– À ce jour, plus de 153 200 patients enregistrés de même que 287 800 consultations, 43 000 rendez-vous, 8 000 admissions, 7 400 sorties d’hôpital
Le projet national e-Health, destiné à moderniser les services de santé publique grâce à la numérisation des dossiers médicaux, devrait être pleinement opérationnel d’ici à la fin de l’année 2027. C’est ce qu’a déclaré le ministre de la Santé et du Bien-être, Anil Bachoo, en réponse à une interpellation parlementaire d’Annabelle Savabaddy.
Le ministre a indiqué que ce projet avait été lancé avant les élections générales de 2014 grâce à une ligne de crédit indienne, avant d’être abandonné après le changement de gouvernement en décembre de la même année. Il n’a été relancé qu’en 2022, dans le cadre d’un accord de partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), chargé de la gestion du projet et des procédures d’acquisition.
Initialement, la mise en service du système était prévue pour décembre 2024. Toutefois, d’importants retards d’ordre technique, opérationnel et organisationnel, notamment en raison de problèmes liés aux infrastructures électriques et à la connectivité, ont repoussé l’échéance. À son arrivée au ministère en novembre 2024, Anil Bachoo a affirmé avoir choisi de « sauver » le projet plutôt que de l’abandonner, compte tenu des investissements publics déjà consentis. Un comité interministériel ainsi qu’un comité de suivi du projet ont été mis en place afin d’accélérer son déploiement et de renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes.
Pour le ministre, le système est déjà utilisé dans plusieurs établissements de santé. À ce jour, plus de 153 200 patients y sont enregistrés. Le système a également permis de comptabiliser près de 287 800 consultations, 43 000 rendez-vous, 8 000 admissions, 7 400 sorties d’hôpital ainsi que plus de 281 000 consultations médicales. Le projet pilote est actuellement déployé dans plusieurs établissements de la région est, notamment à l’hôpital de Flacq, ainsi que dans certaines infrastructures des régions sud et sud-est. Les travaux préparatoires se poursuivent dans les régions Nord et Ouest.
La phase pilote et de stabilisation de la plateforme devrait être achevée d’ici à octobre 2026, avant un déploiement progressif dans l’ensemble des hôpitaux et centres de santé du pays. Le ministre a toutefois précisé que le calendrier pourrait être ajusté en fonction des exigences techniques, de la cybersécurité, de la sécurité des patients et des retours des utilisateurs.
Sur le plan financier, Anil Bachoo a indiqué qu’un montant total de USD 7,42 millions a été versé au PNUD dans le cadre d’un accord couvrant non seulement le projet e-Health, mais aussi plusieurs autres initiatives numériques dans le secteur de la santé. De cette somme, près de 94% avaient déjà été déboursés avant novembre 2024. Le contrat spécifique du système e-Health, attribué à un consortium en janvier 2024, s’élève à USD 4,44 millions, dont plus de USD 2,74 millions ont déjà été payés. Par ailleurs, des travaux d’infrastructure, incluant les installations électriques, les équipements informatiques et la préparation des sites, sont financés séparément par le gouvernement à hauteur de Rs 257,1 millions.
Le ministre a également confirmé la création de Digital Health Co. Ltd, une société d’État constituée en septembre 2024 pour assurer la gestion et la pérennité du projet. Placée sous la tutelle du ministère de la Santé, cette entité est administrée par un conseil d’administration composé notamment de représentants du ministère de la Santé, du Bureau du Premier ministre, du ministère des Finances et du Bureau de l’Attorney General. Le recrutement du personnel est en cours et 28 Digital Health System Officers ont déjà été recrutés, dont 19 sont actuellement en poste.
Interrogé par la députée sur l’augmentation de la dotation budgétaire de Rs 25 millions à Rs 45 millions de la Digital Health Agency (DHA), chargée de la mise en œuvre du projet e-Health, le ministre de la Santé a indiqué que cette hausse des crédits répond à l’évolution du projet et à l’accélération de son déploiement.
Anil Bachoo a expliqué que, durant la phase initiale du projet, les besoins financiers étaient limités, ce qui avait conduit la DHA à ne pas utiliser l’intégralité des fonds qui lui avaient été alloués. En effet, un montant de Rs 19 millions avait été reversé au Consolidated Fund.
Pour le ministre, l’augmentation des ressources est aujourd’hui justifiée par l’élargissement des activités de l’agence, notamment le recrutement de personnel supplémentaire et l’extension du projet à de nouvelles régions où peu de travaux avaient été réalisés auparavant. Il a souligné que d’importants chantiers restent à mener afin d’assurer une mise en œuvre complète du système de santé numérique.
Concernant la gouvernance de la Digital Health Agency, le ministre a rappelé que celle-ci fonctionne sous le régime de la Companies Act, ce qui lui confère une autonomie dans ses décisions opérationnelles. Toutefois, il a précisé qu’en tant que ministre de tutelle, il demeure responsable du suivi des questions financières et a assuré que chaque roupie allouée serait utilisée de manière optimale au bénéfice du système de santé.
Répondant à une question de la députée sur la rémunération des administrateurs de la DHA, le ministre a indiqué que celle-ci a été approuvée par le comité compétent présidé par le Secrétaire au Cabinet. Il a précisé qu’aucune augmentation n’est prévue pour le prochain exercice financier et que les rémunérations resteront conformes aux dispositions applicables aux entreprises de catégorie A.

