Ce samedi 11, la marche annoncée dans la capitale par une plateforme syndicale unie – fait rare, voire exceptionnel, dans le paysage local – devrait, et c’est tout le mal qu’on lui souhaite, attirer la grosse foule. Car les enjeux sont prioritaires. Non seulement pour les adultes aspirant à leurs retraites, mais aussi et surtout, pour les générations suivantes.
Deux budgets, deux atteintes portées en plein coeur… au système de pension national ! Un sujet sacro-saint pour chaque Mauricien, surtout s’il appartient à la classe ouvrière et/ou à la “middle class”. Ces deux malaises successifs ont engendré une flopée de « flous », quoi qu’en dise Ramgoolam ! L’enterrement de la SAP, le gel du “Means Test”, sous les feux de l’indignation populaire et toute la cohorte de mesures mal expliquées, méritent des réponses claires et franches.
Avec un peu moins de deux années au compteur, le gouvernement du Sanzman semble loin de respecter son contrat populaire. Il y a trop de “loopholes”, de manquements et de ratages pour « laisser passer » fermer les yeux, prétendre à l’indifférence, comme cette population l’a fait à diverses reprises. Et qu’elle accepte de faire, moyennant que ce soit de bonne guerre. Le fulgurant 60-0 s’inscrivait dans le but unique et primordial de botter hors du gouvernement un régime qui lorgnait trop du côté des dictatures. L’on n’attendait ni le messie ni quelque magicien. Juste des hommes et des femmes motivés par la reconstruction sur des bases solides d’une île unie et résiliente face aux défis immenses, et en harmonie avec sa pluralité.
Quelques aspects de notre quotidien se sont, certes, améliorés, comparés à ce que l’on a connu jusqu’à fin 2024. Tout n’est pas totalement noir, ni complètement blanc. Une demie-teinte résultant principalement des efforts de certains ministres peut-être plus consciencieux que d’autres. Des élus qui, définitivement, se sont approprié la formule “As one people, as one nation” – moteur de la campagne du phénoménal troisième 60-0 – se battent pour que résonne notre hymne national en chaque Mauricien. Pour que cette expression ne devienne pas une expression vide, creuse, insipide.
Notre liberté d’expression s’est retrouvée, une nouvelle fois, menacée avec une mesure budgétaire totalement incompréhensible et illogique, à moins qu’elle n’ait été dictée par une motivation purement totalitaire. Il s’agit de l’amende pour la Public Gatherings Act passant de Rs 25 000 à… Rs 100 000 dans le dernier budget ! À temps, le gouvernement, encore une fois, sous la pression populaire, a fait marche arrière. De tels ratages sont trop nombreux pour une adhésion populaire unanime.
Avec leur allure de démantèlement sournois et en douce, pernicieusement même, de la Welfare State, les mesures apportées par le gouvernement de l’Alliance du Changement au système de pensions restent en travers de la gorge. Encore une fois, de la classe ouvrière et des “middle class”. Mais pas ceux qui touchent le jackpot.
Et c’est justement là que la population attend Navin Ramgoolam. Qu’il donne l’exemple et prouve, par des mesures concrètes et efficaces à l’appui, qu’il n’est pas procapitaliste. Qu’il dise, soutenant des arguments de ses « experts » – qu’il chérit tant – que notre système de pensions ne tiendra pas le coup indéfiniment, cela la majorité des Mauriciens l’a bien compris et assimilé. Nul n’est dupe. Mais qu’il n’y ait pas d’autres moyens de renflouer les caisses vidées par l’ancien régime qu’en appauvrissant une tranche de la population déjà fortement impactée, là, le consensus peine à rencontrer l’unanimité. Et avec raison.
Il n’y a peut-être, effectivement, pas 100 ni 50 solutions. Mais il y en a qui sont viables et efficaces ! Navin Ramgoolam souhaite-t-il un bilan de leader et chef de gouvernement qui marquera l’Histoire pour les meilleures raisons ? Ou préfère-t-il être celui qui aura brisé les cœurs et les efforts de milliers de travailleurs ? Ce choix lui appartient.
Protéger nos jeunes devient impératif avec l’infestation des drogues dans nos institutions scolaires. Avec l’extension du projet éducatif, porté justement sur la prévention, “Get connected” aux jeunes du Grade 7, cela devrait aider grandement. D’autant que la NADC semble peiner à avancer pendant que les principaux acteurs – ministères et ONG – ont recommencé à agir en silo.
Husna Ramjanally

