Joanna Bérenger, qui a levé le lièvre au Parlement, explique que la végétation dunaire joue un rôle essentiel dans la fixation du sable
Le défrichage d’une partie de la végétation dunaire à Riambel, effectué sans les autorisations requises selon les autorités, aura des suites judiciaires. Porté au Parlement vendredi, lors de l’ajournement des travaux, le dossier relance les questions autour de la protection du littoral, des obligations attachées aux pas géométriques et du maintien de l’accès public à la mer.
L’affaire a été soulevée à l’Assemblée nationale par la députée du Front Militant Progressiste (FMP), Joanna Bérenger. Elle a rappelé que la végétation présente sur les dunes joue un rôle essentiel dans la protection des plages contre l’érosion et dans la fixation du sable. Elle a souligné que toute intervention dans une Environmentally Sensitive Area (ESA) doit faire l’objet d’une autorisation préalable en vertu de la section 25 de l’Environment Act.
Selon elle, aucune autorisation officielle n’avait été délivrée pour cette opération. Le cas a été signalé à la police et elle a demandé que les dommages causés à l’environnement soient réparés et que les responsables répondent de leurs actes. Elle a également réclamé une communication claire des autorités, alors que des cas similaires ont récemment été signalés à Belle-Mare, Mont-Choisy et désormais Riambel. « Être titulaire d’un bail ne donne pas le droit de faire n’importe quoi avec notre patrimoine naturel », a-t-elle précisé.
Poursuivi après avoir été rappelé à l’ordre
Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan a confirmé qu’il était parfaitement au courant du dossier de Riambel. Il a indiqué que l’auteur de l’opération avait déjà été rappelé à l’ordre (« taken to task ») et qu’il ferait l’objet de poursuites. Le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed a, pour sa part, indiqué qu’une visite avait déjà eu lieu sur les lieux. Il a précisé avoir engagé des discussions avec le bureau de l’Attorney General, afin de clarifier, par voie de règlements, le cadre juridique applicable aux pas géométriques. Il a également fait savoir que le bail concerné avait été accordé avant les dernières élections générales.
Une zone de 20 mètres sur 40 mètres défrichée
L’inspection effectuée jeudi 9 juillet a réuni plusieurs instances, dont le ministère de l’Environnement à travers son département de Gestion intégrée des zones côtières (ICZM), la Police de l’Environnement, le ministère du Logement et des Terres, les Services forestiers, Fisheries, la Beach Authority, ainsi que le Conseil de district de Savanne.
Étaient également présents l’honorable Jugurnauth, député de la circonscription n°14, des conseillers de district de même qu’un représentant des pêcheurs.
Les constatations effectuées sur place font état d’une zone d’environ 20 mètres sur 40 mètres défrichée devant un bungalow. Plusieurs espèces végétales, notamment l’herbe bourik, le batatran et le veloutier, ont été arrachées.
La plage elle-même n’a pas été touchée. La végétation retirée et le sable déplacé ont été entreposés sur place. Aucun signe d’érosion ni changement de la topographie du site n’a été observé lors de la visite.
Des obligations liées au bail
Le ministère du Logement et des Terres rappelle que le bail comporte une condition spéciale imposant la préservation du sentier existant utilisé par les pêcheurs et le public. Le titulaire doit également disposer d’un permis Building and Land Use (BLUP) délivré par le Conseil de district de Savanne.
Des conditions environnementales s’appliquent également au terrain loué. Le locataire doit notamment maintenir le site propre et en bon état, tandis qu’aucun déchet ne doit y être déversé.
Les Services forestiers ont indiqué qu’en vertu de l’article 14 du Forest and Reserves Act, une autorisation préalable aurait dû être obtenue avant le défrichage du terrain. Le département des Fisheries a, de son côté, rappelé que le passage utilisé par les pêcheurs pour accéder à la mer ne devait faire l’objet d’aucune obstruction. Le Conseil de district de Savanne a confirmé que le bungalow avait été construit conformément au permis de construire et d’utilisation des terres (BLUP) délivré.
Les explications recueillies sur place indiquent que le défrichage aurait été entrepris en raison de la présence de détritus, de seringues et de bouteilles en verre pouvant représenter un risque pour la sécurité. Il a également été indiqué que l’objectif était d’aménager le site, sans intention d’y construire une quelconque structure.
Le représentant des pêcheurs a demandé que le passage vers la mer demeure libre, celui-ci étant utilisé pour accéder au lagon. L’assurance a été donnée que cet accès restera non obstrué pour les pêcheurs et le public.
Poursuites et remise en état
Le ministère du Logement et des Terres doit désormais engager les démarches nécessaires concernant le respect de la condition spéciale relative à la préservation du sentier existant utilisé par les pêcheurs et le public.
Les Services forestiers engageront également une action pour infraction au Forest and Reserves Act.
Un plan de réhabilitation devra être soumis. La remise en état du site sera réalisée en collaboration avec les pêcheurs, notamment à travers la réutilisation du sable déjà entreposé sur place.

