été obligés de tenir cette conférence de presse bien qu’une affaire soit en Cour suprême, les opposant à la plateforme Alalila, et ce au vu des postures du ministre Osman et du fait que l’heure serait grave, selon eux.

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Les taximen ont indiqué qu’ils ne sont absolument pas d’accord avec l’implantation d’Uber à Maurice, ainsi que d’autres plateformes en ligne pour la réservation des taxis, ces derniers opérant avec des contract cars ou des voitures privées.

Les chauffeurs de taxi font ressortir qu’ils opèrent à partir d’une base d’opérations, et que s’ils fonctionnent en dehors de cette base, ils courent le risque de voir leur patente de taxi être révoquée, selon les dispositions de la section 103 du Road Traffic Act. Ce qui n’est pas le cas des voitures privées opérant sous les plateformes en ligne.

Les chauffeurs de taxi soulignent qu’ils détiennent des permis en bonne et due forme, qu’ils sont soumis à un cadre légal et réglementaire strict et qu’ils doivent face à plusieurs coûts, ce qui n’est pas le cas des voitures privées opérant à partir d’une plateforme en ligne.

Cela constitue pour eux une compétition déloyale, surtout en ce qui concerne leurs opérations dans les hôtels, à l’aéroport et au port, leur causant des pertes substantielles et leur portant un préjudice grave par le manque à gagner. « Nou gagn-pin pe ale », lancent-ils en substance.

Par ailleurs, ils lancent ainsi un appel aux conglomérats qui opèrent ces plateformes, qui sont déjà implantés dans plusieurs domaines, de laisser vivre les chauffeurs de taxi, qui représentent environ 8 000 familles. Ils lancent aussi un appel aux chauffeurs de taxi patentés de cesser de travailler pour Uber qui, selon eux, finira par les remplacer par des contract cars ou des voitures privées.

Les taximen ont aussi souligné des problèmes avec Uber dans certains pays, qui ont interdit à cette multinationale d’opérer sur leur sol. Ils prévoient même qu’avec l’entrée d’Uber en opération sur le sol mauricien, « pou ena dezord partou ».

Les chauffeurs de taxi précisent qu’ils ne sont pas contre l’innovation, contrairement aux affirmations d’Uber, et exigent même qu’ils aient leur propre plateforme, gérée par l’État, comme cela est le cas dans plusieurs pays.

Les taximen ont annoncé la prochaine mise sur pied d’un syndicat regroupant tous les chauffeurs de taxis du pays, l’Union des taxis de l’île Maurice. Une marche pacifique est aussi envisagée.

Volte-face du ministre Osman Mahomed ?

Les chauffeurs de taxi n’ont pas manqué de dénoncer ce qu’ils qualifient de « volte-face » du ministre des Transports, Osman Mahomed.

Ce dernier avait accepté de recevoir les taximen quelque temps de cela. Il avait reconnu, avancent ces derniers, que les plateformes de réservation en ligne opéraient en dehors du cadre de la loi et aurait donné l’assurance aux chauffeurs qu’il n’allait pas laisser Uber opérer à Maurice.

La demande des taximen pour que le ministre émette un communiqué expliquant aux chauffeurs de voitures privées qu’ils opèrent en dehors du cadre de la loi est restée lettre morte. Puis, Uber a ensuite été autorisé à opérer à Maurice. « Nous nous posons la question pourquoi le ministre Mahomed a été dans une telle hâte de régulariser Uber à Maurice », dénoncent-ils.

Ils ont aussi remis en question l’affirmation du ministre Mahomed au Parlement, où ce dernier avait indiqué qu’Uber et les plateformes en ligne regroupaient quelque 7 600 chauffeurs. Les taximen accusent le ministre d’avoir « induit le Parlement en erreur » et le mettent au défi de venir prouver l’exactitude de ce chiffre.

Les chauffeurs lancent un appel pressant au Premier ministre pour qu’il intervienne dans ce dossier.

 

Décision de la Cour suprême attendue le 13

Ce regroupement de chauffeurs de taxi a logé une demande d’injonction contre la firme Logidis Ltée, qui opère la plateforme Alalila, et qui est désormais en partenariat avec Uber.
Les plaignants maintiennent que Logidis Ltd agit dans l’illégalité en opérant sa plateforme Alalila, sans aucun permis de la National Land Transport Authority (NLTA), avec des « unlicensed vehicles » agissant comme taxis, contournant ainsi le cadre légal et réglementaire concernant les taxis patentés. Les taximen sont représentés par Me Roshi Bhadain, leader du Reform Party, et par l’avoué Kaviraj Bokhoree.
Une décision de la Cour suprême est attendue le lundi 13 juillet 2026.

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