Les 547 bovins transportés par le navire MV Apex LSS Success ont été débarqués à Maurice après le feu vert exceptionnel des autorités à cette opération, invoquant des raisons de force majeure et de bien-être animal. C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Agro-Industrie, Arvin Boolell hier. Toutefois, cette autorisation, accordée à Ubora Ventures Ltd, demeure soumise à une série de conditions particulièrement strictes imposées par le ministère de tutelle.
Le ministère insiste sur le fait que cette autorisation revêt un caractère strictement exceptionnel, l’importateur s’engageant à respecter l’ensemble des conditions imposées par les autorités. La société est également avertie qu’une telle situation ne devra jamais se reproduire, faute de quoi le gouvernement prendra à son encontre des sanctions sévères.
Arvin Boolell avait donné pour consigne stricte aux Division of Veterinary Services (DVS) de prendre toutes les mesures nécessaires, en collaboration avec les autorités concernées, afin d’empêcher toute entrée non autorisée du navire et de son chargement sur le territoire mauricien. Ces instructions avaient été données à la lumière des nombreuses incohérences relevées dans le dossier et des renseignements recueillis par les services vétérinaires concernant l’origine des têtes de bétail.
Selon des informations recueillies auprès du ministère de l’Agro-Industrie, l’affaire remonte au début de l’année. Le 3 février 2026, un premier permis avait été délivré à Ubora Ventures Ltd pour l’importation de 900 bovins d’Afrique du Sud. Aucun animal n’ayant été importé, cette autorisation est arrivée à expiration le 3 mars.
Un second permis, accordé le 2 avril pour l’importation de 700 bovins en provenance de Namibie, est également resté sans suite. Les vérifications entreprises auprès des autorités vétérinaires namibiennes ont révélé qu’Ubora Ventures Ltd n’avait jamais entrepris les démarches nécessaires à une telle exportation.
La situation s’est compliquée lorsque la DVS a appris que le navire MV Apex, localisé au Mozambique, devait prendre la mer avec une cargaison de bovins. Ubora Ventures Ltd soutenait alors que les animaux provenaient d’Afrique du Sud et avaient été transférés au Mozambique pour y effectuer leur quarantaine avant embarquement.
Cette version a toutefois été contredite par les autorités compétentes. Le Mozambique a confirmé que les animaux étaient d’origine mozambicaine, tandis que l’Afrique du Sud a indiqué qu’aucun transfert de bovins vers le Mozambique n’avait eu lieu durant la période évoquée par la société.
Ces révélations ont immédiatement suscité des inquiétudes. Maurice interdit en effet les importations de bétail en provenance d’Afrique du Sud depuis le 20 février 2026 en raison de la propagation de la fièvre aphteuse. Quant au Mozambique, aucune importation de bétail n’y est autorisée compte tenu de sa situation épidémiologique.
Face à ces incohérences, la DVS a renforcé sa surveillance. Une plainte a été déposée à la police, les déplacements du navire ont été suivis grâce au système Marine Traffic et une coordination étroite a été mise en place entre la Police portuaire, la National Coast Guard, la Mauritius Revenue Authority, la Mauritius Ports Authority et les services vétérinaires. La Commission de l’océan Indien a également été sollicitée, tandis que Madagascar a refusé au navire l’accès à sa zone économique exclusive pour des raisons de sécurité sanitaire.
Arvin Boolell maintient que le débarquement des 547 bovins ne constitue cependant pas l’aboutissement de ce dossier. Les têtes de bétail feront désormais l’objet d’un protocole vétérinaire particulièrement strict comprenant des inspections cliniques, des analyses de laboratoire et une période de quarantaine. Les autorités entendent établir avec certitude leur origine, vérifier leur état sanitaire et s’assurer qu’aucune maladie susceptible de menacer le cheptel national ne puisse être introduite à Maurice.

