Des mesures correctives ont été imposées à la SOS Children’s Village Bambous après que des inspections du ministère de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille ont révélé plusieurs manquements dans la gestion de l’institution. Le ministère procède également à une révision du cadre réglementaire régissant les structures d’accueil des enfants vulnérables.
Répondant, mardi, à une question parlementaire de la députée de Vacoas et Floréal, Joanna Bérenger, la Deputy Prime Minister et ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie, a indiqué que des inspections régulières effectuées par ses services à la SOS Children’s Village Bambous avaient permis d’identifier plusieurs « shortcomings » au sein de l’institution.
Parmi les problèmes relevés figurent notamment l’absence d’un responsable de village, un manque de personnel entraînant une supervision insuffisante des enfants, une fourniture inadéquate en fruits, légumes frais et produits laitiers, des irrégularités dans la distribution du budget mensuel destiné aux foyers, des lacunes dans la tenue des dossiers ainsi que des problèmes de propreté dans certaines maisons.
La DPM a précisé que son ministère avait également été informé d’allégations de mauvaise gestion provenant de différentes sources. Face à ces préoccupations, et conformément au principe de « l’intérêt supérieur de l’enfant », des mesures immédiates ont été prises afin d’assurer la protection et le bien-être des enfants accueillis dans cette structure.
Une réunion d’urgence a ainsi été convoquée le 2 avril 2026 avec la direction de SOS Children’s Village (Mauritius), des représentants de la National Social Inclusion Foundation (NSIF) et des officiers du ministère. À cette occasion, la direction de l’institution a reconnu les difficultés rencontrées et s’est engagée à mettre en œuvre plusieurs actions correctives.
Celles-ci comprennent notamment le recrutement d’un Village Manager, l’embauche de personnel supplémentaire, la recherche d’un nouveau fournisseur pour garantir un approvisionnement régulier en produits alimentaires essentiels ainsi que la régularisation du paiement du budget mensuel des foyers.
Le ministère a par ailleurs renforcé son dispositif de surveillance. Depuis le 2 avril, des Enforcement Officers effectuent des visites quotidiennes au sein de la structure afin de suivre l’application des mesures convenues et de veiller au respect des normes de prise en charge des enfants.
Selon la DPM, ce suivi rapproché a déjà permis plusieurs améliorations, notamment une meilleure disponibilité des produits alimentaires, une consolidation des normes d’hygiène dans les maisons, une amélioration de la tenue des dossiers et une distribution plus régulière des budgets destinés aux foyers.
Elle a également indiqué qu’une Assistant Village Manager a été nommée et a pris ses fonctions le 13 avril 2026. Cette dernière pourra être confirmée au poste de Village Manager après avoir complété une formation obligatoire de six mois et sous réserve d’une évaluation satisfaisante de ses performances.
Concernant les recommandations formulées par l’Ombudsperson for Children sur la situation à Bambous, la ministre a indiqué que son ministère avait déjà entrepris des actions afin de garantir le respect des standards de prise en charge au sein de l’institution.
Répondant à la deuxième partie de la question parlementaire, la ministre a annoncé que les Residential Care Institutions for Children Regulations 2022, établies sous la Children’s Act 2020, font actuellement l’objet d’une révision.
Cette démarche vise à renforcer les mécanismes de contrôle et d’inspection, améliorer les exigences en matière de gouvernance et de responsabilité, rehausser les standards de services et assurer un meilleur accompagnement des enfants placés dans des institutions résidentielles.
Dans cette optique, un atelier de consultation avec les différents acteurs concernés a été organisé les 8 et 9 avril 2026. Les orientations politiques devant guider les nouvelles dispositions réglementaires sont en cours de validation.
Elle a assuré que le gouvernement continuera à exercer une surveillance étroite sur toutes les institutions d’accueil pour enfants et qu’il n’hésitera pas à prendre les mesures nécessaires prévues par la loi afin de protéger les droits, le bien-être et l’intérêt supérieur de chaque enfant confié à ces structures.
La députée de l’opposition, Joanna Bérenger a aussi demandé si le personnel de l’institution bénéficiait également d’une formation sur la protection des enfants, la prévention des abus et le signalement obligatoire des cas d’abus. La Deputy Prime Minister a déclaré qu’elle allait déposer ces informations.
La députée a également demandé s’il existait, au sein de l’institution, une procédure permettant le partage d’informations confidentielles concernant les inquiétudes exprimées par les enfants et le personnel. « C’est ce que nous faisons », a répondu Arianne Navarre-Marie.

