Échiquier politique | Budget Aftermath — Lesjongard : « Sekter prive pe dikte reform pansion dan Moris »

Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a vivement critiqué la gestion du dossier de la réforme de la pension par le gouvernement. Il a dit avoir l’impression que « sekter prive pe dikte reform pansion dan Moris. »  Lors d’une conférence de presse du Mouvement Socialiste Militant (MSM), tenue hier au Sun Trust, il a remis en cause la composition du comité d’experts chargé d’étudier la réforme, jugeant que plusieurs de ses membres sont issus ou ont évolué dans le secteur des assurances au privé.

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D’après Joe Lesjongard, l’absence de représentants des ministères des Finances, de la Sécurité sociale et du Travail au sein de cette instance soulève de sérieuses interrogations. « Pa kapav met otan dimounn sekter prive dan sa komite-la kot zot pou vinn dir kouma zer larzan lepep », a-t-il lancé, réclamant l’intégration d’autres profils « pou amenn enn refleksion an profonder. »

Le leader de l’opposition estime que l’incertitude entourant la réforme alimente un profond malaise au sein de la population. Il accuse le gouvernement de faire preuve de dysfonctionnement et d’amateurisme, en rappelant les nombreux revirements intervenus depuis les dernières élections. Il a notamment évoqué la promesse électorale de Navin Ramgoolam, en octobre 2024, en vue de porter la pension de vieillesse à Rs 21 500. « Il dit que la pension n’est plus soutenable depuis des années. Alors, pourquoi a-t-il fait cette promesse ? » s’est-il demandé.

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Le chef de l’opposition a également retracé les différentes étapes du dossier : la suppression de la pension universelle pour les 60 à 65 ans annoncée dans le budget de juin 2025, la mise en place de deux comités interministériels après le conseil des ministres du 16 juin 2025, la création d’un comité d’experts, l’annonce du Means Test dans le budget de 2026 avant son retrait deux jours plus tard, puis la récente annonce d’une allocation destinée aux personnes âgées de 60 ans par le ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron.

Pour lui, ces changements successifs illustrent une absence de ligne directrice. « Desizion gouvernma sanze, re-sanze. Li konplike ek inkietan pou le pei… Dimounn ankoler », fait-il valoir.

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Joe Lesjongard a, par ailleurs, salué la mobilisation des syndicats lors de la marche de protestation organisée la semaine dernière à Port-Louis contre la réforme de la pension. Il a affirmé que le MSM avait répondu à l’appel de la plateforme syndicale. Toutefois, il regrette que, selon lui, le Premier ministre ait choisi de ne pas engager le dialogue après cette démonstration de mécontentement. « Li pa oule sanze ek li pa pou sanze », a-t-il ajouté.

S’il reconnaît qu’une grève générale pourrait avoir d’importantes répercussions sur le pays, le leader de l’opposition a précisé que cette éventualité n’avait pas encore été débattue au sein des instances de son parti.

Le leader de l’opposition a remis en question la validité des projections budgétaires, estimant que les modifications apportées au projet de réforme, notamment l’abandon du Means Test, pourraient remettre en cause les chiffres présentés dans le budget. Profitant de cette tribune, il a réaffirmé l’engagement du MSM à rétablir la pension universelle à partir de 60 ans selon l’ancien système.

Sur le plan économique, Joe Lesjongard a soutenu que les grandes entreprises du secteur privé, en particulier les banques qui enregistrent d’importants bénéfices, devraient contribuer davantage à l’économie nationale.

Enfin, il a annoncé que le MSM ne participera pas au rassemblement organisé ce week-end par le Reform Party de Roshi Bhadain, invoquant « sa dimension politique ». Il a indiqué préférer que la mobilisation contre la réforme de la pension demeure portée par le mouvement syndical.

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